Michel Vienneau: le jury estime que la victime est décédée des suites d’un homicide

Les cinq membres du jury qui siégeaient à l’enquête publique du coroner visant à faire la lumière sur le décès de Michel Vienneau ont déterminé que la victime est décédée des suites d’un homicide.

L’homme d’affaires originaire de Tracadie est décédé le 12 janvier 2015 lors d’une intervention policière à la gare de Bathurst.

Le jury y est allé de ce jugement après seulement un peu plus de deux heures de délibérations.

Les jurés ont également formulé cinq recommandations au coroner Jérôme Ouellette afin d’éviter qu’un drame semblable puisse se reproduire.

Le jury estime que les corps policiers doivent avoir en tout temps une personne responsable des renseignements provenant d’Échec au crime afin de pouvoir partager les informations le plus rapidement possible.

Ce sont de faux renseignements transmis à Échec au crime qui avaient mené les policiers à s’intéresser à Michel Vienneau et à intervenir le jour du drame.

Le jury est aussi d’avis que les voitures de police banalisées devraient être inspectées régulièrement, au même titre que les autopatrouilles, afin d’assurer le bon fonctionnement de l’équipement qu’elles contiennent.

Il suggère également que les lumières clignotantes des voitures banalisées soient standardisées et clairement visibles lors de leur activation.

Toujours selon le jury, les policiers devraient au moment d’une intervention porter un vêtement qui les identifie clairement comme étant des agents.

Enfin, toute intervention devrait se faire avec une autopatrouille et un policier en uniforme.

L’incident qui a coûté la vie à Michel Vienneau est survenu alors que ce dernier était de retour d’un voyage d’agrément effectué à Montréal en compagnie de sa conjointe.

Les policiers de l’Unité d’intervention intégrée du Nord-Est s’étaient rendus à la gare de Bathurst afin de procéder à l’arrestation du couple qui était soupçonné – à tort – de transporter des stupéfiants.

Au total, 22 témoins ont été entendus durant l’enquête du coroner qui a duré cinq jours et qui a été menée à Beresford.

Les agents de la Force policière de Bathurst Mathieu Boudreau et Patrick Bulger, de même qu’Annick Basque, la conjointe de Michel Vienneau, ont témoigné tour à tour.

Dans ses directives au jury, le coroner a indiqué que celui-ci devait statuer sur l’origine du décès de l’homme d’affaires de la Péninsule acadienne et déterminer s’il agissait d’un homicide, d’une mort accidentelle, d’un suicide, d’une mort naturelle ou bien d’un décès dont la nature est indéterminée.

Le verdict rendu par le jury n’aura aucune portée juridique. La Cour ainsi qu’un arbitre en droit du travail avaient déjà déterminé respectivement que les constables Boudreau et Bulger n’étaient pas criminellement responsables du décès et qu’ils n’avaient pas contrevenu au code de déontologie policier.

En fait, la procédure judiciaire officielle visait principalement à établir les circonstances entourant le décès de Michel Vienneau et à émettre des recommandations pour éviter des événements semblables.

Au terme des audiences, le coroner en chef Jérôme Ouellette a indiqué qu’il endossait pleinement les recommandations formulées par le jury et qu’il allait transmettre celles-ci à l’Association des chefs de police du Nouveau-Brunswick et aux corps policiers impliqués dans l’affaire Vienneau.