L’héroïsme de Don MacFarlane reconnu 47 ans plus tard

Don MacFarlane n’avait jamais raconté à personne d’autre que sa femme comment, le 3 octobre 1974, il a secouru les cinq occupants d’une maison aux prises avec les flammes.

Le capitaine d’incendie bénévole à la retraite a finalement reçu les honneurs du gouvernement canadien pour ce moment de bravoure. Une cérémonie surprise a été organisée spécialement pour lui vendredi dans la caserne de la rue St George, à Moncton.

Cette journée-là, en 1974, Don MacFarlane n’était pas en service. Alors employé du CN, il profitait de sa pause du midi lorsqu’il aperçut des flammes s’échapper du garage d’une maison de l’avenue Connaught.

«J’ai commencé par crier “Au feu!, Au feu!”, puis j’ai défoncé la porte avec mon pied», se remémore l’homme en uniforme.

Il prit sa respiration avant de venir au secours d’une jeune fille assise sur son lit au rez-de-chaussée. Même sans équipement de protection, Don MacFarlane était prêt à tout pour sauver des vies.

«Il a ensuite tenté de monter dans la cuisine à l’étage, mais a été repoussé par la fumée», rapporte le lieutenant Robert Cormier. Après un bol d’air frais, il s’est résolu à retourner à l’intérieur pour poursuivre le sauvetage.

«Il a entendu un homme gémir et tousser, il lui a demandé de se coucher au sol et de suivre sa voix. En glissant son bras dans le pas d’une porte, il a finalement senti quelque chose, il a alors traîné l’homme jusqu’à l’extérieur.»

Entretemps, ses cris d’alertes ont permis aux trois autres résidents de s’échapper par une fenêtre. «Quand ça s’est terminé, je leur ai dit “C’est tout pour moi je dois retourner au travail!”», se souvient Don.

L’ange gardien a gardé le silence depuis. «J’avais dit à ma femme, quand je serai mort tu pourras raconter mon histoire», confie-t-il. C’est en recueillant des témoignages de pompiers à la retraite pour la création d’une exposition à la Place Resurgo que la Société historique des pompiers du Grand Moncton a déniché ce récit gardé secret.

Don MacFarlane avait gardé cette histoire secrète depuis 1974. – Acadie Nouvelle: Simon Delattre

Vendredi, le héros discret s’est vu décerner un certificat de reconnaissance signé par le premier ministre Justin Trudeau.

«Il n’a jamais cherché la reconnaissance depuis ce jour, mais le temps est venu de corriger cela», a lancé la députée de Moncton-Dieppe-Riverview, Ginette Petitpas Taylor, avant de lui remettre le document.

«Pensons aux vies qui auraient pu être perdues si vous aviez pris votre pause un peu plus tôt. Vous êtes entré à plusieurs reprises dans la résidence sans équipement adéquat pour alerter et secourir ses habitants. Vous saviez pourtant comment on peut être rapidement dépassé par la fumée ou une bouffée d’air brûlant.»

Sa femme Elizabeth n’a pas pu retenir ses larmes d’émotion en entendant ces mots.

«Vous représentez le mieux ce que signifie être bénévole», a poursuivi l’élue.

«Quand je pense à vos actions et à celles d’innombrables pompiers bénévoles, je ne peux m’empêcher de penser que ces personnes sont mues avant tout par le désir d’aider les autres.»

Voilà qui aurait rendu fiers le grand-père et le père de Don MacFarlane, qui ont tous deux donné de leur temps à la brigade des soldats du feu au début du siècle dernier.

«J’ai été touché par votre incroyable histoire de bravoure, d’altruisme et de détermination à aider votre prochain», peut-on lire dans la lettre de M. Trudeau. «Je sais que vous ne souhaitez pas être qualifié de héros, mais il est impossible de décrire vos actes autrement. Vous avez pris un risque extrême pour sauver des vies, c’est un geste profondément héroïque.»