Péninsule: le bruit d’une usine empêche un couple de profiter de sa retraite

Alors que le beau temps semble enfin là pour rester, Clarence et Rita Mallet n’ont pas l’impression qu’ils vont pouvoir beaucoup profiter de la vie dans leur petite cour arrière à Saint-Simon, dans la Péninsule acadienne. Le bourdonnement continuel provenant d’une usine de transformation de fruits de mer à proximité est devenu une source de malaise grandissant.

Le couple à la retraite habite dans sa petite maison depuis près de 50 ans et la construction de leur demeure précède l’arrivée de l’usine de transformation de fruits de mer, aujourd’hui connue sous le nom de Bolero Shellfish Processing. L’usine est située à un jet de pierre de la résidence.

Le problème ne date pas d’hier, raconte-t-on, mais on a l’impression qu’il est devenu plus intense au fil des années.

«Les machines, le système de réfrigération, la ventilation… ça roule toute la nuit. On ne peut plus dormir. Ça vibre souvent à l’intérieur», raconte la fille du couple, Jocelyne Mallet.

Elle est surtout préoccupée pour la santé de ses parents, âgés de 70 ans et de 72 ans. Elle dit avoir pris contact avec le ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux pour se plaindre ainsi qu’avec des élus de la région pour de l’aide, mais jusqu’à maintenant, elle n’a pas l’impression que les choses ont changé de manière concrète.

Pour être clair, elle reconnaît que l’usine représente un atout pour l’économie de la Péninsule, d’ailleurs, ses parents y ont travaillé il y a plusieurs années lorsque l’entreprise appartenait à des intérêts locaux. La famille souhaite surtout que Bolero prenne des mesures pour réduire le bruit, particulièrement la nuit.

«À notre retraite, on espérait avoir de la tranquillité, mais c’est le contraire», dit Clarence Mallet.

Pour le couple, il n’est pas question de déménager.

«Notre maison est payée. C’est notre chez-nous. C’est notre maison. On ne va pas déménager», ajoute son épouse, Rita.

Avec le temps, le nombre de résidences habitées dans ce secteur de Saint-Simon a diminué, mais Mario Hébert, qui demeure dans la maison en face de celle des Mallet, a aussi l’impression que le bruit de l’usine nuit à la vie tranquille à Saint-Simon.

Bien que le bruit soit un peu moins fort chez lui, il demeure constant.

«Ce n’est pas plaisant. C’est une usine qui a grandi avec les années. Ça change la tranquillité d’un village.»

Jean-Claude Doiron, président du DSL de Saint-Simon, a pris connaissance du dossier mardi matin.

«C’est une situation préoccupante pour eux. Ce n’est pas normal que des gens aient à vivre un bruit excessif. D’après ce qu’on m’a dit, la nuit, quand toutes les machines sont en marche, c’est assez bruyant.»

M. Doiron a l’intention de continuer de s’informer sur le contexte de la situation.

«Je voudrais voir des deux côtés s’il y a une possibilité d’améliorer la situation. On ne voudrait certainement pas qu’il y ait des confrontations inutiles.»

De son côté, Serge Haché, directeur des opérations chez Bolero, affirme que des mesures ont été prises récemment pour réduire le bruit. Il dit être au courant de la plainte en cours. Selon lui, des mesures de son ont déterminé que le niveau s’élevait à 64 décibels, ce qui serait en dessous des limites provinciales.

Selon l’échelle des décibels, 64 db équivalent «au bruit dans une voiture qui roule» ou d’une balayeuse.

D’après Travail sécuritaire NB, on recommande de mesurer le niveau sonore lorsqu’on a des raisons de croire que le niveau sonore peut dépasser 80 décibels (soit l’équivalent d’une circulation automobile dense). Les pertes auditives temporaires ou permanentes peuvent commencer lorsqu’on est exposé à des niveaux sonores de 85 décibels (soit le bruit d’un camion ou d’une moto) et plus.

«On a fait les prises de sonorité. Il n’y a rien d’anormal. On attend quand même la réponse officielle du ministère de l’Environnement à la plainte», a expliqué M. Haché.