Cocagne se mobilise pour aider ses aînés

La grande majorité des personnes du troisième âge préféreraient passer leurs vieux jours dans leur domicile plutôt qu’au sein d’un foyer mais doivent renoncer, faute de trouver l’aide nécessaire. Bien vieillir chez soi Cocagne, un nouvel organisme sans but lucratif, tentera de s’attaquer à ce problème.

Son objectif: établir un guichet unique de services de soutien communautaire dans la communauté rurale de Cocagne pour permettre aux personnes âgées de 55 ans et plus de vieillir chez elles le plus longtemps possible.

Deux employés seront entourés d’un groupe de bénévoles pour combler les lacunes en matière d’aide non médicale à domicile et favoriser l’autonomie du plus grand nombre.

Les soins publics ne répondent pas à tous les besoins. On tentera donc de trouver du monde pour prêter main-forte aux citoyens plus âgés de la communauté, qu’il s’agisse de changer une ampoule, de sortir les poubelles, d’arroser le jardin, de s’occuper des animaux, d’assurer une conduite, de préparer un repas, de tondre le gazon ou de déblayer l’entrée.

L’organisme s’emploiera à faire connaître les programmes déjà existants, notamment un moyen d’une ligne d’information et d’appels téléphoniques amicaux, explique Majella Dupuis, infirmière à la retraite et co-responsable de ce nouveau projet-pilote.

«Souvent les aînés sentent qu’ils ne peuvent pas rester à la maison faute de service suffisants», dit-elle.

À partir de ses bureaux situés au Centre 50, l’équipe se chargera aussi de coordonner l’offre et la demande des services avec les organismes et les travailleurs gouvernementaux de la région.

Il s’agit d’un projet de recherche participatif mené par le Centre d’études du vieillissement de l’Université de Moncton et le comité Municipalité amie des aînés de Cocagne.

«On espère servir autant de personnes que possible. L’idée d’aider 200 à 300 aînés est réaliste. Cela dépendra des besoins et des capacités d’accueil de nos partenaires», indique Catherine Bigonnesse, stagiaire postdoctorale au Centre d’Études du vieillissement.

Le fonctionnement de Bien vieillir chez soi s’inspire à la fois de l’organisation américaine Beacon Hill Village, qui offre des services aux aînés contre une cotisation annuelle, et de l’organisme québécois l’Accorderie, un système d’échange de services qui ne sont pas monnayés en argent, mais plutôt en temps.

«C’est un modèle hybride complètement novateur. Ça n’a été fait nulle part ailleurs en Amérique du Nord», avance Mme Bigonnesse. Certains services seront offerts gratuitement, tandis que d’autres seront payants, précise l’universitaire. «Nous sommes encore en train de travailler sur cette question-là.»

L’initiative bénéficie d’un financement public de 458 934$ sur trois ans. Les fonds sont issus de la cagnotte de 75 millions $ débloquée par le gouvernement fédéral en 2018 pour faire du Nouveau-Brunswick un laboratoire du vieillissement.

«La COVID-19 nous donne l’occasion de nous mettre au travail pour voir comment garder les personnes âgées à la maison, à l’abri des circonstances difficiles que l’on voit dans certains foyers», a ainsi mentionné le député fédéral de Beauséjour, Dominic LeBlanc, lors de l’inauguration.

Le recrutement de bénévoles a toutefois été contrarié par la pandémie. Si plusieurs défis restent à relever pour faire fonctionner le tout sur la durée, les initiateurs sont confiants de parvenir à pérenniser le projet, car «quand Cocagne veut, Cocagne peut».