Dieppe lance un service d’autobus à la demande

La Ville de Dieppe lance un projet-pilote de transport en commun gratuit à la demande. Il faudra désormais réserver sa place dans l’autobus, qui modifiera son itinéraire selon la destination des passagers.

À compter du 29 mai, le réseau de transport en commun de Dieppe passera entièrement au service à la demande les fins de semaine.

Actuellement, les autobus suivent un trajet fixe et se répartissent entre trois lignes distinctes (93, 94, 95). Dès le mois prochain, ce système sera remplacé chaque samedi et chaque dimanche par un algorithme qui calculera le trajet le plus optimal possible pour transporter les résidents là où ils doivent se rendre.

La municipalité s’est associée à Blaise Transit qui a développé une application mobile à partir de laquelle les utilisateurs pourront réserver leur trajet, entre sept jours et une heure avant le départ. Ils auront aussi la possibilité de faire une requête par téléphone.

«Les passagers seront automatiquement jumelés à d’autres personnes ayant des trajets similaires, et un autobus sera envoyé pour les desservir. On croit que l’autobus sera disponible plus souvent qu’il ne l’est pour les gens», explique Luc Richard, directeur de la performance organisationnelle à la Ville de Dieppe.

Une tablette guidera le conducteur vers son prochain arrêt, précise-t-il. «La grande différence, c’est que le trajet de l’autobus s’adapte aux besoins des clients et ne suit pas nécessairement un itinéraire fixe. C’est un service qui utilise les arrêts d’autobus. Ce n’est pas un service de taxis qui vient vous chercher devant chez vous.»

Quel est donc l’avantage pour les usages? Il s’agit d’abord de diminuer les temps de déplacement puisque l’autobus prendra le chemin le court et ne fera pas de détours inutiles. De plus, de nouvelles rues seront desservies, et de nouveaux arrêts y seront ajoutés. Les rues Belle-forêt, Vanier, Gaspé, Damien et Aquatique sont à l’étude.

«L’autobus pourrait devenir une option pour des gens qui vivent présentement à 400 ou 500 mètres de marche d’un arrêt. Ça pourrait aussi profiter à des personnes à mobilité réduite», décrit M. Richard.

Depuis le début de l’année, une application de Codiac Transpo permet d’ailleurs de suivre les véhicules de la flotte en temps réel et de recevoir un avis indiquant l’heure à laquelle arrivera le prochain autobus.

De son côté, la municipalité espère diminuer le nombre de kilomètres parcourus par autobus et réduire les coûts d’opération. «On pourra augmenter ou réduire le service selon la demande, ça nous donne une flexibilité, une souplesse qu’on n’avait pas auparavant», mentionne Luc Richard.

Le fonctionnaire reconnaît que la transition impliquera un changement d’habitudes et une certaine planification de la part des utilisateurs. «Si tu n’as pas fait ta réservation, tu n’as pas ta place», prévient-il.

Dieppe envisage également de se doter d’autobus de plus petite taille pour accroître la couverture dans certains secteurs. Si ce modèle de transport à la demande fait ses preuves, il pourrait être étendu à d’autres jours de la semaine par la suite.

L’initiative s’inscrit dans une série d’efforts menés par la municipalité pour accroître la fréquentation du service. Depuis l’été 2018, la Ville de Dieppe consacre 200 000$ de plus par année pour doubler la fréquence des trajets d’autobus et couvrir un plus grand territoire. Elle offre aussi un abonnement gratuit aux jeunes du secondaire.