Routes plus sécuritaires? Oui. Réduire sa vitesse? Non!

Si la majorité des Canadiens veulent des routes plus sûres, seuls 21% sont prêts à réduire leur vitesse pour y parvenir. C’est du moins ce que démontre le nouveau sondage réalisé par Ipsos pour Parachute, l’organisme de bienfaisance national canadien dédié à la prévention des blessures.

Il existe un fossé important entre l’opinion et les actions des conducteurs canadiens.

Selon un nouveau sondage, la majorité est d’accord pour dire que chacun doit participer pour améliorer la sécurité des routes et 78% (65% dans les provinces atlantiques) estiment que les blessures causées par les accidents de la route sont évitables.

Pourtant, ils sont beaucoup moins nombreux à vouloir changer leurs habitudes pour améliorer la situation.

À l’échelle nationale, les données révèlent que seuls 21% des conducteurs sont prêts à soutenir la réduction des limitations de vitesse dans leur communauté pour rendre les rues plus sûres.

«Ce qui nous surprend particulièrement, c’est que l’impact de la vitesse n’est pas reconnu par le public comme étant la première cause des décès et des blessures sur les routes», a commenté Sandra Padovani, porte-parole pour l’Organisme Parachute.

En fait, les quelque 1000 répondants ont identifié dans les piétons au téléphone (65%), les piétons qui envoient des SMS (63%), les conducteurs sous l’emprise du cannabis (64%) et les conducteurs agressifs ou qui envoient des SMS au volant (57%) comme étant les dangers routiers les plus importants.

«Bien entendu, ces pratiques sont loin d’être louables, mais on se rend compte que la faute est beaucoup remise aux usagers vulnérables alors qu’on sait bien que la vitesse est la plus meurtrière», a poursuivi Mme Padovani.

Au Canada, les excès de vitesse sont la cause d’un décès de la route sur quatre.

Avec la conduite agressive, ils constituent aussi le facteur de risque le plus important pour les blessures graves.

Dans les provinces de l’Atlantique, 70% des conducteurs reconnaissent le danger des excès de vitesse sur l’autoroute et 85% dans les zones scolaires.

Cela dit, 51% avouent conduire dangereusement à l’occasion.

«Nous, on pense que la réduction de la vitesse n’est pas encore assez ancrée dans les mœurs et les habitudes. Il y a 40 ans, quand la ceinture de sécurité est devenue obligatoire, elle n’était pas vue comme quelque chose qui pouvait sauver des vies et pourtant maintenant, ça nous paraît tout à fait normal. De la même façon, je pense que les mœurs doivent changer par rapport à la vitesse», a ajouté la porte-parole.

Dans le cadre de ce sondage, Ipsos a aussi interrogé les répondants à savoir quelles mesures ils soutiennent, outre la réduction des limites de vitesse.

Ils ont choisi les arrestations pour conduite en état d’ivresse (58%), les contrôles de police pour conduite en état d’ivresse (52%) et les pistes cyclables séparées (48%), les arrestations pour distraction au volant (44%), les passages pour piétons marqués (44%) et les feux de circulation avancés pour les piétons (42%).

D’autres mesures dont l’efficacité a été prouvée, comme l’interdiction de tourner à droite aux feux rouges, les intersections surélevées, les ronds-points et le contrôle automatisé de la vitesse, ont reçu moins de soutien.

«Ces données vont nous aider à orienter notre message de prévention et être le plus pertinent possible pour informer la population et, bien entendu, sauver des vies», a indiqué Mme Padovani.

Les résultats du sondage seront aussi partagés avec plus de 600 organismes professionnels de sécurités routières à travers le pays pour guider leurs interventions.