Yvette Landry-Smith lève les bras au ciel lorsqu’on lui apprend que le Nouveau-Brunswick s’ouvre enfin au reste du pays. «C’est la nouvelle qu’on attend depuis si longtemps, je suis ravie», s’extasie la gérante des Chalets Parlee Beach, à Shediac.

Comme tant d’autres opérateurs touristiques de la petite ville portuaire, elle pousse un grand soupir de soulagement.

«Enfin du positif! Avant, on ne savait pas trop où on s’en allait.»

Au cours des prochains jours, elle pourra appeler ses clients de l’Ontario et du Québec pour leur confirmer qu’ils pourront bien venir prendre leurs vacances en bord de mer.

«Certaines personnes venaient ici chaque été. Ils ont hâte de nous retrouver. L’année dernière, on a dû annuler toutes les réservations faites depuis janvier», exprime Yvette Landry-Smith.

Son établissement d’hébergement n’avait pas pu remplir tous les chalets lors de la saison précédente: la majorité de la clientèle provient de l’extérieur de la province et la tendance au tourisme local n’a pas suffi.

«Cette fois, on vise le 100%», lance-t-elle avec un grand sourire.

Plus à l’ouest sur la rue Principale, le cuisinier et propriétaire du bistrot familial Chez Ange rêve lui aussi à des jours meilleurs. Cet immigrant français a ouvert son restaurant en pleine pandémie et n’a eu droit à aucune aide gouvernementale.

Ange Ojediaz compte sur le retour des touristes de l’extérieur du Nouveau-Brunswick pour sortir la tête hors de l’eau. – Acadie Nouvelle: Simon Delattre

Il attend avec une grande impatience la venue de milliers de vacanciers sur la côte du Sud-Est et une hausse de la fréquentation dans le centre-ville.

«Le retour des touristes, c’est une question de survie pour moi, confie Ange Ojediaz. Les locaux nous ont soutenus, mais l’hiver a été très difficile. Je n’ai pas pu me payer un salaire…»

L’industrie du tourisme connaîtra-t-elle un été faste après une année de vache maigre? C’est ce qu’espère Denise LeBlanc, copropriétaire de Croisières Shediac Bay.

Depuis le début de la pandémie, les croisières n’ont pas encore pu reprendre à leur rythme habituel. – Acadie Nouvelle: Simon Delattre

Amarré au quai de Pointe-Du-Chêne, son navire de croisière opère habituellement du 1er juin au 8 octobre, et accueille des touristes de tous horizons venus profiter d’une expérience de pêche et de dégustation de homard. Après une saison 2020, presque blanche elle souhaite pouvoir remonter la pente rapidement.

«Ça ne peut pas être pire que l’été 2020! On a perdu 84% de nos revenus l’an passé», souffle Denise LeBlanc.

L’incertitude demeure toutefois, car les règles de distanciation continuent de limiter grandement la capacité d’accueil du bateau. Et si chaque été entre 120 et 130 autobus de touristes étrangers font escale au quai, toutes ces tournées sont annulées jusqu’à la mi-août, note l’entrepreneure.

«Nous sommes très contents que les frontières s’ouvrent, reste à voir quel impact ça aura. On se tient les doigts croisés!»

Le ton est bien plus optimiste derrière le comptoir du Shediac Paddle Shop situé à deux pas de l’emblématique homard géant. Paulette LeBlanc a embauché deux étudiants de plus pour animer les activités nautiques sur la rivière Scoudouc. La propriétaire est persuadée que les touristes seront plus nombreux à venir louer ses embarcations.

«Chez nous les gens de l’extérieur représentent 40% de la clientèle, ça fait une grande différence, je prévois que les locations augmenteront de beaucoup», exprime Paulette LeBlanc.

«Je crois que le monde ici accueille la nouvelle à bras ouverts, c’est la fête tout de suite à Shediac!»

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