Un décès au Nouveau-Brunswick lié au vaccin d’AstraZeneca

Un patient néo-brunswickois est mort des suites d’un caillot sanguin après avoir reçu le vaccin d’AstraZeneca-Oxford contre la COVID-19.

La personne, âgée de 60 à 69 ans, a développé un caillot sanguin rare associé à de faibles taux de plaquettes, aussi connu sous le nom de thrombocytopénie immunitaire thrombotique.

La personne avait reçu une dose du vaccin Covishield, la version indienne d’AstraZeneca à la mi-avril. Des symptômes sont apparus sept jours plus tard. Elle s’est présentée dans une salle d’urgence afin d’être traitée et est décédée à l’hôpital deux jours plus tard.

L’identité, le sexe, et le lieu de résidence du patient demeurent confidentiels. C’est aussi «pour des raisons de confidentialité» que la santé publique refuse de préciser si l’état de santé de la victime a joué un rôle.

«J’offre mes sincères condoléances à la famille et aux amis endeuillés», exprime Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef.

C’est le deuxième cas de thrombose recensé au Nouveau-Brunswick. Deux autres cas font l’objet d’une enquête.

Il s’agirait du troisième décès lié à ce type de complications au Canada. À la fin avril, une femme de 54 ans est morte à Montréal des suites d’un caillot sanguin au cerveau après avoir reçu ce même vaccin. Mardi, l’Alberta a confirmé à son tour le décès d’une femme de 50 ans lié au vaccin AstraZeneca.

Malgré tout, le Nouveau-Brunswick continuera de recommander son utilisation pour les citoyens âgés de 55 ans et plus, a souligné Dre Russell, «parce que les répercussions de maladie sévère causée par la COVID-19 sont considérées plus importantes que les risques de conséquences néfastes du vaccin». Cette décision sera réévaluée au cours des prochaines semaines, ajoute la responsable de la santé publique.

«Parmi les centaines de milliers de doses du vaccin d’AstraZeneca qui ont été administrées dans le cadre de la campagne massive de vaccination au pays, il y aura de rares cas de thrombose. Cependant, les risques restent minimes comparativement aux risques, aux complications et aux conséquences possibles de la COVID-19.»

Environ 44 000 doses du vaccin AstraZeneca ont été distribuées jusqu’à présent à travers la province, et 4 000 sont encore en stock.

Les autorités sanitaires recommandent aux personnes ayant reçu ce vaccin de surveiller l’apparition de symptômes pendant deux semaines et de consulter en cas d’essoufflement, de douleur dans la poitrine, d’enflure des jambes, de douleur abdominale persistante, de symptômes neurologiques, comme des maux de tête sévères et persistants ou une vision trouble, ou d’ecchymoses ou petites taches de sang sous la peau au-delà du site d’injection.

Au cours des prochaines semaines, l’immense majorité des doses qui seront administrées proviendront de Pfizer-BioNtech ou de Moderna. «Je comprends que la nouvelle d’aujourd’hui va faire réfléchir les gens au sujet de la vaccination, mais je demande de suivre les directives de la santé publique», déclare la ministre de la Santé, Dorothy Shephard.

«Tous les vaccins que nous utilisons sont approuvés par Santé Canada, ajoute-t-elle. Ne laissez pas la nouvelle tragique d’aujourd’hui arrêter les progrès réalisés par notre province.»

Mercredi, 279 259 Néo-Brunswickois avaient reçu au moins une première dose de vaccin contre la COVID-19, soit 38% de la population de plus de 16 ans.

Ce décès intervient peu après que le Comité consultatif national d’immunisation (CCNI) ait fait part de certaines réticences. Lundi, ce comité indépendant composé d’experts bénévoles a recommandé aux Canadiens qui le peuvent de privilégier les vaccins à ARNm actuellement produits par Pfizer et Moderna que les vaccins à base de vecteur viral fabriqués par AstraZeneca et Johnson & Johnson.

Il suggère que les Canadiens qui sont moins susceptibles de contracter la COVID-19 peuvent attendre qu’une dose du vaccin Pfizer ou Moderna soit disponible. Le comité a précisé qu’il avait réévalué le risque d’une thrombose liée aux vaccins. Il est désormais de 1 sur 100 000 pour le vaccin d’AstraZeneca, contre 1 sur 250 000 pour le vaccin de Johnson & Johnson.

Mardi, Dominic Cardy, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, a fait une sortie remarquée en appelant les Néo-Brunswickois à ignorer ces recommandations et «prendre le premier vaccin disponible».

«Si un vaccin est approuvé par la santé publique et approuvé par Dre Russell et son équipe, prenez le vaccin. Ignorez le CCNI. Ignorez les militants anti-masques. Ignorez ceux qui remettent en doute la science et faites votre part pour le Nouveau-Brunswick, a-t-il lancé lors du point de presse. Ceux qui ébranlent la crédibilité de la campagne de vaccination doivent être tenus responsables.»

On ne sait pas encore quand le Canada recevra d’autres vaccins d’AstraZeneca. Les vaccins de Johnson & Johnson ont été mis de côté en raison de préoccupations concernant la qualité du produit.