Une première pompière à la brigade d’Eel River Dundee

Le jour, Chantal Roy est éducatrice en service de garde. Lorsqu’elle revient chez elle après son quart de travail, la jeune femme âgée de 20 ans à peine revêt toutefois un autre habit, celui de pompière.

Depuis une semaine, Chantal fait officiellement partie de la brigade de pompiers volontaires d’Eel River Dundee. Elle y est d’ailleurs la seule pompière. En fait, c’est la toute première femme à rejoindre cette brigade depuis sa création en 1948.

«C’est un peu un rêve qui se réalise, car j’ai toujours voulu devenir pompière. Mon but c’est de faire une différence dans la vie des gens, et c’est exactement ce que ça va me permettre de réaliser», raconte-t-elle.

Et elle n’aura pas eu à attendre bien longtemps avant d’avoir son baptême du feu. Quelques jours seulement après avoir été officialisée dans ses fonctions, elle a été appelée sur la scène d’un incendie résidentiel à Charlo, sa brigade ayant été appelée en renfort.

«C’était vraiment intense comme première expérience. Puisque je ne fais que commencer, on m’a montré plein de choses. J’ai même pu tenir la lance d’incendie. C’était vraiment incroyable», souligne-t-elle.

La brigade d’Eel River Dundee est en bonne santé. Elle compte notamment une trentaine de pompiers volontaires, dont plusieurs jeunes grâce, entre autres, à un programme de pompiers juniors visant à initier les jeunes de moins de 18 ans au métier.

Chantal est bien au fait qu’elle est la première pompière de sa communauté, mais elle ne s’en formalise pas outre mesure.

«On dit souvent que c’est un métier d’homme, mais moi je suis persuadé de pouvoir faire le travail. Ça va me prendre de l’entraînement, il faudra aussi que je me garde en forme, mais je suis prête à relever le défi», dit-elle.

Bien que son adhésion soit toute récente, elle dit avoir le sentiment de déjà faire partie de l’équipe, de la famille. Si elle n’a aucun problème à faire sa trace dans cette brigade toute masculine, elle ne dirait toutefois pas non à un peu de compagnie féminine.

«Ce n’est pas parce que je suis entouré d’hommes, mais plutôt parce que je trouve cela bien que les femmes s’impliquent dans tous les domaines. J’encourage vraiment les femmes à joindre la brigade, il y a de la place pour nous», lance-t-elle.

Enfin!

«Ça aura pris du temps, mais on est bien content d’enfin compter sur un peu de sang féminin dans ses troupes.»

Chef pompier d’Eel River Dundee, Aurèle Aubé, se dit ravi de voir qu’une jeune femme a rejoint les rangs de sa brigade.

Selon lui, ce n’est pas la première à démontrer un intérêt pour le métier, mais bien la première à se rendre jusqu’au bout du processus. M. Aubé peut se compter privilégié, car les pompières sont une denrée rare dans les brigades du Restigouche.

«Il y en a très peu, et certaines brigades n’en ont pas du tout, comme c’était notre cas jusqu’à tout récemment. Mais moi j’aime ça, j’aime qu’on ait de la diversité. Chantal a ouvert une porte en intégrant notre brigade, on verra si d’autres voudront suivre son exemple», mentionne-t-il.

Bien que dans la brigade, la nouvelle pompière ne peut encore tout faire par elle-même. En période de formation comme toute bonne recrue, elle devra commencer en bas de l’échelle, exécuter des tâches plus limitées au départ.

«C’est certain qu’on ne la mettra pas en partant sur la ligne d’attaque. Mais déjà on sent qu’elle est motivée à apprendre, qu’elle veut s’améliorer. Et c’est la meilleure attitude à avoir», soutient le chef pompier.

Lundi, le maire de la municipalité, Mario Pelletier, a tenu à souligner l’arrivée de cette première représentante de la gent féminine dans l’équipe. Il s’est personnellement rendu à la brigade pour l’accueillir.

«C’est une fierté pour notre village. On trouve cela vraiment intéressant de voir que des femmes s’intéressent enfin à notre brigade. Ça prend cela, ça prend de la relève, et ça mérite définitivement d’être souligné», dit-il.