UNI: pas de ristournes individuelles en raison de la pandémie

Si la pandémie a finalement épargné Uni Coopération financière en 2020, qui affiche ses meilleurs résultats depuis six ans, la COVID-19 aura toutefois eu raison des ristournes individuelles versées aux membres.

«Pour la première fois, depuis longtemps, nous avons envisagé une ristourne individuelle, nos résultats étaient au rendez-vous, par contre, une restriction pour l’ensemble des institutions financières régies par la loi fédérale des banques a rendu la chose impossible», explique Robert Moreau, PDG d’UNI Coopération financière.

Depuis le début de la pandémie, le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) a mis en place une série de mesures afin d’assurer la stabilité des institutions financières canadiennes.

En mars, le BSIF a notamment interdit aux banques de bonifier les dividendes qu’elles versent à leurs actionnaires, une mesure visant à assurer la stabilité et la résilience des institutions financières canadiennes.

En 2016, UNI est devenue la première coopérative de crédit au pays sous charte fédérale. Depuis, l’institution est soumise à la loi fédérale sur les banques.

«Même si nous sommes une coopérative, nous sommes maintenant soumis au même cadre réglementaire que les banques, donc nous avons dû respecter les règles du BSIF, ce qui rendait la distribution de ristournes impossible», précise Robert Moreau.

Miser sur le collectif plutôt que l’individuel

Depuis la fusion de l’ensemble des Caisses populaires acadiennes en une seule entité, UNI Coopération financière, aucune ristourne individuelle n’a été distribuée aux membres de la coopérative de crédit.

Même si la pandémie et les règles du BSIF ont empêché le versement de ristournes individuelles cette année, M. Moreau dit ignorer si elles pourraient être distribuées à l’avenir.

«On verra pour la suite, dit-il, c’est une décision qui relève du conseil d’administration. Depuis un certain temps, on est venu bonifier les enveloppes consacrées aux ristournes collectives puisqu’on réalise que les impacts sont plus grands, on fait du bien à beaucoup de gens et à beaucoup de communautés lorsque les ristournes sont distribuées de cette façon-là.»

L’an dernier, 300 000$ ont par exemple été distribués dans le cadre du concours Voilà!, une initiative visant à financer des projets «porteurs de changement, visionnaires, durables, qui contribuent au mieux-être de la collectivité.»

UNI a également voulu soutenir les petites entreprises grâce à son programme d’achat local 100% ici. Grâce à celui-ci, les employés de l’institution financière pouvaient se faire rembourser jusqu’à 500$ d’achats auprès de commerçants dans leur communauté.

«Mine de rien, c’est plus de 325 000$ qui ont été directement investis dans nos communautés grâce à ces achats, dit fièrement Robert Moreau. Nous croyons qu’acheter localement est important, surtout en temps de pandémie, et il y a beaucoup de PME dans nos communautés, donc il faut les appuyer et c’était notre façon de le faire, tout en récompensant nos employés.»

Au cours des trois dernières années, UNI dit avoir versé près de sept millions $ en ristournes collectives.

Poursuivre sa croissance

Afin de maintenir son rôle de «bâtisseur communautaire», UNI Coopération financière doit toutefois poursuivre sa croissance en développant de nouveaux marchés, ajoute son PDG.

C’est justement cette approche qui lui a permis d’obtenir d’aussi bons résultats en 2020, avec 23,5 millions $ d’excédent, sa meilleure performance depuis six ans.

Au 31 décembre dernier, les actifs d’UNI Coopération financière se chiffraient à 4,8 milliards $, une augmentation de 8% par rapport à l’année précédente.

«On a des partenariats un peu partout dans chacune des provinces canadiennes, avec des Credit Union, qui permettent de faire des partages de prêts dans certains domaines spécialisés, illustre Robert Moreau. Ça nous donne un portefeuille plus diversifié avec une meilleure répartition géographique dans des territoires avec des conditions économiques différentes.»

Par exemple, UNI s’est associé à une Credit Union britanno-colombienne pour offrir des prêts à une entreprise qui achète des bateaux-usines afin de faire de la transformation dans le secteur des pêches.

Le développement de partenariats à l’extérieur du Nouveau-Brunswick, croit M. Moreau, a permis à UNI de composer avec les incertitudes économiques causées par la pandémie et assurera également sa prospérité future.

«Les réalités démographiques au Nouveau-Brunswick font en sorte que si l’on veut connaître une croissance comme institution, il faut continuer à développer de nouveaux marchés pour rapporter cette richesse chez nous et la redistribuer ici», ajoute-t-il.