Affaire Ngola: Higgs dit avoir mémorisé des infos transmises par la Santé publique

Les informations que veut révéler Blaine Higgs au sujet du Dr Jean-Robert Ngola lui ont été transmises verbalement par la Santé publique lors d’une réunion, ce qui pourrait expliquer pourquoi ces infos n’ont pas été divulguées à la défense lors du procès.

Blaine Higgs a affirmé mardi qu’il veut révéler ce qu’il savait lorsqu’il a attribué l’éclosion de la zone 5 à un travailleur de la santé «irresponsable» en mai 2020.

Pour ce faire, M. Higgs demande que le Dr Jean-Robert Ngola Monzinga renonce à son droit à la vie privée pour éviter des répercussions.

Les avocats du Dr Ngola ont affirmé mardi que les avocats du gouvernement ont nié l’existence de documents émanant du Bureau du premier ministre en lien avec cette affaire. De telles informations auraient normalement dû être divulguées à la défense avant le procès.

Une lettre obtenue par l’Acadie Nouvelle mercredi confirme cette version des faits. Un avocat du gouvernement, Pierre R. Ouellette, a affirmé au procureur Sébastien Michaud, le 12 avril, que de tels documents n’existent pas au Bureau du premier ministre.

En mêlée de presse, M. Higgs affirme que les infos qu’il veut révéler lui ont été communiquées verbalement par la Santé publique lors d’une réunion du Cabinet ou du Comité multipartite du Cabinet sur la COVID-19, et que personne ne les a prises en note.

Il explique qu’il a constamment été informé des détails de différentes éclosions tout au long de la pandémie, et qu’il n’existe pas de copie physique ou électronique de ces informations.

Malgré l’absence apparente de preuve, le premier ministre affirme que ces infos sont gravées dans sa mémoire puisqu’il était alors bouleversé par le premier décès attribuable à la COVID-19 survenu lors de l’éclosion du Restigouche l’an dernier.

Il a cependant attribué l’éclosion à un travailleur médical «irresponsable» lors d’un point de presse le 27 mai, quelques jours avant que le premier décès ne survienne le matin du 4 juin chez un résident du Manoir de la Vallée d’Atholville.

Le premier ministre affirme toutefois qu’il savait déjà que des personnes «très âgées» avaient été exposées au virus et que leur vie était à risque lorsqu’il a décidé de parler de la prétendue source de l’éclosion.

«C’était un moment difficile pour moi personnellement.»

Le premier ministre dit qu’il s’est bien gardé d’identifier un individu en particulier à ce moment-là, même si «cela semble être arrivé par la suite» lorsque les rumeurs et les médias sociaux ont pris le relais.

Le docteur a fait face à une avalanche de commentaires haineux et racistes suite à ces événements.

«Le public pourra juger si ma pensée entourant tout ceci était appropriée ou non, mais je n’ai pas peur que chaque miette d’information soit publique.»

Le docteur Jean-Robert Ngola était accusé d’avoir omis de s’isoler à son retour d’un voyage conformément à l’arrêté obligatoire de l’état d’urgence. Cette accusation a été retirée vendredi.

Me Joël Étienne, l’un des avocats du Dr Jean-Robert Ngola, invite à nouveau le premier ministre à lui faire parvenir ces informations, même s’il trouve peu plausible qu’elles existent.

«Mardi, le public était porté à croire qu’il y avait des papiers secrets en possession du bureau du premier ministre. Maintenant qu’on a prouvé que ce n’est pas le cas, il nous revient avec des soi-disant communications orales de premier ordre mais non écrites (…) gravées dans la tête du premier ministre? C’est contraire à toute pratique de gouvernance et donc je n’y crois rien», dit l’avocat.

Le médecin et ses avocats menacent maintenant d’intenter des poursuites judiciaires si le premier ministre ne s’excuse pas d’ici vendredi.

Me Étienne a affirmé mercredi qu’une conférence de presse aura lieu vendredi pour discuter des prochaines étapes pour son client.

 

  • Avec des extraits de La Presse canadienne