Ils étaient nombreux à attendre avec impatience de pouvoir entrer ou sortir du Nouveau-Brunswick sans la fameuse contrainte d’isolement.

L’engouement suivant l’ouverture des frontières n’a pas tardé à se faire ressentir. Au lendemain de l’annonce du passage en phase 1 du retour à la phase verte en début de semaine, les demandes d’enregistrements pour accéder au Nouveau-Brunswick, à la Bulle atlantique et aux deux secteurs québécois jumelés à la province – les MRC de Témiscouata et d’Avignon – ont connu une croissance exponentielle.

Selon des données obtenues de la Sécurité publique, un total de 942 demandes d’enregistrement de voyage ont été effectuées entre le 15 et le 16 juin en lien avec les provinces de la Bulle atlantique. Dans le Nord-Ouest, donc pour le secteur jumelé à la MRC de Témiscouata, 1664 demandes similaires ont été approuvées. La palme revient toutefois à la région d’Avignon en Gaspésie avec un impressionnant total de 4859 demandes d’enregistrement effectuées à l’intérieur de quelques heures seulement.

Toujours selon la Sécurité publique, les motifs de ces demandes d’enregistrement de voyage varient. Parmi celles soulevées à plusieurs reprises, notons visiter des membres de la famille ou des amis, magasiner… et jouer au golf.

«On voit bien à quel point le pont J.C. Van Horne est un engin économique important et essentiel pour notre grande région. En parlant avec quelques commerçants d’ici depuis l’ouverture de la frontière, on m’a confirmé ressentir les impacts. Cela a eu un effet positif immédiatement dans les commerces, les restaurants, etc. Ça fait du bien à tout le monde», souligne le maire de Campbellton, Ian Comeau.

Confusion

Qu’à cela ne tienne, si l’ouverture de la frontière fait des heureux, elle a néanmoins créé beaucoup de confusion. L’enregistrement est-il vraiment nécessaire à l’intérieur de la bulle? Quoi faire si l’on voyage à l’extérieur de celle-ci? Une preuve de vaccination est-elle demandée?

Le député de Restigouche-Ouest, Gilles LePage, s’est lui-même fait prendre au jeu par la confusion de ces directives, si bien qu’il a dû corriger le tir sur les médias sociaux.

«On aurait pensé qu’en près de 16 mois en pandémie, le gouvernement aurait réussi à améliorer sa façon de communiquer ses intentions, qu’il aurait exposé un plan et des consignes claires. Mais non. Ça fait pourtant plusieurs semaines qu’on savait que la réouverture des frontières approchait, mais on a quand même trouvé le moyen d’être floue. Depuis le début, ce n’est jamais clair, ça laisse place à interprétation», déplore ce dernier.

Cette confusion a d’ailleurs duré toute la journée de jeudi, notamment au niveau de la nécessité des enregistrements de voyage pour les territoires d’Avignon et de Témiscouata. Au départ, la consigne du gouvernement stipulait que les enregistrements étaient requis pour quiconque désirait entrer au Nouveau-Brunswick en provenance de ce territoire ou revenir après l’avoir visité. Mais cette consigne a changé en cours de journée.

«Il y avait énormément de confusion au sein de la population toute la journée (jeudi). La Sécurité publique m’a souligné en matinée que les enregistrements étaient obligatoires, puis on m’a convoqué en fin d’après-midi pour me dire que cette obligation venait de tomber. C’est dur à suivre par moment, mais au moins on est fixé et c’est une bonne chose», souligne M. Comeau.

Une note de la Sécurité publique évoque ce changement de statut. Sans obliger les voyageurs à s’enregistrer, on les incite fortement à le faire afin d’assurer la fluidité aux postes frontaliers.

«Les résidents des régions d’Avignon et du Témiscouata au Québec sont inclus dans la bulle du Nouveau-Brunswick. Ces voyageurs sont exemptés de l’isolement, quel que soit leur statut vaccinal, à condition qu’ils ne soient pas sortis de ces régions au cours des 14 jours précédents», peut-on notamment y lire.

Preuve vaccinale

Pour ce qui est de la preuve de vaccination, celle-ci n’est pas nécessaire pour les déplacements à l’intérieur de la Bulle atlantique et des deux MRC québécoises jumelées. Par ailleurs, si une personne franchit ou arrive d’au-delà les limites de ces de la bulle et des MRC, la preuve de vaccination (au moins une dose) sera exigée.

«Si une personne de Campbellton ou de Pointe-à-la-Croix se rend à Rimouski, la preuve de vaccination sera nécessaire pour entrer au Nouveau-Brunswick, au même titre que la personne de Montréal veut venir dans la province en vacances. Et si la personne n’est pas vaccinée, elle devra suivre les consignes d’isolement», explique le député LePage, briefé sur le sujet en journée.

Pour ce qui est des autres provinces faisant partie de la bulle atlantique, ces dernières n’ont pas encore complètement adhéré au concept, ce qui fait que des périodes d’isolements pourraient être exigées pour les gens en provenance du Nouveau-Brunswick qui désirent s’y rendre.

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