Edmundston: sans nouvelles de son fils de trois ans depuis deux semaines

La vie de Jason Bélanger a basculé, il y a près de deux semaines, lorsque la mère de son fils de trois ans, qui habitait au Maine, aurait soudainement coupé les ponts. Depuis, l’homme d’Edmundston et sa famille remuent ciel et terre afin de retrouver la trace du petit qui serait rendu au Missouri avec son ex-conjointe.

Jason Bélanger et son fils partagent une très belle complicité, raconte Éric Bélanger, le parrain du petit.

Si le bambin vivait «officiellement» avec sa mère à quelques kilomètres d’Edmundston, du côté américain, il traversait régulièrement la frontière pour côtoyer son père, et ce, même pendant la pandémie.

«Elle avait toujours conservé son adresse permanente à Madawaska parce qu’elle travaillait là-bas», précise le frère de M. Bélanger au sujet de son ex-belle-sœur.

«Ça semblait bien fonctionner comme ça pour eux. Mais à un moment donné, comme plusieurs couples, et bien, ils ont décidé de se séparer.»

Le couple aurait tourné la page cet hiver, après quatre années ensemble.

Sans aucune entente légale pour la garde du petit, c’est à ce moment que les choses ont pris un virage cauchemardesque.

«À partir du mois de février, ça commence à être plus compliqué. C’était de plus en plus difficile pour mon frère de voir son petit, mais il se parlait quand même tous les jours par visioconférence. C’était important pour lui souhaiter bonne nuit tous les soirs.»

Le père aurait vu son fils la dernière fois le jour de son troisième anniversaire, le 19 mai.

De l’autre côté de la rivière Saint-Jean, il lui aurait envoyé la main, loin d’imaginer ce qui allait s’en suivre.

«Mon frère Jason est le genre de personne qui ne s’est pas méfié de tout ça. Il se disait que l’entente à l’amiable entre lui et son ex-conjointe était pour le bien du petit et qu’après la pandémie, il allait continuer une garde partagée(…)», a témoigné Eric.

«Jusqu’au jour où il m’a appelé et m’a demandé si j’étais capable de voir son ex-conjointe sur Facebook. Elle l’avait bloqué partout. Il m’a dit qu’il n’était plus capable de communiquer avec elle.»

Impossible de rejoindre la mère de l’enfant ni aucun membre de sa famille maternelle, précise le parrain: silence radio du jour au lendemain! «C’est là que Jason a commencé à paniquer (…) C’est un sentiment d’impuissance totale», lance-t-il.

Recours limités

La famille Bélanger aurait sollicité l’aide de la Force policière d’Edmundston et de la Force policière du Madawaska dans les jours qui ont suivi la disparition.

Comme l’enfant est né aux États-Unis et qu’il n’existe aucune entente légale pour sa garde, leurs recours sont limités.

Selon les informations de Radio-Canada, la Force policière du Madawaska, au Maine, aurait tout de même confirmé que l’ex-conjointe de M. Bélanger avait quitté son emploi et son logement afin de retourner au Missouri avec son fils.

La police aurait aussi assuré qu’un contrôle devait être effectué sur le bien-être de l’enfant à son arrivée dans la région natale de sa mère.

En espérant accélérer le processus et faire reconnaître ses droits parentaux, M. Bélanger se serait récemment tourné vers un avocat américain.

«En ce moment, c’est comme si la mère n’avait aucun compte à rendre à mon frère. Même si son nom est sur le certificat de naissance, même s’il était présent à l’accouchement, même s’il était présent dans la vie de l’enfant (…)», a ajouté son frère.

Une collecte de fonds a été lancée la semaine dernière pour aider la famille Bélanger à couvrir les frais judiciaires.

Des 50 000$ visés, 12 400$ avaient été amassés au moment d’écrire ces lignes.

«Nous ne sommes pas dans un combat pour avoir la garde, ce n’est pas ça le cas», a pris soin de préciser le frère de M. Bélanger, mercredi.
«On veut que le droit fondamental d’être papa soit reconnu, c’est pour ça que mon frère se bat tout de suite (…) Le droit pour mon neveu de recevoir l’amour de sa famille canadienne aussi. Je ne peux pas imaginer qu’il soit privé de ça. C’est vraiment inconcevable.»