Les campeurs seront-ils de retour en grand nombre?

Enfin. Un espoir de jours meilleurs pour le camping Edmundston qui, lors de l’arrivée de la COVID-19, se relevait à peine d’une importante inondation provoquée par la pluie et la fonte des neiges en 2018. Si son propriétaire demeure prudent, l’ouverture du week-end dernier laisse entrevoir un pas dans la bonne direction.

Kevin Marmen et sa conjointe ont acheté le terrain de camping Edmundston au début de l’année 2020, sachant qu’il y avait beaucoup de pain sur la planche.

«Quand on a acheté, on avait déjà prévu que nos chiffres seraient plus bas et qu’il y aurait moins d’achalandage puisque le camping avait été fermé pendant un été complet en 2019», a expliqué M. Marmen, mardi.

Le couple d’Edmundston était toutefois loin d’imaginer à ce moment qu’une pandémie mondiale était sur le point de forcer la fermeture des frontières.

«Le propriétaire d’avant était découragé par les bris causés par les inondations sur le terrain, donc il a décidé de mettre la clé sous la porte. On s’attendait en faisant notre plan d’affaires que ce serait déjà un peu difficile à redécoller, mais avec la pandémie, ça fait un coup encore plus dur.»

Pour compliquer encore les choses, la création de la bulle atlantique, en juillet 2020, a incité les Néo-Brunswickois à délaisser les attractions du Nord-Ouest pour voyager vers le sud.

M. Marmen a connu une première saison difficile, avec seulement une fraction de l’achalandage habituel.

Un nouveau départ

Cet été, l’homme d’affaires garde ses attentes au minimum.

Il se dit toutefois ravi du lancement qui s’est déroulé la fin de semaine dernière.

«Nous étions pratiquement pleins, c’était vraiment agréable. Nous avions beaucoup de visiteurs qui sont des connaissances de gens qui sont venus l’an dernier ou qui en avaient entendu parler par des amis.»

Le camping Edmundston a aussi quelques réservations de touristes québécois et ontariens en vue de l’assouplissement des restrictions frontalières.

Son propriétaire espère que ceux-ci seront nombreux une fois l’ouverture concrétisée.

«On mise là-dessus, parce qu’au départ, le camping n’était pas autant fréquenté par des saisonniers que des touristes, pour différentes raisons», a-t-il souligné.

M. Marmen s’efforce d’attirer davantage de gens locaux sur le terrain. Il en avait fait un objectif même avant la pandémie.

Les touristes de passage à Edmundston sont néanmoins cruciaux à la relance, selon lui.

«On souhaite avoir plus d’achalandage avec les touristes qui sont de passage à Edmundston cet été. On veut capitaliser là-dessus.»

Pour l’instant, le propriétaire fait savoir qu’une vingtaine de sites sur soixante sont prêts à accueillir des campeurs.

Il envisage qu’une vingtaine d’autres seront disponibles d’ici quelques semaines et que l’ensemble des sites sera fonctionnel en juillet.

«Nous sommes encore loin de ce que c’était deux étés passés, c’est certain. Mais on s’améliore et on travaille fort sur ce gros projet.»

Le Camping Edmundston se situe aux abords de la rivière dans le secteur iroquois.

Il était anciennement connu sous le nom de Riverside RV Park.

«Il y a encore des gens qui sont sceptiques et ne réservent pas»

Les Néo-Brunswickois sont déjà au rendez-vous dans les terrains de camping cette année. La saison s’annonce bonne, du moins à Bathurst et à Caraquet.

Les écoliers n’ont pas encore fermé leurs cahiers et pourtant, plusieurs adeptes de campings ont déjà regagné leurs terrains préférés.

Lise Thériault, la copropriétaire des campings Colibri à Caraquet, estime que les Néo-Brunswickois étaient impatients de changer d’air.

«Les gens veulent sortir de chez eux, mais demeurer près de la maison au cas où il arriverait quelque chose. Ils sont beaucoup plus aux aguets que les années précédentes», a-t-elle souligné, mardi.

Au Colibri, les fins de semaine sont déjà assez achalandées depuis l’ouverture, le 21 mai.

«Les (visiteurs) sont majoritairement des gens de la Péninsule acadienne et nos saisonniers sont au rendez-vous», s’est réjoui la propriétaire.

Si la saison semble démarrer d’un bon pied, Mme Thériault précise qu’il est encore trop tôt pour parler d’un «retour à la normale.»

«Ça semble mieux s’enligner que l’année passée, mais pour savoir si l’achalandage sera semblable à 2018 et 2019, je ne peux pas me prononcer présentement. Il faudra attendre», a-t-elle indiqué.

«Il y a encore des gens qui sont sceptiques et ne réservent pas. Il y a aussi le fait que nos frontières ne sont pas ouvertes et que plus de 70% de nos touristes, dans le nord du Nouveau-Brunswick et surtout dans la Péninsule acadienne, sont québécois.»

Au camping Youghall à Bathurst, les affaires vont bon train.

Josh Abernathy, le propriétaire, affirme que le terrain n’est pas plein, mais «très occupé» pour un début de saison.

«Chaque année, nous avons de plus en plus de visiteurs parce que les gens se passent le mot et nous découvrent», a-t-il témoigné.

Malgré la pandémie, le camping Youghall est sur une lancée.

Cet été, on espère même y accueillir un nombre record de visiteurs.