La Boite Apéro: le nouveau concept d’une jeune entrepreneure et de sa mère

On dit que toutes les entreprises, aussi grandes soient-elles, commencent par une idée. C’est le cas de la Boîte Apéro, une affaire familiale qui a démarré dans la cuisine de la famille Plourde, à Saint-Quentin, au cœur de la pandémie.

Jade Plourde, 18 ans, rêve d’entrepreneuriat depuis toute petite.

À 6 ans, elle vendait déjà des petites brochettes de bonbons dans les festivals de sa région.

Vers 9 ans, elle confectionnait des queues de castor avec sa famille dans la petite cantine rose que son père lui avait achetée.

«Ma mère a toujours eu des petites entreprises. Mes grands-parents aussi, ils sont là-dedans», a témoigné la jeune femme.

«Je crois que j’ai grandi là dedans et ça m’a inspiré.»

Maintenant aux études en Gestion de la petite et la moyenne entreprise au CCNB d’Edmundston, Jade a voulu s’attaquer à un nouveau projet.

Quelque chose qui lui ressemblerait.

C’est en jasant avec sa mère, pendant un vendredi soir de confinement, que la première graine de ce qui est aujourd’hui la Boîte Apéro a germé.

«Jade est rentrée au collègue en octobre et m’a dit une soirée, “maman qu’est-ce que je pourrais me faire comme entreprise?” On s’est mises à discuter et je lui ai dit: “sais-tu ce que j’aimerais? Une boîte d’apéritif le vendredi. J’appellerais ça la Boîte Apéro.”», a expliqué Sylvie Couturier.

Séduite par l’idée, étant elle-même une grande amatrice d’apéritifs, Jade n’a pas hésité une seconde.

Le soir même, l’étudiante s’est attaquée à la création d’un logo pour leur future entreprise.

«Mon mari était dans le salon et il ne comprenait pas ce qui se passait», se souvient en rigolant Mme Couturier.

«Les idées sortaient sans cesse. Jade m’a dit “moi maman, je vais être ton investisseur.»

À la mi-octobre, la Boîte Apéro s’est concrétisée.

Son succès fut instantané, à la surprise de toute la famille.

«On a lancé la boîte un lundi sur les réseaux sociaux avec le menu et puis les notifications sont rentrées toute la soirée. On a même pas pu souper ce soir-là!», s’est exclamée la mère de famille.

Près de 90 boîtes ont été vendues cette première semaine. La tendance se maintient encore aujourd’hui entre 80 et 100 boîtes tous les vendredis.

En cours de route, la famille Plourde a dû s’équiper d’une cuisine plus professionnelle pour répondre à la demande, qui s’était d’ailleurs répandue jusqu’à la région Edmundston et de Grand-Sault.

Lorsque la jeune femme en classe, sa mère s’occupe de préparer les recettes pour la semaine.

Le père et le frère de Jade mettent aussi la main à la pâte pour aider à monter et remplir les boîtes ou bien préparer les bouchés.

La promotion des Boîtes Apéro sur les réseaux sociaux et la gestion des comptes fournisseurs reviennent entièrement à la jeune étudiante.

Elle participe aussi à la livraison des commandes qui ont lieu exclusivement le vendredi.

«Je te dirais que c’est un petit défi», a-t-elle répliqué à savoir comment elle gérait les études et la gestion d’une nouvelle entreprise.

«Il faut s’assurer de remettre tous ses projets à temps. En entrepreneuriat, il n’y pas d’horaire fixe. Je travaille toujours un petit peu ici et un petit peu là. C’est beaucoup de va-et-vient, mais ça me va, j’aime ça!»

Jade s’apprête à recevoir son diplôme au mois de juin et se dit impatiente de se concentrer par la suite sur son projet entrepreneurial à temps plein.

Sa mère, de son côté, estime qu’elle réalise le «rêve de toutes les mamans» de vivre un tel succès avec sa fille.

«Au départ, j’ai pensé au concept de la boîte Apéro parce que c’est ça que moi, j’aurais aimé chez nous (…)», a souligné la femme de Saint-Quentin.

«Je le faisais en pensant qu’on allait faire 10 boîtes, que ça allait être “cute”, que nous allions adorer, mais je ne m’attendais pas à ça.»

Aujourd’hui, la Boîte Apéro compte plus de 2500 abonnés sur les réseaux sociaux.

Chaque semaine, Jade et sa mère présentent un nouveau menu qui comprend par exemple des trempettes, du pain maison, des bouchées, des tartinades, du fromage, des fruits et des noix.

Plusieurs des ingrédients utilisés dans les boîtes sont des produits locaux, selon elles.

Les deux entrepreneures espèrent incorporer de nouveaux produits à leur offre dans le futur.