Faut-il assouplir les critères de vaccination dans le Nord-Ouest?

Quelque 41% des personnes éligibles à recevoir le vaccin au Nord-Ouest ont reçu leur première dose en date de vendredi. Les rendez-vous disponibles pour les cliniques de vaccinations organisées par les régies de la santé mettent toutefois de plus en plus longtemps à se remplir. Certains réclament que la Santé publique assouplisse les critères de vaccination dans la zone 4.

Deux cliniques de vaccinations étaient prévues vendredi et samedi pour les personnes de 65 ans et plus à Saint-Jacques.

Vendredi, les 500 doses disponibles ont été injectées. Samedi, par contre, seulement 438 des 540 rendez-vous étaient comblés au moment de mettre sous presse.

John Tobin, un médecin de famille dans la zone 4, assure que la centaine de doses restantes de vaccins Pfizer ne seront pas gaspillées.

«Il faut dire que les vaccins qui vont nous rester de ces 540-là, ils ne seront pas retournés à la province, ils ne seront pas retournés au fédéral. On va les donner dans les prochaines cliniques la semaine prochaine.»

Le Dr Tobin a admis vendredi partager les interrogations de ceux qui se demandent si les critères de vaccination sont trop stricts.

Il a cependant rappelé que la Santé publique est la seule à avoir les données démographiques nécessaires pour prendre ce genre de décisions.

Interrogée lors d’une séance de questions à savoir pourquoi ne pas ouvrir la vaccination à toute la population du Nord-Ouest en cette période de crise, la médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, a avancé que son équipe devait continuer de répartir les vaccins afin de prévenir les éclosions partout dans la province.

Si ce n’était pas le cas (et que d’autres crises devaient survenir) la province n’aurait pas les ressources pour continuer d’appuyer la zone 4 comme elle le fait actuellement, selon elle.

«Compte tenu du nombre limité de vaccins disponibles, notre plan est axé sur la vaccination des personnes les plus vulnérables, celles qui risquent d’avoir des maladies graves, d’être hospitalisées ou de mourir à la suite d’une infection à la COVID-19», a précisé la Dre Russell.

Marc Michaud, le directeur général de la Ville d’Edmundston, n’a pas osé se prononcer définitivement sur la question, vendredi.

«Il est évident que si la province réduisait les âges d’admissibilité aux vaccins, on pense que ça pourrait encourager davantage les gens à participer à l’effort collectif nécessaire pour combattre l’effet de la pandémie», a-t-il écrit dans une déclaration.

«Cependant, nous comprenons que l’approvisionnement des vaccins peut être un enjeu pour la province (comme toutes les autres provinces d’ailleurs) et nous respectons les autorités provinciales à ce sujet.»

Le Dr Tobin se montre néanmoins optimiste face aux efforts de vaccination dans la zone 4.

Il estime que 45% de la population éligible du Nord-Ouest pourrait être vaccinés d’ici la semaine prochaine.

«Avec les cliniques de vaccination d’aujourd’hui (vendredi) et demain (samedi), j’ai facilement l’impression qu’on va se rendre à 45%. Ce sont de vraiment bonnes nouvelles! Si on regarde les statistiques au niveau national et mondial, on y arrive pas mal vite.»

En plus des vaccinés, le médecin de famille rappelle qu’il ne faut pas oublier les patients qui ont développé une immunité naturelle à la suite d’une infection au virus.