Le recensement de 2021, qui commence le 11 mai et qui devrait se terminer en juillet, permettra au gouvernement d’avoir des données plus fiables sur les communautés francophones du pays, selon des organismes acadiens.

Quelques changements aux questionnaires du recensement permettront d’avoir une meilleure idée de la taille réelle des communautés francophones.

Le recensement permet à Statistique Canada de recueillir des données sur la population et de dresser un portrait de la société. Ces données sont alors utilisées lors de l’élaboration de politiques publiques, en plus d’alimenter de la recherche.

La plupart des gens qui participeront au recensement recevront le formulaire court d’une dizaine de questions, alors qu’environ le quart de la population recevra le formulaire long, qui en comporte une quarantaine.

Cette année, des questions sur la langue feront aussi partie du formulaire court.

Ceux qui s’intéressent aux données sur la langue des communautés – comme par exemple la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et la Société Nationale de l’Acadie – auront donc un échantillon plus fidèle de la population pour appuyer leurs revendications.

«Maintenant, les conseils scolaires vont avoir les vrais chiffres pour planifier leurs travaux. Avoir les questions dans le formulaire court au lieu du formulaire long, ça va faire en sorte que les communautés minoritaires linguistiques vont avoir les vrais chiffres», dit Alexandre Cédric Doucet, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

Ces données permettent aux gouvernements de prendre des décisions plus éclairées en ce qui a trait à la santé, à l’éducation et à l’immigration. Ce changement au formulaire permettra aux francophones d’occuper leur place dans l’équation, selon M. Doucet.

Cela permettra par exemple de juger le nombre de places nécessaires lorsque viendra le temps de construire une nouvelle école en milieu minoritaire francophone.

«Les gens ne vont peut-être pas voir une différence immédiate sur le terrain. Mais je pense qu’à long terme, ça va avoir un effet très positif sur la communauté.»

Louise Imbeault, présidente de la Société nationale de l’Acadie, explique que les questions plus précises sur la langue parlée à la maison permettront aussi d’éviter que des francophones tombent entre les mailles du filet.

Selon elle, avant ces changements, il arrivait souvent que des couples exogames qui parlent l’anglais à la maison se retrouvent classés comme anglophones. Ils pourront maintenant s’identifier comme bilingues, francophones ou anglophones tout en précisant la langue parlée chez eux.

«Les francophones peuvent se définir soit comme francophones, anglophones ou bilingues. Il y  a beaucoup de mariages exogames, et s’ils se définissent comme bilingues, mais qu’ils parlent anglais à la maison, ça ne veut pas dire qu’ils ne veulent pas de services en français», dit Louise Imbeault.

Cela pourrait donner un coup de pouce à des minorités francophones qui, selon elle, ont souvent été sous-estimées, comme celles de Miramichi, de Fredericton et de Saint-Jean.

«Il y a plusieurs endroits où le nombre de francophones a été sous-estimé.»

Un recensement un peu différent

Marc Melanson, chef de zone pour les provinces Atlantiques chez Statistique Canada, affirme que ceux qui récoltent les données du recensement misent sur le fait qu’une grande partie de la population choisira de remplir le formulaire en ligne.

Les gens recevront une lettre ou un questionnaire papier par la poste avec un code qui peut être utilisé pour remplir le questionnaire en ligne.

Cela permet de limiter le nombre de personnes qui ont à se rendre sur place pour aider les gens à répondre aux questions. Cela est encore plus essentiel en pandémie, selon Marc Melanson.

«En 2016, environ 70% des participants au recensement avaient rempli un formulaire en ligne. Cette fois-ci, Statistique Canada vise 80%», dit-il en ajoutant que les gens auront aussi l’option de le remplir par téléphone ou de demander à recevoir un formulaire par la poste.

Mais comme il sera parfois nécessaire d’assurer un suivi en personne, les agents du recensement redoubleront de précautions.

«On n’entre jamais dans la résidence, on garde deux mètres de distance et nos agents porteront deux masques.»

Il explique aussi qu’en raison des risques reliés au virus, le recrutement de travailleurs temporaires a été beaucoup plus difficile cette année.

«On a trouvé tout notre monde, mais à chaque recensement, on a du roulement de personnel Donc si quelqu’un veut encore postuler, ils le peuvent, parce que notre but est de finir le recensement à la fin juillet et c’est certain qu’on va avoir besoin de plus de monde pour le compléter.»

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