L’itinérance et l’insécurité sont les deux thématiques qui ont dominé la première réunion du nouveau conseil municipal de Moncton. Deux résidents de la rue Waterloo, près du refuge de la Maison Nazareth, ont décrit la vie difficile qu’ils mènent depuis deux ans.

Krista Conners regrette d’avoir perdu le sentiment d’urgence d’aider les itinérants avec le temps.

«Ils ont pris possession de notre quartier, s’est-elle alarmée en faisant remonter le problème à l’installation de tent city en 2019. Je ne marche pas seule dans ma rue et quand je le fais, ils me regardent comme si j’envahissais leur espace!»

La résidente du centre-ville de Moncton, a aussi évoqué les aiguilles de seringue jonchant le sol, le trafic de drogue, l’usage de stupéfiants, la prostitution, les vols, les squats et les crises violentes qui font maintenant partie de son quotidien.

«Nous avons vu la même personne s’introduire par effraction dans la maison de nos voisins deux fois en une seule journée, a-t-elle raconté. Quand nous avons appelé la police, ils nous ont dit que si l’individu n’était plus là, ils ne pouvaient rien faire.»

Mme Conners a soupiré qu’elle avait épuisé toutes les solutions à sa disposition pour résoudre son problème d’insécurité: les courriels à la Ville de Moncton, les appels à la GRC, les contacts avec la Maison Nazareth, les messages aux députés provinciaux et la création d’un système de surveillance de quartier avec des caméras.

«Nous sommes ici en tant que représentants de nos voisins et des petits commerces de notre quartier. Nous demandons des mesures immédiates pour réduire les problèmes sociaux qui affectent le centre-ville», a-t-elle lancé au conseil municipal en réclamant un échéancier et des indicateurs de progrès.

Son mari, Nathan Conners a dénoncé l’attentisme des autorités au sujet de l’itinérance et de l’insécurité dans le centre-ville de Moncton depuis deux ans.

«Nous appelons la GRC, ils nous disent qu’ils ne peuvent rien faire. Nous appelons la Ville, elle nous répond que c’est un problème provincial… Nous voulons savoir que vous allez faire quelque chose bientôt», a-t-il appuyé, devant les élus municipaux.

Mme Conners a souligné les dépenses engendrées par la nécessité de protéger et de réparer les propriétés de son quartier, qu’elle a jugé considérables.

«Et plus important, nous sommes passés par toutes les émotions, de la fatigue à l’épuisement en passant par la frustration, la colère, les pleurs et le découragement», a-t-elle ajouté.

Celle qui habite depuis 18 ans dans la rue Waterloo et qui a eu l’habitude d’une vie paisible veut un centre-ville prospère que les familles aient envie de visiter et où les consommateurs aient envie de faire des achats.

C’est ce que souhaite aussi John Wishart. Le PDG de la Chambre de commerce du Grand Moncton a présenté un projet de groupe de travail à propos de l’itinérance. La mairesse de Moncton Dawn Arnold, la députée fédérale Ginette Petitpas Taylor et le député provincial Greg Turner en feront notamment partie.

L’objectif est de rassembler toutes les parties prenantes afin d’examiner les causes profondes de l’itinérance, les intervenants qui luttent contre elles, les lacunes, les solutions et de mettre en place un échéancier ainsi que des mesures d’imputabilité.

M. Wishart a annoncé que la première réunion du groupe de travail se tiendrait mercredi.

«Il y a des choses à faire à court terme, a admis l’officier responsable par intérim du détachement Codiac de la GRC, Ron Desilva. Mais nous aurons besoin d’une solution collaborative. Si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes des infractions, elles recommenceront.»

Le conseiller municipal Brian Butler a demandé aux policiers des mesures de dissuasion.

«Si la GRC sait que la plupart des crimes arrivent à un endroit, elle devrait le surveiller, a-t-il soutenu. Il y a de la prostitution dans la rue, alors elle devrait poursuivre quelqu’un. Sinon, ça devient une zone de non-droit.»

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