Les pêcheurs de homard profitent du beau temps pour s’affairer aux préparatifs

Même si la saison de pêche au homard ne commencera pas avant au moins deux semaines dans le nord du Nouveau-Brunswick, de nombreux pêcheurs ont profité du beau temps jeudi pour s’affairer aux préparatifs.

Vince Doiron et deux membres de son équipage étaient de ce nombre jeudi en fin de matinée sur le quai de Caraquet. Ils ont commencé à se préparer il y a quelques jours.

«On attend le beau temps pour commencer. On espère seulement que les pêcheurs n’auront pas de misère comme l’an dernier avec la COVID-19, même si la COVID-19 n’est pas encore disparue. On fait attention entre nous et on espère que ça va bien aller pour tous les pêcheurs cette année!», explique Vince Doiron.

En raison de l’incertitude entourant la pandémie de la COVID-19, la saison a été reportée à la mi-mai, en 2020, dans la zone 23, qui couvre la région Chaleur, la Péninsule acadienne et une partie du comté de Northumberland, et ce, à la demande de plusieurs acteurs clés de l’industrie.

«Ce n’était pas une très bonne année donc, pour 2021, on espère qu’on va arriver à avoir une bonne saison pour payer nos factures», ajoute M. Doiron.

Aucune date d’ouverture n’a encore été fixée, mais la pêche devrait normalement ouvrir vers le 1er mai, fait savoir Martin Mallet, directeur général de l’Union des pêcheurs des Maritimes.

«On se croise les doigts, car on se trouve encore en situation de pandémie. On espère qu’il n’y aura pas d’éclosion de la COVID-19 dans les usines. La période de pêche est limitée, donc si des semaines sont perdues, elles ne sont pas remplacées à la fin.»

Quelques indices laissent espérer une bonne saison. Selon un article du site Seafood Source, les ventes de fruits de mer frais ont atteint 548 millions $ USD en mars 2021, une hausse de 13,3% par rapport à la même période en 2020.

«Cette année, il semble y avoir un engouement pour les fruits de mer, particulièrement le crabe et le homard. Les réserves de homard dans les entrepôts ont atteint des taux historiquement faibles. C’est un bon signe que le marché aura faim pour le homard lorsque la pêche débutera.»

Pêche au hareng: des mesures trop restrictives, croit l’UPM

L’Union des pêcheurs des Maritimes se dit déçue par de nouvelles mesures imposées sur la pêche au hareng de printemps dans le golfe du Saint-Laurent. Il considère que Pêches et Océans Canada a choisi de pénaliser les pêcheurs côtiers, plutôt que de s’adresser aux vrais problèmes.

La pêche est officiellement ouverte depuis le 15 avril.

Le MPO a dévoilé son plan de pêche pour la pêche du hareng de printemps du sud du golfe du Saint-Larent, dans les zones de pêche 16A à 16G et 17 pour la saison 2021 la veille. Ces zones s’étendent d’une section du fleuve du Saint-Laurent entre la Gaspésie et la Côte-Nord jusqu’aux provinces de l’Atlantique et les Îles-de-la-Madeleine.

Le total admissible des captures (TAC) sera de 500 tonnes en 2021. La flottille de pêche côtière a droit à un total de 384,4 tonnes et un total de 115,6 tonnes est réservé pour les grands senneurs qui pêchent au large dans le golfe.

Les stocks de hareng sont en déclin dans le golfe du Saint-Laurent depuis une dizaine d’années. Le plan du MPO prévoit de nouvelles mesures de gestion, comme une réduction du nombre de filets permis, des fermetures de la pêche les weekends pour permettre de l’échantillonnage acoustique et une limite hebdomadaire sur les captures.

L’UPM considère que le gouvernement fédéral s’en prend à la mauvaise cible pour protéger la ressource.

«La pêche ne représente qu’environ 5% de la mortalité du hareng dans son écosystème, tandis que les preuves scientifiques démontrent que le déclin constant de cette ressource depuis plus de 20 ans est en grande partie lié à la prédation, en particulier celle du phoque gris. La consommation du hareng par cette espèce dans le Golfe était estimée à environ 12 000 tonnes en 2020, tandis que le quota de pêche n’était que de 500 tonnes», argumente l’UPM dans un communiqué de presse émis jeudi.

Selon l’organisme, d’autres facteurs pourraient être en cause, mais plus de science est nécessaire pour bien cerner les phénomènes en cours.

«On veut participer à la science et pour ça, il faut être sur l’eau! Les pêcheurs sont une source très importante d’information pour la science et peuvent être d’excellents partenaires pour trouver des solutions avec le MPO. Ils veulent le rétablissement de cette espèce. On explique mal pourquoi on nous pénalise encore d’année en année quand la science prouve que nos pêcheurs ne sont pas le problème», dit Martin Mallet, directeur général de l’UPM.

Par ailleurs, M. Mallet craint que les pêcheurs se désintéressent de cette pêche pratiquée au printemps et en automne.

«Des pêcheurs vont carrément laisser tomber cette année, car ce n’est pas rentable d’y aller pour une demi-cargaison. On perd ces pêcheurs qui ne sont plus sur l’eau.»