Prévention du suicide: il faut agir maintenant, selon le défenseur des jeunes

Le défenseur des enfants et de la jeunesse, Norman Bossé, estime que le gouvernement n’a pas à attendre la conclusion de son examen des services de santé mentale et de prévention du suicide chez les jeunes pour agir.

Cette étude des lacunes dans les services en santé mentale qui sont disponibles aux jeunes doit se solder par des recommandations qui seront envoyées au gouvernement provincial.

L’examen a été mis sur pied suite à la mort d’une adolescente, Lexi Daken, qui s’est enlevé la vie après avoir attendu des heures dans un hôpital sans pouvoir obtenir de l’aide en santé mentale.

Mais Norman Bossé estime que le gouvernement a déjà de quoi mettre sur pied une stratégie pour prévenir le suicide chez les jeunes.

«Il ne devrait pas avoir à attendre que mon bureau lui dise comment le faire.»

Le défenseur des enfants et de la jeunesse a comparu devant un comité de l’Assemblée législative mardi pour leur présenter son rapport sur l’état de l’enfance 2020, déjà publié en novembre.

On peut y lire que le suicide demeure la deuxième cause principale de décès au Canada chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, et que le Nouveau-Brunswick affiche le taux de suicide le plus élevé per capita au Canada.

Il y dénonce aussi le fait que le Nouveau-Brunswick ne dispose pas d’une stratégie provinciale pour prévenir ces morts, chose qu’il exhorte le gouvernement de régler.

Pour ne pas que son examen soit relégué aux oubliettes sans qu’il n’y ait de réels changements, le défenseur affirme qu’il doit aussi avoir les moyens de vérifier l’efficacité des mesures qui seront mises en place.

«Je dois dire que nous n’avons pas un très bon système pour mesurer cela en ce moment.»

Il dit avoir lu des rapports «vieux de dix ans» sur la santé mentale aux fins de son examen. Selon lui, ces rapports contenaient des recommandations qui étaient mentionnées à nouveau dans plusieurs autres rapports, indiquant qu’elles n’avaient pas été mises en place.

Il affirme qu’il a l’intention de trouver le moyen de garder un œil sur ce que le gouvernement fera des recommandations qu’il émettra lors de la conclusion de son examen en juillet.

M. Bossé affirme aussi que son examen n’est pas passé inaperçu puisque son téléphone et sa boîte courriel ne dérougissent pas depuis plusieurs semaines.

Son bureau doit souvent répondre à des appels de parents d’enfants qui ont fait des tentatives de suicide et qui se plaignent du manque de services pour les aider.

«On sait qu’il y a des parents qui éprouvent des difficultés, et ils ont besoin de notre aide», dit-il.

Plus de 500 personnes ont déjà répondu à un sondage mis sur pied la semaine dernière. Selon lui, cela démontre que l’enjeu de la prévention du suicide et le manque de soins en santé mentale est bien présent dans l’esprit des gens.