Nucléaire: l’Alberta joint le N.-B. à l’effort visant à développer de petits réacteurs

L’Alberta se joint au protocole d’entente signé par le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et la Saskatchewan afin de développer la filiale des petits réacteurs modulaires.

Les premiers ministres des quatre provinces en ont fait l’annonce officielle lors d’une conférence de presse virtuelle organisée mercredi.

Le protocole d’entente, d’abord signé par le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et la Saskatchewan en 2019, fait en sorte que les signataires acceptent de «collaborer à l’avancement des petits réacteurs modulaires (PRM) comme source d’énergie propre pour faire face aux changements climatiques et aux demandes énergétiques nationaux, tout en appuyant la croissance économique et l’innovation.»

Lors du point de presse de mercredi, le ministre de l’Alberta, Jason Kenney, s’est réjoui qu’une nouvelle technologie nucléaire offre le potentiel d’appuyer le secteur des sables bitumineux albertains.

«Il y a environ 20 ans, mon prédécesseur, Ralph Klein, avait lancé l’idée que de petits réacteurs nucléaires installés dans le nord de l’Alberta pourraient aider à stimuler le développement des sables bitumineux. Beaucoup de gens l’avaient ridiculisé à l’époque, mais sa vision a aujourd’hui été validée», a expliqué Jason Kenney.

À l’époque, a-t-il précisé, le rêve de M. Klein était impossible puisque les investissements en capital auraient été prohibitifs. Aujourd’hui, le potentiel des nouvelles énergies nucléaires rend la chose envisageable, croit Jason Kenney.

«En principe, les PRM pourraient être déployés pour des applications industrielles discrètes, par exemple afin de stimuler la production de la ressource naturelle la plus précieuse du Canada, soit les sables bitumineux», a lancé le premier ministre albertain, ajoutant que les dirigeants de cette industrie lui ont récemment dit que ces petits réacteurs pourraient contribuer à la lutter contre les gaz à effet de serre.

Une nouvelle étude de faisabilité

Un résumé d’une étude de faisabilité sur la mise au point et le déploiement de PRM, l’un des premiers livrables attendus dans le cadre du protocole d’entente signé en 2019, a aussi été partagé lors du point de presse de mercredi.

D’après le document, produit par Ontario Power Generation, Bruce Power, Énergie NB et SaskPower, les provinces signataires ont convenu de «dialoguer avec le gouvernement fédéral sur un certain nombre d’enjeux clés relatifs au déploiement des PRM, notamment l’état de préparation technologique, les cadres réglementaires, l’économie et le financement, la gestion des déchets nucléaires et l’engagement du public et des autochtones.»

Le résumé de l’étude indique que, sur le plan économique, «les compagnies d’électricité estiment que les PRM disposent du potentiel pour constituer une source d’énergie compétitive.»

Depuis deux ans, les trois sociétés de la Couronne ont élaboré trois volets de projets de PRM. Le premier prévoit la construction d’un PRM de 300 MW sur le site de Darlington, en Ontario, dès 2028 ainsi que quatre unités en Saskatchewan.

Le deuxième volet vise «l’achèvement d’une première unité de démonstration d’ARC Clean Energy» d’ici neuf ans sur le site de la centrale nucléaire de Pointe Lepreau. Une «deuxième unité de démonstration et une installation de recyclage des déchets nucléaires de l’entreprise Moltex Energy au début des années 2030» sont également prévues.

Le dernier volet présenté mercredi propose le développement de micro-PRM afin de remplacer le diesel comme source énergétique dans des communautés éloignées. Ces unités pourraient aussi servir dans des exploitations minières. Ultra Safe Nuclear Corporation espère procéder à la mise en service de ce réacteur refroidi au gaz sur le site de Chalk River, en Ontario, dès 2026.