Conseils scolaires: les candidats ne se bousculent pas aux portes

Alors que l’on remarque une hausse des candidatures au sein de conseils municipaux de la province, l’inverse se fait ressentir pour les postes de conseillers dans les différents districts scolaires.

On ne se bouscule pas aux portes pour les postes disponibles à l’intérieur des Conseils d’éducation (CÉD) des trois districts scolaires francophones (DSF).

En tout, 27 postes seront à l’enjeu le 10 mai. De ce nombre, huit seulement feront l’objet d’une élection alors que 15 conseillers ont été élus par acclamation. Cela dit, quatre postes – trois au DSF-Sud et un au DSF-Nord-Ouest – n’avaient pas trouvé preneur à la date limite des mises en candidatures. Ces postes vacants seront pourvus par nomination après les élections.

Ce manque d’intérêt est aussi palpable du côté anglophone. Sur les 41 postes de conseillers à pourvoir dans les quatre districts, on ne dénombre que dix élections alors 24 candidats ont été portés au pouvoir sans opposition. Sept postes sont demeurés vacants, dont six uniquement dans le DSA-Ouest.

Président sortant du CÉD du DSF-Sud, Paul Demers vient d’être réélu par acclamation. C’est le cas de quatre des dix postes dans ce CÉD. Le problème toutefois, c’est qu’à la journée de fin des mises en candidatures, trois postes sont demeurés vacants.

«Il faut croire que ce ne sont pas des emplois très populaires, mais ils sont très importants», souligne-t-il, notant que ce ne sont pas les dossiers qui manquent.

Dans le Sud-Est, le CÉD doit notamment composer avec la décroissance dans certaines écoles, la surpopulation dans d’autres, et l’anglicisation des jeunes. Avec autant de pain sur la planche, pour en retour qu’une maigre rétribution (250$ par mois pour un conseiller), pas surprenant selon lui que le poste de conseiller n’attire pas les foules.

«Les réunions, les comités… Ça demande beaucoup de temps, d’implication. Moi je suis un enseignant à la retraite. J’ai du temps à donner et la cause m’intéresse énormément, surtout en ce qui concerne la défense de nos écoles, de la qualité de l’éducation en français et de la présence de la culture acadienne. On ne fait vraiment pas cela pour l’argent ou les honneurs. On le fait par vocation, pour nos jeunes», indique-t-il.

Candidats recherchés

Cédric Filteau en est pour sa part à ses premiers pas dans le domaine des élections. Le résident de Bathurst a inscrit son nom pour le poste de conseiller dans le sous-district 4 du DSF-NE. Et il est l’un des rares qui iront en élection. Pour l’occasion, il croisera le fer avec le conseiller sortant, Danny Comeau.

M. Filteau s’est dit aussi surpris que déçu du peu d’intérêt que suscitent les élections des conseils d’éducation.

«Je suis impliqué au sein des conseils de parents et c’est un peu la même chose, c’est très difficile de mettre la main sur des gens désireux de s’impliquer», a-t-il confié au journal.

Selon lui, les élections des conseillers scolaires sont beaucoup trop méconnues du grand public alors que pourtant, leur rôle est crucial.

«C’est très rare de voir des pancartes électorales ou même de lire sur le sujet, sans compter que ça se déroule en même temps que les élections municipales et des régies de la santé, c’est un peu noyé dans tout ça. Pourtant, l’enjeu est tout aussi important. Après tout, il est question de l’éducation de nos enfants, de la prochaine génération», réagit-il.

Le père de famille a trois enfants dans le système scolaire. Si le sujet le passionne, c’est néanmoins tout le tumulte de la dernière année en lien avec la COVID-19 et ses impacts sur l’éducation qui l’ont amené à franchir le dernier pas pour briguer un poste.

«Je trouve que la pandémie a fait en sorte qu’on se préoccupe davantage de notre environnement proche, mais qu’on a tendance à oublier le portrait d’ensemble. Je crois qu’on doit participer à trouver des solutions, soulever des questions, susciter des passions pour faire avancer les choses», exprime-t-il.

Deux fois plutôt qu’une

Situation plutôt particulière, voire même rare dans le Restigouche, alors que le poste de conseiller du sous-district 2 sera assumé par le maire nouvellement élu de Balmoral, Guy Chiasson. Ce dernier avait en effet soumis sa candidature pour les deux postes. Et dans les deux cas, il l’a emporté par acclamation.

«J’ai toujours eu un grand désir de m’impliquer au niveau du système d’éducation. C’est un dossier qui me tient à cœur et que je suis de très près. Si on n’avait pas eu un candidat de qualité ici par le passé (Mario Pelletier, conseiller de longue date et ancien président du CÉD), ça ferait longtemps que j’aurais mis mon nom», explique le candidat nouvellement élu.

Cette fois-ci, M. Pelletier n’était pas dans l’équation. En fait, aucun candidat n’avait déposé sa candidature.

«Je ne voulais surtout pas laisser le poste vacant», soutient M. Chiasson.

«J’ai des enfants dans le système et je trouve que c’est très important de s’impliquer, de savoir ce qui se passe. Ce que je me pose comme question par contre – et je vais vite le découvrir – c’est à quel point le CÉD peut-il vraiment faire une différence vis-à-vis l’appareil gouvernemental? Je ne crois pas que ce soit toujours facile de faire bouger les choses et c’est peut-être cela qui dérange les gens et qui est  à la base du fait que plusieurs refusent, au final, de s’embarquer là-dedans», s’avance-t-il.