Avec une pandémie qui rend leur travail plus difficile et un gel salarial en perspective, des travailleurs sont à bout. Le syndicat qui représente entre autres des travailleurs sociaux et des agents correctionnels a déclaré l’impasse dans ses négociations avec le gouvernement.

Le Syndicat canadien de la fonction publique dénonce le gel salarial que veut imposer le gouvernement de Blaine Higgs, alors même que les travailleurs sociaux et d’autres métiers membres de la section locale 1418 font face à de plus grosses charges de travail en raison de la pandémie.

La section locale 1418 représente non seulement des travailleurs sociaux, mais aussi des agents de probation, de développement de ressources humaines, de programmes de logement et des agents correctionnels. Ils sont sans contrat de travail depuis 2017.

En affirmant que le dialogue «ne va nulle part» avec le gouvernement, le syndicat a avisé la Commission du travail et de l’emploi que les négociations sont en impasse mercredi.

Le syndicat demande au gouvernement de Blaine Higgs de renoncer à l’idée d’un gel de salaires d’un an accompagné de trois ans d’augmentation de 1%.

«On a espoir qu’il change d’idée. Politiquement, pour lui, ça peut être plus gagnant de faire cela parce que son gel salarial va créer une crise à travers toute la fonction publique. On manque de personnel partout», dit Simon Ouellette, représentant syndical pour le SCFP du N.-B.
Si le gouvernement ne change pas d’idée, le syndicat aimerait qu’il accepte de régler le différend à l’aide de l’arbitrage exécutoire, une étape que le gouvernement a toujours évité.

Dans le cas contraire, le syndicat pourrait éventuellement procéder à un vote de grève.

Seulement 65% à 70% des travailleurs du syndicat pourraient alors faire du piquetage, puisque postes sont désignés comme essentiels.

«On est en pandémie, personne ne veut aller en grève. Est-ce qu’on peut régler ce différend-ci par une voie plus raisonnable?», dit M. Ouellette.

Pendant la pandémie, certains membres du syndicat sont appelés à délaisser leurs collègues pour s’intégrer aux équipes provinciales de gestion rapide des éclosions.

Ces travailleurs ont donc dû travailler dans des foyers de soins où il y avait des éclosions de COVID-19 au cours des derniers mois.

Leurs collègues qui continuent à exercer leur métier normalement sont donc encore moins bien équipés pour surmonter leur charge de travail, alors qu’ils étaient déjà à court de bras avant même que la pandémie ne vienne brouiller les cartes, estime Gary Burris, travailleur social de Campbellton et secrétaire archiviste de la section locale 1418.

Peu de progrès

Le SCFP dénonce un manque d’ouverture de la part du gouvernement lors des négociations, particulièrement en ce qui a trait au salaire des employés.

Selon Stephen Drost, président de la section locale 1418, leur salaire n’a pas suivi l’augmentation du coût de la vie.

«Nos membres ont perdu environ 10% de leur pouvoir d’achat au cours des 12 dernières années, et (ils) sont de plus en plus loin derrière chaque année.»

Le gouvernement Higgs veut maintenant imposer une augmentation de salaire de 1% par an et un gel salarial d’un an, ce que le syndicat prend mal.

«Cela fait 12 ans depuis qu’on a eu une augmentation de salaire (équitable). Leur offrir des zéros maintenant, c’est plus qu’insultant», affirme M. Drost.

Jennifer Vienneau, porte-parole du minsitère des Finances et du Conseil du Trésor, rappelle les «défis importants» auxquels fait face la province, des défis qui ont été amplifiés par la pandémie.

«L’augmentation des salaires de 3% sur 4 ans est nécessaire pour soutenir la viabilité à long terme des finances de la province. Cette augmentation reflète également la décision du gouvernement de ne licencier aucun de ses travailleurs inactifs au printemps dernier, lors de la première vague de la pandémie.

Elle explique aussi que le gouvernement «respecte le processus de négociation collective» et qu’il continue d’espérer que les parties pourront s’entendre de façon à reconnaître les «défis constants» de la province.

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