Un couple de Moncton coincé au Québec à cause des nouvelles restrictions

Un résident de Moncton, coincé à Montréal après s’être rendu en Belgique afin d’assister aux funérailles de son père, qualifie d’aberrantes les nouvelles restrictions provinciales imposées aux voyageurs.

Depuis samedi, de nouvelles mesures de la Santé publique contraignent un bon nombre de voyageurs qui reviennent au Nouveau-Brunswick à se confiner pendant au moins sept jours dans des hôtels désignés jusqu’à l’obtention d’un test de dépistage à la COVID-19.

Bruno Pondant est l’un de ceux qui devront se soumettre à la nouvelle mesure.

Le 12 avril, il s’est rendu en Belgique, avec son épouse, afin d’assister aux funérailles de son père.

Rentré au Canada lundi, le couple s’est rendu dans un hôtel de Montréal afin de s’isoler jusqu’à l’obtention d’un test négatif à la COVID-19, tel qu’exigé par le gouvernement fédéral.

«On a reçu notre test négatif mardi matin et nous avons essayé de faire nos réservations dans l’hôtel désigné de Moncton en raison des nouvelles règles, mais nous sommes coincés à Montréal», a expliqué M. Pondant lors d’une entrevue téléphonique avec le journal.

Le problème, dit-il, c’est que Le Hyatt, qui serait le seul hôtel de Moncton désigné par la province afin d’accueillir les voyageurs, affiche complet.

«On est pris à Montréal sans savoir à quel moment on pourra rentrer, peste Bruno Pondant. Le temps que je passe ici ne compte pas dans les jours de quarantaine que nous devrons faire à notre retour, donc chacun de ces jours, c’est un autre jour de travail perdu pour moi.»

Il déplore aussi le fait que les nouvelles règles soient imposées aux voyageurs partis avant que celles-ci soient mises en place.

«Je savais qu’il y aurait un coût lié à ma quarantaine ici à Montréal, j’étais prêt à l’assumer, mais là ces coûts supplémentaires que je n’ai pas vu venir, c’est un peu dérangeant. J’ai aussi pas mal de difficultés à accepter que la province considère que mon voyage pour assister à l’enterrement de mon père n’était pas essentiel», dénonce M. Pondant, ajoutant que Fredericton aurait pu donner un préavis plus long afin que les citoyens puissent s’ajuster en conséquence.

S’il dit comprendre que les règlements peuvent rapidement bouger pendant une pandémie, Bruno Pondant considère que le nombre de cas de COVID-19 au Nouveau-Brunswick ne justifie pas des mesures aussi draconiennes.

De nouveaux hôtels désignés bientôt

La Croix-Rouge canadienne, mandatée par la province afin de coordonner le logement des Néo-Brunswickois qui reviennent de voyage, aurait expliqué à M. Pondant que de nouveaux hôtels s’ajouteront «probablement» à la liste des établissements désignés mercredi.

«Ça sent l’improvisation, déplore-t-il. Les nouvelles mesures ont été annoncées la semaine dernière et la nouvelle liste d’hôtels désignés arrivera peut-être mercredi, c’est aberrant. Des hôtels à Moncton, ce n’est pas ce qui manque, surtout pas en ce moment.»

Le Hyatt de Moncton, la Santé publique et la Croix-Rouge canadienne n’ont pas donné suite aux demandes d’interview de l’Acadie Nouvelle. Le ministère de la Sécurité publique n’était pas en mesure de commenter l’affaire mardi.