Porno juvénile: neuf ans de prison pour l’ancien entraîneur de basket

Un coach de basketball était «obsédé» par ses victimes, selon la procureure. Il a filmé de jeunes garçons à l’aide de caméras cachées dans des vestiaires et des salles de bains avant de mettre ces images en ligne. Il a été condamné à neuf ans de prison vendredi.

Shawn Nickerson, un homme âgé de 32 ans de Riverview, était coach de basketball bénévole.

En février, il a plaidé coupable à 32 accusations en lien avec la production, la distribution et la possession de pornographie juvénile.

Il est également coupable d’avoir eu des contacts sexuels avec un membre de sa famille de moins de 16 ans alors que cette personne passait la nuit chez lui.

Une trentaine de personnes étaient présentes en cour pour connaître la peine de M. Nickerson vendredi.

La procureure Malika Levesque a expliqué que l’homme a utilisé des caméras cachées pour filmer ses victimes dans des salles de bain, des vestiaires de gymnase d’école et des salles de bain d’hôtels.

Il a installé des caméras dans les toilettes du gymnase de l’école de Riverview et dans la salle de bain de sa maison.

Le coupable invitait ses victimes chez lui, leur offrait de l’eau et les filmait à leur insu lorsque ces jeunes garçons se rendaient à la salle de bains.

Lors de l’arrestation de Shawn Nickerson, la GRC a découvert plusieurs appareils électroniques que l’homme utilisait pour épier ses jeunes victimes. – Gracieuseté: Cour provinciale de Moncton

Il se présentait sur le web comme un coach de basketball qui était «obsédé» par deux jeunes garçons qui faisaient partie de son équipe.

Il a publié des images de ces jeunes victimes sur des sites dédiés au partage de pornographie juvénile.

C’était sur le «dark web», une portion de l’internet qui n’est pas accessible pour la plupart des gens, qui n’est pas indexée par les moteurs de recherche et qui sert parfois de marché noir pour différents types de crimes.

Il y discutait de ses obsessions avec d’autres utilisateurs.

Il leur demandait notamment des suggestions pour se rapprocher davantage de ses victimes sans éveiller leurs soupçons ou ceux de leurs parents.

Il possédait aussi de la pornographie juvénile qu’il n’avait pas produite lui-même.

M. Nickerson utilisait le navigateur Tor pour dissimuler les traces de sa présence sur les sites. La police a pu l’identifier car il n’a pas utilisé cette protection pour l’une de ses visites.

«M. Nickerson a fait une erreur. Il y avait une fois où son VPN n’a pas fonctionné comme il le voulait, et c’est comme ça qu’il a été arrêté», a affirmé la procureure Karen Lee aux journalistes.

Malika Levesque et Karen Lee, les deux procureures assignées au dossier de Shawn Nickerson. – Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau

Un VPN (virtual private network) est un autre outil qui peut être utilisé pour dissimuler les traces d’une visite sur internet.

M. Nickerson a commis ces actes depuis au moins 2016, mais il a dû s’arrêter en 2020 en raison du confinement et de la pandémie, selon la procureure.

La GRC a entamé son enquête lorsque la National Crime Agency du Royaume-Uni a signalé au Centre national contre l’exploitation d’enfants du Canada (CNCEE) qu’une certaine adresse IP a accédé à un site de pornographie juvénile.

Le CNCEE a par la suite confirmé que l’adresse IP correspondait à une adresse de la rue Aberdeen, à Riverview, au Nouveau-Brunswick.

«Il y a un effort mondial qui essaie d’identifier et de sauver les enfants qui sont victimes de prédateurs sexuels. Dans ce dossier-ci, ça a pris un effort mondial pour aller dans le coin de Riverview pour sauver 21 (jeunes)», a dit Karen Lee.

L’homme a été arrêté à son domicile en octobre 2020. La police y a découvert plusieurs appareils électroniques, y compris des caméras et des ordinateurs contenant de la porno juvénile.

Toute information qui pourrait permettre d’identifier les victimes est frappée d’un interdit de publication.

Les parents des victimes ont pour la plupart refusé de s’adresser aux médias. La mère d’une des victimes a cependant affirmé aux journalistes qu’elle est satisfaite de la peine d’emprisonnement imposée vendredi.

«On est soulagés.»

Shawn Nickerson a présenté ses excuses aux familles en admettant avoir causé des dommages «irréversibles».

«Je sais que j’ai un problème», a dit le coupable.

La peine

Le juge Paul Duffie lui a imposé quatre ans d’emprisonnement pour avoir réalisé huit vidéos de personnes non identifiées, trois ans pour publication d’images intimes de l’une des victimes, puis deux ans pour ses contacts sexuels avec une personne de moins de 16 ans, pour un total de neuf années consécutives d’emprisonnement.

Il a aussi mérité d’une à quatre années d’emprisonnement pour chacune des 29 autres accusations, mais elles seront purgées de façon concurrente. Il s’agissait d’accusations de voyeurisme et de production, possession et distribution de pornographie juvénile.

Shawn Nickerson sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie. Il lui sera interdit de se trouver à moins de 2 kilomètres d’un endroit fréquenté par des enfants, comme un parc, un terrain de jeux ou une piscine.

Il ne pourra pas non plus avoir un emploi qui le placerait en situation de confiance ou de supériorité vis-à-vis des enfants, ni avoir des contacts quelconques avec des enfants, ni utiliser internet à moins de le faire sous la supervision d’une personne approuvée par le tribunal.

Il lui sera aussi interdit de contacter les victimes et leurs familles.