Une étude dont les résultats sont publiés lundi conclut à l’existence de nombreuses problématiques auxquelles sont confrontés les chercheurs francophones au Canada, en particulier ceux oeuvrant en milieux minoritaires.

L’étude universitaire réalisée avec l’Acfas, une association qui fait la promotion de la recherche et l’innovation dans l’espace francophone, fait état d’un manque de soutien et de reconnaissance, de tâches administratives et d’enseignement plus lourdes et de difficultés à organiser des événements scientifiques en français.

La recherche intitulée « Portrait et défis de la recherche en français en contexte minoritaire au Canada » signale aussi l’existence de pressions de publier en anglais, l’emploi de plus en plus fréquent de l’anglais pour les demandes de subventions et un désavantage, dans certains cas, lorsque les demandes sont présentées en français.

En milieux francophones minoritaires, où les universités sont plus petites, la charge d’enseignement est souvent plus élevée et l’accès à des auxiliaires d’enseignement et à des services pour préparer des demandes de subventions est plus difficile, ce qui réduit le temps disponible pour réaliser de la recherche.

Les répondants qui ont participé à l’étude affirment que les publications en français sont moins valorisées et ont un impact moindre sur l’avancement de leur carrière.

Les publications en sciences naturelles et de la santé se font presque exclusivement en anglais alors qu’en sciences humaines et sociales, l’anglais gagne de plus en plus de terrain. De plus, environ 90 % des nouvelles revues qui ont vu le jour au Canada depuis 2005 sont de langue anglaise, ce qui laisse très peu de place aux revues bilingues et à celles de langue française.

L’étude précise que les chercheurs francophones qui présentent des demandes en français auprès des instituts de recherche en santé du Canada sont désavantagés.

Neuf recommandations sont proposées pour valoriser davantage la production scientifique francophone au pays.

La recommandation principale prône la création d’un service d’aide à la recherche en français qui aurait notamment pour rôle d’offrir des services de soutien et de valorisation de la production scientifique en français. Certaines autres visent à aider les chercheurs tandis que d’autres visent à appuyer les universités et les organes de l’édition savante.

Dans un environnement où l’anglais domine largement, les auteurs de l’étude affirment que la mise en ?uvre de ces recommandations et des mesures proposées est essentielle afin de maintenir une production scientifique en français et de la rendre accessible à la population francophone.

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