Tourisme: de meilleurs jours à l’horizon

Tout en demeurant réaliste dans ses objectifs, l’industrie touristique de la Péninsule acadienne est prête pour l’été 2021. Les progrès réalisés dans la lutte contre la COVID-19 laissent espérer que de meilleurs jours sont à l’horizon.

Sans surprise, l’année 2020 s’est avérée désastreuse pour le tourisme dans la province et au pays. Le taux d’occupation des hébergements et la fréquentation des principaux sites ont connu des baisses importantes.

Au Village Historique Acadien, à Bertrand, qui accueillait ses premiers clients de l’été mardi matin, le déclin de 2020 a été d’environ 80% par rapport à 2019. Le populaire site historique a enregistré un total de 9439 entrées.

Sylvain Godin, directeur général du VHA, a bon espoir que l’été 2021 pourrait apporter un plus grand nombre de visiteurs dans la région. Cependant, il reste raisonnable quant aux attentes.

«Notre but cet été est d’augmenter de 15% le nombre d’entrées sur le site par rapport à 2020, ce qui équivaut à une augmentation d’environ 2000 personnes.»

Comme le Village Historique Acadien, le comité touristique de l’île Miscou s’attend à une légère hausse du nombre de visiteurs. L’an dernier, environ 12 000 personnes ont visité le phare de l’île, un lieu historique national, une baisse d’environ 50%.

«Comme tout le monde, c’est notre première pandémie, donc on fait comme on peut. D’après moi, l’été sera quelque part entre l’an dernier et une année normale. Je ne pense pas qu’on va voir 25 000 personnes, mais on peut se dire peut-être 15 000 à 17 000 visiteurs. On peut dire qu’on prévoit une meilleure saison par rapport à l’an dernier», dit Neil Vibert, membre du comité touristique de l’île Miscou.

Miser sur les anglophones

Afin de stimuler le tourisme, le gouvernement provincial a mis en place certains incitatifs permettant aux touristes du Canada Atlantique de profiter d’un rabais de 20% s’ils passent au moins une nuitée dans un hébergement reconnu au Nouveau-Brunswick.

Bien que l’impact de l’absence des Québécois, qui peuvent constituer plus de la moitié des visiteurs dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, s’est fait ressentir en 2020, Yannick Mainville, directeur du développement touristique à l’Office du tourisme de la Péninsule acadienne, constate un intérêt grandissant de la part des anglophones du sud de la province pour la région.

«On remarque une hausse du nombre de réservations de gens du sud de la province, particulièrement les anglophones et on croit que ces gens seront au rendez-vous. Par contre, on sait que leur présence ne sera pas suffisante pour la pérennité à long terme de l’industrie dans la Péninsule acadienne. Il faudra que les frontières avec le Québec et le reste du Canada ouvrent plus tôt que plus tard pour combler le manque de visiteurs.»

Ce changement de cap demande également d’importants ajustements. Alors que les Québécois et les touristes du reste du Canada dépensaient environ 1000$ durant leur séjour dans la région avant la pandémie, ceux du sud du Nouveau-Brunswick dépensent environ 300$.

«La clientèle anglophone est plus intéressée par l’histoire et la nature, alors que les Québécois sont plus axés sur la gastronomie et les fruits de mer. On ne peut pas vendre la région de la même façon.»

Augmenter l’offre

Même si la pandémie n’est pas encore terminée, les intervenants touristiques ont eu le temps de s’adapter à la situation et ils sont prêts à élargir l’offre. Le restaurant situé sur le site du phare sera ouvert sept jours sur sept à compter de la fin juin, alors qu’il était seulement ouvert les week-ends l’an dernier. La boutique de souvenirs, fermée l’an dernier, sera ouverte.

L’équipe du Village Historique Acadien a aussi profité de la tranquillité pour développer de nouveaux produits pour la gens de la région et les visiteurs de l’extérieur, comme le club de marche, Les sabots dorés et de nouvelles chambres d’évasion (escape room) créés en partenariat avec une entreprise privée.

Yannick Mainville mise aussi sur d’importantes attractions comme la populaire Véloroute, un réseau asphalté qui permet de visiter plusieurs régions de la Péninsule acadienne.

«On croit que la Véloroute sera un atout extrêmement important cet été.»