Les tensions s’intensifient entre Parcs Canada et la famille de Jackie Vautour

Les tensions s’intensifient entre Parcs Canada et la famille de feu Jackie Vautour quant à savoir qui est le propriétaire légitime de terres dans le parc national Kouchibouguac.

M. Vautour a mené une bataille de 50 ans contre l’expropriation de terres avant sa mort en février dernier, affirmant qu’il était Métis-Acadien et que le secteur était un territoire mi’kmaq non cédé.

Parcs Canada a écrit deux lettres depuis le début du mois d’avril demandant que les biens de M. Vautour soient retirés de la propriété et accusant la famille d’intrusion.

À la suite de la première lettre, le fils de Jackie Vautour, Edmond, a qualifié les démarches de Parcs Canada, deux mois seulement après la mort de son père, de « honteuses ».

Il a refusé une offre de Parcs Canada de déplacer des structures et des biens du territoire, et l’avocat Michael Swinwood de l’organisation à but non lucratif Elders Without Borders a envoyé une lettre à Parcs Canada. Le groupe se décrit comme étant dédié à la préservation des enseignements des aînés autochtones.

« Veuillez noter que nous vous avertissons par la présente que rien ne doit être dérangé à la résidence de Mme Yvonne Vautour dans le territoire mi’kmaq non cédé, a écrit M. Swinwood. Elders Without Borders continue d’agir pour Keptin Stephen Augustine, du Grand Conseil mi’kmaq, et tiendra Parcs Canada responsable de toute intrusion sur les terres de (la famille) Vautour et demandera des dommages-intérêts élevés si cet avis n’est pas respecté. »

M. Augustine dit que le secteur est un territoire mi’kmaq non cédé et il a dit à la famille Vautour qu’elle pouvait continuer à y vivre.

James Rossiter, un avocat de Parcs Canada a répondu à l’organisme à but non lucratif le 29 avril, pour dire que la réclamation de M. Augustine est une affirmation de titre et que « la preuve finale de la réclamation ne peut être assumée ni imminente ». La question est devant les tribunaux, mais aux premières étapes de la procédure.

La lettre de Parcs Canada poursuit en disant que « l’occupation des terres du parc national Kouchibouguac sur le site du campement de Vautour » est illégale en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et constitue une intrusion et une nuisance publique.

« Avec le décès de M. Vautour, la base de la clémence n’est plus effective concernant la poursuite de l’occupation illégale. L’inaction continue de Parcs Canada ne peut plus être appuyée », a écrit M. Rossiter.

Elders Without Borders a répondu à la deuxième lettre en avertissant Parcs Canada de ne pas tenter de retirer la propriété du terrain et de faire de l’agence fédérale l’occupant.

« Toute action de Parcs Canada pour agir en tant qu’administrateur de terres autochtones non cédées équivaudra à une intrusion. Veuillez vous gouverner en conséquence », a écrit l’organisation.

Edmond Vautour a déplacé une remorque sur la propriété et a déclaré qu’il prévoyait de passer l’été et l’automne là-bas avec sa mère et son frère. Il a dit qu’il rencontrerait dimanche des avocats et des représentants de 68 autres familles qui ont été expropriées du terrain.

« Nous allons avoir une bonne discussion sur les prochaines étapes », a-t-il déclaré dans une entrevue cette semaine.

Les responsables de Parcs Canada ont refusé de commenter la situation, faisant référence à une déclaration publique le 14 avril. Dans la déclaration, l’agence dit qu’elle cherche à honorer le passé tout en regardant vers l’avenir du parc national Kouchibouguac. Et elle réitère l’offre d’aider les membres de la famille Vautour à retirer leurs biens du parc.