A.L. Fabrication augmente la cadence et entend quintupler la production de sa Landrich

L’entreprise restigouchoise A.L. Fabrication investira environ 4 millions $ dans une chaîne de montage pour sa multifonctionnelle forestière, la Landrich. L’objectif: quintupler la production – et même davantage – d’ici 2025.

«On se rapproche un peu plus de notre rêve d’avoir une véritable ligne d’assemblage pour notre produit chez nous, au Restigouche.»

Le vice-président et directeur général d’A.L. Fabrication, Serge Landry, n’est pas peu fier. Dans la cour de son usine à Balmoral, on retrouve la toute dernière Landrich (un engin sur chenilles conçu pour faciliter la coupe forestière), fraîchement sortie de la chaîne de montage et prête à être livrée.

Celle-ci a un petit quelque chose de particulier, puisqu’il s’agit de la 50e produite par l’entreprise depuis le début de la production en 2010.

La dernière Landrich à avoir quitté la chaîne de montage, la numéro 50. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

Aujourd’hui, c’est un tout nouveau chapitre qui commence.

Installée à Balmoral depuis sa création, A.L. Fabrication déménagera graduellement d’ici les prochains mois à l’intérieur du parc industriel d’Eel River Dundee, dans les locaux de l’ancienne usine Solutions International. Construite au début des années 2000, cette usine n’a pas fait long feu dans la région et a laissé derrière elle un immense bâtiment de 63 000 pieds carrés. Depuis 2013, les lieux étaient utilisés par une entreprise de mécanique industrielle, John Drapeau Diesel, mais ce dernier a décidé de prendre sa retraite. Cette fois, il n’aura pas fallu attendre bien longtemps avant qu’elle trouve preneur.

«Nous avions besoin d’un plus grand local afin de pouvoir accroître notre capacité de production et ainsi pouvoir répondre à la demande. En ce moment, on ne fait que du petit volume et ça fait en sorte qu’on ne fournit pas. Toutes nos machines sont vendues d’avance jusqu’en 2022 et nous avons une liste d’attente», explique M. Landry.

L’aménagement de la nouvelle usine prendra quelques mois, si bien qu’on n’anticipe le démarrage de la chaîne de montage que vers la fin de l’année, voire même en début 2022. La disponibilité de l’usine demeure par ailleurs un concours de circonstances pour le moins avantageux pour le fabricant.

«C’est certain qu’il y a beaucoup de travail à faire, mais ça nous évite de nous lancer dans une grande construction. Et dans l’état actuel du secteur de la construction, acheter nous revient beaucoup moins cher», dit-il, sans compter que l’entreprise gagnera un temps précieux.

L’entrepreneur n’a pas froid aux yeux. Pour investir plus de 4 millions $ en temps de pandémie, il faut vraiment croire dans son produit.

«Il faut voir ça du bon côté. Le bois continue à se couper, pandémie ou pas. Les ventes n’ont pas diminué et l’industrie forestière se porte bien malgré tout. Oui c’est un gros coup à donner, c’est risqué, mais on y croit», dit-il.

Actuellement, A.L. Fabrication assemble environ cinq Landrich par année, des machines prisées dont la valeur dépasse les trois quarts de millions $ l’unité. Cette année, la cadence a été augmentée à huit. L’an prochain, lorsque l’entreprise sera dans ses nouveaux locaux, on vise en sortir 14 par année.

La dernière Landrich à avoir quitté la chaîne de montage, la numéro 50. À l’avant, Serge Landry. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

La Landrich est l’une des rares machines forestières à être conçue au pays. Il n’y aurait en effet que trois manufacturiers similaires à A.L. Fabrication au Canada, et l’entreprise est la seule au Nouveau-Brunswick.

«C’est un beau projet, et c’est fait chez nous, au Nouveau-Brunswick. Il y a une certaine fierté dans tout ça. Et ce qui est particulier aussi, c’est qu’il s’agit d’une histoire de famille. On est trois générations qui travaillent ici», ajoute M. Landry.

Selon lui, il pourrait écouler une quinzaine d’unités par année seulement dans la province. Puis il y a les commandes ailleurs au pays, notamment pour le nord du Québec, mais aussi dans le monde. Le potentiel énorme.

Selon les plans, l’entreprise vise la fabrication de 25 Landrich annuellement d’ici 2025, plus tôt même si l’adaptation se passe rondement et que le carnet de commandes continue d’être aussi garni.

«Je mentirais si je disais que 25 Landrich par année, c’est notre but ultime. C’est une cible à court terme, mais le rêve va bien au-delà de seulement 25 machines par année», lancer M. Landry.

À quelques pas de lui, son père – et fondateur de l’entreprise – Armand Landry, ne peut s’empêcher d’ajouter son grain de sel à la discussion.

«Moi, mon souhait, c’est que l’on puisse en produire 1000 par année. Quand ça arrivera, je pourrai partir en paix», lance-t-il à la blague.

Qu’à cela ne tienne, le fils l’avoue, se rendre à une centaine serait un exploit considérable et une réussite incontestable pour la région en terme de création d’emploi.

La chaîne de montage aura évidemment un impact sur la main-d’œuvre de l’entreprise. Le déménagement n’est pas encore commencé que, déjà, l’entreprise a fait l’embauche d’une demi-douzaine de nouveaux employés. Ceux-ci, qui s’ajoutent à la vingtaine déjà en place, sont actuellement en formation afin d’être fin prêts pour l’entrée en service de la nouvelle ligne.

C’est dans ces locaux que sera installée la chaîne de montage de la Landrich. Sur la photo, Kim Bujold (village d’Eel River Dundee), Armand Landry (fondateur A.L. Fabrication), Serge Landry (vice-président et directeur général de A.L. Fabrication) et Mario Pelletier (maire d’Eel River Dundee). – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert