Les politiciennes gagnent du terrain au Nouveau-Brunswick. Les trois grands centres de Moncton, Fredericton et Saint-Jean seront sous la gouverne de mairesses, et les électeurs ont favorisé des femmes dans plusieurs municipalités de la province.

Dawn Arnold a été réélue à la mairie de Moncton, tandis que Kate Rogers, à Fredericton, et Donna Reardon, à Saint-Jean, ont été élues à des postes de maires qui étaient auparavant détenus par des hommes.

Dawn Arnold se dit encouragée par le fait que les électeurs ont favorisé des femmes dans les deux autres grands centres urbains de la province.

«Nous sommes déjà entrées en contact et je suis certaine qu’il y aura une collaboration encore meilleure (entre nous)», dit la mairesse de Moncton, en ajoutant qu’elle s’entendait aussi bien avec les maires sortants Don Darling et Mike O’Brien.

Elle estime que la présence de femmes dans ces postes importants permettra aussi d’inspirer davantage de jeunes femmes à se lancer en politique.

«Je pense que c’est très significatif, indique la nouvelle mairesse de Fredericton, Kate Rogers. Je regarde ça et je me dis qu’entre nous trois, il y a beaucoup d’expertise, et il y a une perspective unique que les femmes apportent à la table.»

Elle croit que les villes seront appelées à collaborer davantage dans le cadre de la réforme municipale. Selon elle, les trois nouvelles élues se rencontreront probablement au cours des prochains jours.

«Je crois que c’est intéressant, que les femmes se portent candidates et qu’elles sont élues. Je suis très intéressée de voir comment cette dynamique va changer le paysage de la politique municipale», mentionne pour sa part Donna Reardon, mairesse de Saint-Jean.

Ces trois femmes ne sont pas les seules à avoir réussi leur pari.

Kim Chamberlain a remporté haut la main l’élection pour la mairie de Bathurst, ce qui signifie que la moitié des huit municipalités membres de l’Association des cités du N.-B. sont maintenant gouvernées par des femmes.

À Dieppe, les citoyens ont élu trois conseillères générales, et le conseil municipal comportera autant de femmes que d’hommes.

À Grande-Anse, Thérèse Haché sera mairesse d’un conseil municipal composé de quatre femmes.

De façon générale, les candidatures se sont rapprochées davantage de la parité lors de cette élection municipale par rapport à celle de 2016, selon des chiffres compilés par l’Association francophone des municipalités du N.-B.

Des 1089 personnes candidates aux élections, environ 33% étaient des femmes, alors que ce taux se trouvait à 27% en 2016.

Toutefois, la «zone paritaire» de 40% de candidatures féminines n’est pas encore atteinte, rappelle l’association dans un communiqué.

On y indique aussi que les femmes représentent 35% des conseils municipaux en 2021, contre 30% en 2016.

Joanna Everitt, professeure de sciences politiques à l’Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean, se spécialise dans la participation des femmes en politique.

Elle estime que le travail d’associations de municipalités pour conscientiser le public et encourager la participation politique des femmes a probablement eu son rôle à jouer dans l’élection de davantage de femmes dans cette élection municipale et dans l’élection provinciale de 2020.

«On fait des progrès, mais il y a encore un bout de chemin à faire avant qu’on puisse dire que les femmes ont atteint le même niveau d’influence politique que les hommes au Nouveau-Brunswick», dit-elle.

Gouverner différemment

Joanna Everitt affirme que l’importance de la participation de femmes en politique peut aussi se refléter dans la prise de décisions.

La politologue explique que de façon générale, des organismes de gouvernance qui ont des membres plus diversifiés tendent à refléter la pluralité d’intérêts de la population qu’ils représentent.

«Il y a beaucoup d’éléments de preuve qui démontrent que la diversité au sein d’un conseil d’administration ou un conseil municipal donne lieu à des perspectives et des enjeux différents, et à de différentes solutions pour y remédier.»

Selon elle, des champs de recherche portent sur les différences entre les enjeux qui occupent l’esprit des femmes et des hommes en politique.

«Les priorités et les préoccupations des femmes tendent à être différentes de celles des hommes. Les hommes, en moyenne, accordent la priorité à des enjeux économiques par exemple, alors que les femmes tendent à prioriser (d’autres enjeux) tels que l’éducation, les services sociaux et la sécurité de leurs communautés», résume la professeure.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle