Les États-Unis pourraient refiler leurs vaccins AstraZeneca au Canada

Le Canada aura peut-être droit à un coup de pouce inattendu des États-Unis en matière de vaccination, a laissé entendre mercredi le président Joe Biden, en faisant allusion à l’envoi éventuel de doses excédentaires.

Les États-Unis sont assis sur un approvisionnement de vaccins qu’ils n’utilisent pas actuellement, a déclaré M. Biden. Il faisait probablement référence au vaccin Oxford-AstraZeneca, qui est approuvé au Canada, mais pas aux États-Unis.

«Nous examinons ce qui va être fait avec certains des vaccins que nous n’utilisons pas (…) et nous espérons pouvoir être d’une certaine utilité pour d’autres pays du monde entier», a-t-il déclaré.

Le président a ensuite évoqué un appel téléphonique d’une demi-heure, mercredi, avec le premier ministre Justin Trudeau, qu’il a décrit comme «un gars qui travaille très dur pour prendre soin de son pays et régler le problème» des vaccins.

Les États-Unis ont déjà fourni 1,5 million de doses du vaccin AstraZeneca au Canada et 2,5 millions de doses au Mexique. La Maison-Blanche qualifie ces doses de «prêts», pour éviter, semble-t-il, de se heurter au libellé juridique des contrats signés avec les fabricants. «Nous avons aidé un peu là-bas», a déclaré M. Biden en parlant du Canada. «Nous allons essayer d’aider un peu plus.»

Le président a déclaré que les États-Unis pourraient éventuellement donner un coup de pouce à d’autres pays, y compris en Amérique centrale, mais il a averti que les Américains seraient toujours les premiers servis dans cette course à la vaccination.

M. Biden a d’ailleurs fait ces commentaires à la toute fin d’une conférence de presse où il annonçait fièrement que les États-Unis avaient administré 200 millions de doses de vaccins alors qu’à l’origine, il visait 100 millions de doses avant le 100e jour de son mandat, la semaine prochaine.

Mais le vaccin AstraZeneca, qui n’a pas encore reçu l’approbation de l’agence américaine des médicaments et des aliments (FDA), n’a pas participé à cette vaste entreprise de santé publique aux États-Unis.

Santé Canada a conclu que ce vaccin était sécuritaire et efficace pour tous les adultes, malgré un lien possible avec un syndrome de caillot sanguin — très rare et que l’on peut traiter efficacement.

Le Comité consultatif national de l’immunisation, qui fournit des avis non contraignants sur l’utilisation des vaccins au Canada, n’a pas encore mis à jour sa recommandation selon laquelle le vaccin ne devrait être utilisé que sur les personnes de plus de 55 ans.

La Colombie-Britannique, l’Alberta, le Manitoba et l’Ontario ont tous approuvé récemment le vaccin pour des personnes de 40 ans et plus; au Québec, il est offert depuis mercredi aux gens de 45 ans et plus.