Élections municipales: une course à trois pour Campbellton

Comme ce fut le cas en 2016, trois candidats croiseront le fer à Campbellton pour le poste de maire.

Avec le retrait de la vie politique de la mairesse actuelle, Stéphanie Anglehart-Paulin, la porte est grande ouverte au changement à la direction de la cité restigouchoise.

Changement, c’est le mot qui revient constamment sur les lèvres de Joey Goulette. À 33 ans, ce dernier souhaite devenir le plus jeune maire de l’histoire de la ville. Celui-ci l’avoue, il est un néophyte de la politique municipal, mais son désir de faire bouger les choses l’a convaincu de faire le grand saut.

«Je n’avais pas l’intention de me lancer dans la course, mais en même temps, quand je regarde autour de moi, je trouvais que j’avais une responsabilité de faire quelque chose pour faire avancer ma ville, et la faire avancer dans la bonne direction», précise le jeune candidat qui œuvre dans un commerce d’ameublement, à Campbellton, en plus d’opérer une petite entreprise de déneigement/excavation.

S’il veut faire changer le courant de direction, c’est qu’il estime que quelque chose ne tourne pas rond actuellement à Campbellton. Ce dont la ville a besoin selon lui, c’est de nouvelles idées accompagnées d’une bonne dose de fierté.

«Quand on se promène en ville, on n’a pas à faire bien loin pour voir qu’on a laissé notre fierté aller à la dérive. Ça se voit à l’œil avec les bâtisses délabrées, les terrains vagues, mais aussi dans l’attitude des gens. Le négatif est ancré dans la tête des citoyens, ils sont découragés de voir les commerces fermer et les jeunes s’en aller sans revenir. Il faut retourner cette situation, car j’ai la conviction qu’on demeure dans un endroit exceptionnel et que l’on a tout pour réussir», indique-t-il. Il n’est toutefois pas le seul à mise sur un changement de garde.

Gilles Roy en est également à ses premiers pas dans l’arène politique. Lui aussi entrepreneur, il juge impératif de relancer l’économie de la principale ville du Restigouche.

«Ce qui m’inquiète particulièrement, c’est le déclin de notre base économique: nos petits entrepreneurs. J’ai le sentiment qu’on n’en fait pas suffisamment pour attirer les business dans la ville, même qu’au contraire, on leur met plus souvent qu’autrement des bâtons dans les roues. On dirait qu’on ne veut pas d’entreprises ici», dit-il.

Selon lui, il faut trouver des façons de favoriser la venue des PME et stimuler la création d’emplois.

«Tout commence par là. Et s’il faut modifier et changer des réglementations pour y arriver, alors soit», avance-t-il.

Ancien conseiller et maire adjoint de Campbellton pendant plusieurs années, Ian Comeau tente pour sa part un retour en politique municipale. Il en sera à sa seconde tentative pour le poste de maire. En 2016, il était passé à quelques dizaines de votes près de remporter le scrutin, se faisant damer le pion par la mairesse actuelle, Stéphanie Anglehart-Paulin. Cette dernière a décidé de passer son tour cette fois. En fait, elle a même donné publiquement son soutien à son ancien adversaire politique.

«Ian se présente pour les bonnes raisons, soit l’amour de sa ville et celle de sa région», a écrit Mme Anglehart-Paulin sur les médias sociaux, non sans vanter l’expérience de ce dernier en matière de politique. Des trois candidats, M. Comeau est en effet le seul à posséder une réelle expérience du monde municipal.

Le principal intéressé croit que cette expérience est cruciale dans l’état actuel des choses.

«On a de gros dossiers qui s’en viennent avec la réforme de la santé et la réforme municipale. On parle de régionalisation, de partage de services, etc. On a besoin de personnes qui comprennent ces enjeux autour de la table, qui ont une expérience du fonctionnement d’une municipalité», souligne celui qui œuvre aujourd’hui comme responsable du département des déchets solides au sein de la Commission de services régionaux du Restigouche.

Pour ce qui est des courses aux postes de conseillers, douze candidats se font pour seulement six postes ouverts. De ce nombre, cinq des six conseillers sortants tenteront de se faire réélire.