Élections municipales: plus de candidats qu’en 2016 malgré la COVID-19

La période de mises en candidatures vient de se terminer en vue de la prochaine élection générale municipale au Nouveau-Brunswick dont le scrutin est prévu le 10 mai. Et force est de constater que le virus de la COVID-19 n’a pas découragé les citoyens de s’impliquer dans leur communauté.

En tout, 1083 personnes se sont portées candidates pour cette élection, ce qui constitue une légère amélioration comparativement à l’élection de 2016 où l’on en dénombrait 1024.

Parmi les candidatures de 2021, 178 l’étaient pour l’un des 104 postes de maires disponibles. En 2016, ils étaient un peu plus nombreux, 184. Ceci dit, même s’il y a un peu moins de candidats à la mairie cette année que lors de l’élection précédente, moins de maires seront cette fois élus par acclamation. Il y aura donc plus de courses à surveiller.

Le peu de différence entre ces chiffres fait dire à la directrice des élections, Kim Poffenroth, que les craintes de voir la pandémie nuire aux candidatures ne se sont finalement pas matérialisées.

«Considérant la dernière année, on ne peut faire autrement que de trouver ces chiffres encourageants. Je crois que les gens comprennent l’importance des décisions prises par leur gouvernement local et qu’ils veulent plus que jamais faire partie du processus décisionnel. Peut-être même ont-ils pris connaissance de cette importance durant la pandémie et que c’est ce qui leur a donné cette petite motivation supplémentaire à se présenter», avance-t-elle.

Le nombre de candidatures surprend également – et agréablement – au niveau de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick.

Selon le directeur général de l’organisme, Frédérick Dion, cela semble indiquer que la politique municipale suscite encore l’intérêt de la population.

«Plusieurs élus ont pris leur retraite, mais la relève semble au rendez-vous. C’est une très bonne nouvelle», exprime-t-il.

Qu’est-ce qui a pu motiver les candidats?

«Est-ce que c’est parce qu’ils ressentent le besoin de s’investir davantage dans la relance de leur communauté, est-ce une prise de conscience de l’importance de s’impliquer dans leur milieu ou même un désir d’avoir un mot à dire pour la réforme municipale à venir? Les motivations peuvent être multiples, mais au final, c’est intéressant de voir plus de gens proposer leurs services», ajoute M. Dion

À noter que ces résultats demeurent cependant encore relatifs puisque les candidats ont jusqu’à lundi prochain 17h pour changer d’avis et retirer leur nom du scrutin. Et ceci est valide même pour les candidats élus par acclamation.

47 maires élus

Bien que l’élection n’ait lieu que dans un mois, certaines municipalités connaissent déjà le nom de leurs nouveaux élus. Cette année, un total de 47 maires ou mairesses auront été élus par acclamation. C’est deux de moins qu’en 2016.

Au niveau des conseillers, il y aura beaucoup plus de course cette fois alors que 82 élus ont été élus par acclamation contre 111 en 2016.

«Dans les deux cas, autant au niveau des maires que des conseillers, le nombre de personnes élues par acclamation est à la baisse, ce qui constitue une excellente nouvelle puisque, ne serait-ce que par respect pour la démocratie, on aime voir des élections», souligne Mme Poffenroth.

Sept des 104 conseils municipaux ont été entièrement élus par acclamation.

Siège orphelins

Autre amélioration notable comparativement à l’élection de 2016, on retrouve moins de sièges vacants.

En effet, seulement trois municipalités n’ont pu pourvoir l’ensemble des postes disponibles, tous des postes de conseillers. Ce sont trois municipalités francophones, soit Lamèque (un poste), Drummond (2 postes) et Saint-Louis-de-Kent (2 postes).

Élections NB attendra la fin de l’élection en cours avant de déclencher des élections partielles d’ici les prochains mois pour pouvoir les sièges orphelins.

Dans les cités

Deux des huit cités de la province verront leur maire être élu par acclamation, soit celles de Dieppe et de Miramichi. Yvon Lapierre et Adam Lordon retourneront ainsi aux commandes de leur ville respective.

À Moncton, la mairesse sortante Dawn Arnold croisera le fer avec Erik Gingles. Plus au nord, le départ de Paolo Fongémie à Bathurst laisse place à une lutte à deux entre Richard Barbeau et Kim Chamberlain. À Campbellton, trois candidats croiseront le fer. Toujours dans le nord, la pandémie a peut-être ralenti l’ardeur des candidats à faire campagne à Edmundston. Toutefois, le duel entre le maire par intérim, Éric Marquis, et la candidate Lise Ouellette, est toujours prévu au programme.

Pour ce qui est de Saint-Jean et Fredericton, le poste de maire y est particulièrement convoité. Dans les deux cas, quatre candidats se font la lutte et chacun des postes de conseiller fera également l’objet d’un duel.

Éducation et santé

C’était également la fin des mises en candidatures pour les régies de la santé ainsi que les conseils d’éducation des districts scolaires.

On apprend ainsi que chaque poste disponible dans les deux régies de la santé a été pourvu. Dans les faits, on retrouve un total de quinze élections sur une possibilité de seize, soit deux de plus qu’en 2016. La seule victoire par acclamation s’est produite dans le secteur A3 (Nord-Ouest) de la Régie de santé Vitalité.

«On vient de vivre une année tellement mouvementée en matière de santé, ce résultat n’est donc pas si surprenant. Les gens ont les soins de santé à cœur et veulent prendre part aux décisions», dit Mme Poffenroth.

Au chapitre des conseils d’éducation, l’exercice a été plus ardu. Au niveau francophone, tous les postes ont été pourvus au district scolaire Nord-Est. Toutefois, trois sièges sont demeurés vacants au district scolaire Sud (sous-districts 5, 7 et 8) et un au sein du district scolaire Nord-Ouest (sous-district 8). En incluant les districts scolaires anglophones, on parle d’un total de onze postes non pourvus, une énorme déception pour la directrice des élections.