Moins de feux de forêt malgré la chaleur

L’été semble en avance de quelques semaines cette année, et les températures anormalement chaudes des derniers jours sont là pour le confirmer. Mais si le beau temps s’est pointé un peu plus tôt, cela ne semble pas avoir d’incidence sur les feux de forêt. La saison demeure toutefois encore jeune.

En raison du temps chaud, sec et très venteux des derniers jours, le niveau d’incendie de l’ensemble de la province est pourtant passé au rouge lundi. Cela signifie qu’il est interdit de faire des feux à ciel ouvert. Les équipes de lutte aux incendies du ministère des Ressources naturelles sont également mises sur un pied d’alerte.

Elles ont déjà dû intervenir lundi afin de combattre un feu de forêt sur une ancienne coupe à blanc dans le secteur de Lac Caron, près de Lac Baker. Les brigades d’incendies des environs armés de bulldozers ont participé à l’exercice, appuyés par trois avions-citernes. Une trentaine de pompiers ont œuvré aux opérations.

Selon Roger Colette, agent de prévention des incendies de forêt au ministère, le brasier aurait été allumé dans les règles par un propriétaire avant le passage à la phase rouge. En tout, plus de huit hectares de forêts auraient été touchés. Mardi en début de journée, le brasier était toujours actif.

«C’est un bon feu. Aux dernières nouvelles, il était maîtrisé. L’avantage en début de saison, c’est qu’ils sont surtout de surface. Ils se rendent rarement jusqu’aux racines. Les risques qu’ils redémarrent sont donc moindres», explique-t-il.

En dépit d’un printemps et d’un été hâtif, les équipes de luttes aux incendies ont été moins sollicitées qu’à l’habitude depuis le début de la saison fin avril. Ainsi, 117 feux de forêt ont été répertoriés jusqu’à présent. C’est en deçà de la moyenne de 166 brasiers au cours des dix dernières années. L’an dernier à pareille date, on en comptait 243. Cette diminution a également un impact sur la superficie boisée détruite, soit le nombre d’hectares de forêts partis en fumée. En moyenne à cette période-ci de l’année, on parle de 293 hectares. Ce nombre se situe actuellement à 215, loin derrière les 1116 hectares de 2020.

«On n’est vraiment pas dans une mauvaise position actuellement. Ça va même plutôt bien si l’on tient compte que le temps chaud est arrivé plus tôt. Heureusement, nous avons eu également de bonnes quantités de pluies en avril et en mai, ce qui a aidé à conserver un bon taux d’humidité. Malgré tout, il arrive toutefois, comme à Lac Baker, qu’on doit lutter contre un incendie un peu plus virulent», souligne Colette.

Ce dernier l’avoue, les températures chaudes que l’on connaît depuis quelques jours sont inhabituelles et pourraient devenir problématiques si elles perdurent.

«Les périodes très chaudes et de sécheresses surviennent généralement au tout début de la saison et plus tard, vers la fin juillet début août. Si l’été arrive plus tôt, est-ce que l’on pourrait voir la saison des incendies arriver plus tôt également? C’est une possibilité, mais c’est vraiment la météo qui va déterminer le tout. Jusqu’ici, les précipitations ont quand même été encourageantes. Mais c’est difficile de prévoir pour le reste de l’été», dit-il.