Des élections municipales pas comme les autres

Report dans le Nord-Ouest, vote par la poste, résultats repoussés, campagnes virtuelles, rien ne s’est fait comme d’habitude pour ces élections municipales.

Longtemps indécise en raison du confinement de la région d’Edmundston-Madawaska, la date à laquelle seront publiés les résultats des élections des conseils municipaux, des conseils d’éducation de district et des conseils d’administration des régies régionales de la santé est connue. Il faudra patienter jusqu’au mardi 25 mai. Cette journée-là, les communautés d’Edmundston, de Haut-Madawaska, de Lac-Baker, de Sainte-Anne-de-Madawaska et de Saint-Léonard, placées mardi en phase orange, pourront se rendre aux urnes. Dans cette zone du Nord-Ouest, le vote par anticipation se déroulera le samedi 15 mai et le lundi 17 mai.

Les autres Néo-Brunswickois sont appelés à voter le 10 mai, mais les résultats ne seront connus que 15 jours après. Près de 29 000 citoyens ont exercé leur droit de vote samedi, première journée du vote par anticipation. La seconde journée de vote anticipé se tiendra le lundi 3 mai (pour l’ensemble de la province à l’exception de la région d’Edmundston-Madawaska). Élections Nouveau-Brunswick espère qu’un maximum de personnes se déplaceront pour diminuer les files d’attente le jour de l’élection.

Nettoyage des mains, marquages au sol, distanciation, masques obligatoires, les mesures sanitaires sont similaires à celles mises en place lors du scrutin provincial de septembre.

«L’un des défis, comparativement à l’élection provinciale de septembre, est que les zones de santé de la province ne sont pas toutes à la même phase d’alerte», complète Karine Pitre, porte-parole d’Élections Nouveau-Brunswick.

Seulement 34,5% de la population éligible s’est déplacée aux urnes lors de l’élection municipale de 2016. Le contexte actuel pourrait-il accentuer cette tendance?

«Si nous analysons l’élection provinciale de septembre, nous pouvons voir que le taux de participation était extrêmement semblable au taux de participation habituel, malgré la COVID-19, répond Karine Pitre. Il est encore trop tôt pour prédire quel sera le taux de participation à ces élections, mais nous espérons avoir mis en place suffisamment de mesures de sécurité pour que les électeurs se sentent en sécurité lorsqu’ils vont voter.»

Pour la première fois, l’organisation gouvernementale a fait le choix d’envoyer aux électeurs des bulletins de vote prioritaires par la poste dans le but d’accélérer le processus. Elle espère qu’un plus grand nombre de personnes profiteront du vote par la poste pour éviter les rassemblements aux bureaux de vote.

De plus, il est désormais possible d’obtenir une trousse de vote par la poste via un portail en ligne.

Plusieurs duels palpitants

Certaines courses à la mairie ont particulièrement piqué notre intérêt, voici cinq d’entre elles:

Tracadie: Affiches vandalisées et échanges houleux sur les réseaux sociaux, la campagne électorale de Tracadie relève plus de la descente de rapides que du fleuve tranquille. Au terme d’un mandat mouvementé, Denis Losier est prêt à garder les rênes de la municipalité régionale. Il met de l’avant son action en faveur d’une meilleure transparence de la politique municipale et du redressement des finances de Tracadie.
Après avoir siégé pendant 15 ans à titre de conseiller, l’autre aspirant, Jean-Yves McGraw, espère rétablir l’unité à la table du conseil. Lui aussi dit vouloir faire de la bonne gestion des finances publiques sa priorité.

Un dossier chaud attend déjà le gagnant au lendemain de l’élection: l’épineuse question du transfert à la municipalité des routes dans les anciens DSL.

Edmundston: Deux candidats bien connus se proposent de chausser les grands souliers laissés par Cyrille Simard, qui a occupé la fonction de maire pendant neuf ans jusqu’à sa démission en septembre 2020.

Devenu maire suppléant à la suite de ce départ, Éric Marquis a dû tenir la barre alors que sa communauté était frappée par plusieurs éclosions de COVID-19. Après un premier mandat comme conseiller et une carrière dans le monde de l’enseignement, il espère obtenir la faveur des électeurs.

Face à lui, Lise Ouellette a l’ambition de devenir la première mairesse de la ville du Nord-Ouest. Également conseillère municipale, elle est connue pour son engagement associatif et ses rôles de directrice générale de l’Association francophone des municipalités puis de directrice CCNB, campus d’Edmundston.

Moncton: La mairesse sortante Dawn Arnold brigue un second mandat à la tête de la plus grande ville de la province. Elle vante notamment son bilan en mettant de l’avant l’augmentation de l’assiette fiscale de la municipalité, l’interdiction des sacs de plastique dans les commerces du territoire de la ville ou le projet du Centre Avenir.

Son concurrent, Erik Gingles, est un entrepreneur dans le domaine des communications et propriétaire du site d’information Buzzlocal.
Il propose notamment le report du financement du futur poste de police, et souhaite encourager la densification du centre-ville ainsi que la mise en valeur des berges de la rivière Petitcodiac.

Les questions de sécurité publique, de logement et d’itinéraire seront sans doute au coeur du débat qui opposera les deux candidats qui se tiendra lundi.

Campbellton: Dans la cité du Restigouche, la course se jouera entre trois prétendants à la succession de Stéphanie Anglehart-Paulin qui a choisi de ne pas solliciter un second mandat.

Défait par seulement 28 votes en 2016, Ian Comeau, ancien conseiller municipal et maire adjoint de Campbellton, tente à nouveau sa chance en promettant davantage de coopération avec les communautés avoisinantes. Joey Goulette, entrepreneur de 33 ans, tente de se lancer dans la vie politique municipale et d’amener l’envie de la jeunesse à la tête du conseil. Gilles Roy, entrepreneur dans le secteur de la construction, fait quant à lui campagne sur le thème de la transparence et de la réduction des coûts.

Bouctouche: Le maire sortant Roland Fougère ne se sollicitera pas un second mandat. Pauline Hébert, l’actuelle maire suppléante, propose de le remplacer après neuf années passées à la table du conseil municipal. La candidate met de l’avant son engagement pour l’ouverture du centre de réadaptation cardiaque Cœur en santé ou la construction du Marché des fermiers. Elle dit vouloir en faire davantage pour attirer de jeunes familles dans sa région.

Son concurrent, Aldéo Saulnier, a 21 ans de politique municipale à son actif, dont 12 ans à la mairie. Il tente un retour et espère obtenir un quatrième mandat comme maire. Lui aussi vante sa grande expérience, il plaide surtout pour des efforts accrus en matière de développement économique.