La lutte à la pandémie la COVID-19 aura couté cher au Réseau de santé Vitalité, soit l’équivalent de 29 millions $.

Journée occupée mardi pour le conseil d’administration et l’équipe de leadership du Réseau de santé Vitalité alors que l’on devait coup sur coup procéder à la rencontre régulière trimestrielle, à l’assemblée générale annuelle ainsi qu’à l’assermentation des conseillers élus lors de l’élection du 10 mai dernier.

C’est avec la larme à l’œil et la voix tremblante – émue par le travail de ses équipes, mais aussi avec une pensée pour les victimes de la COVID-19 et leur famille – que la PDG du Réseau, France Desrosiers, a tracé un bilan de la lutte au virus au cours de la dernière année.

«Notre personnel a fait preuve d’une grande résilience, d’un engagement exemplaire», a indiqué d’entrée de jeu la PDG
Cela fait en effet un peu plus d’un an que le réseau mène le combat contre le virus. Le premier cas de COVID-19, rappelons-le, a été diagnostiqué dans la province le 11 mars 2020.

«Trop de citoyens de notre province (NDLR 45 en tout) ont perdu la vie en raison de ce virus alors que plusieurs autres ont été malades et ont dû être hospitalisés. On se doit de rendre hommage à toutes ces personnes et à leur famille dont la vie a été bouleversée profondément par la pandémie», a indiqué Mme Desrosiers lors de la lecture de son rapport.

Plus tard en entrevue, elle expliquera s’être laissée emporter par ses émotions.

«C’est d’abord venu me chercher en raison de la souffrance vécue par ces gens, mais aussi en tenant compte de la charge de travail énorme que tout cela a représentée pour nos équipes sur le terrain. Leur travail passe souvent dans l’ombre. Je crois qu’on peut dire que grâce à eux, on a réussi à gérer cette pandémie de façon remarquable, l’une des meilleures à travers le Canada», a-t-elle indiqué.

Selon Mme Desrosiers, la COVID-19 a néanmoins freiné la progression de certains projets. Un facteur prévisible puisque les ressources ont dû être redirigées vers la mise en place de plans d’urgences.

Malgré tout, elle a tenu à souligner la bonne performance en matière de tests de dépistage. Au cours de la dernière année, 250 000 tests de la COVID-19 ont été effectués, et ce, avec un temps de réponse parmi les plus rapides au pays (moins de 24h).

À noter qu’il s’agissait par ailleurs du dernier rapport de la présidente du conseil d’administration, Michelyne Paulin, ainsi que la présence de nombreux conseillers (à la suite des résultats des dernières élections).

L’ancien conseil a du coup effectué la transition de la gouverne du réseau aux nouveaux élus. Ces derniers ont été assermentés lors de la rencontre, dont le nouveau président, David Savoie.

Lutte dispendieuse

Au niveau financier, on apprend que la lutte à la pandémie aura coûté en 2020-2021, la somme de 29 millions $ au seul Réseau de santé Vitalité.

Si les dépenses pour les activités courantes du système de santé ont largement diminué en raison de la réduction des services (ex.: chirurgies), elles ont toutefois été remplacées par les coûts liés à la lutte à la pandémie. Cela comprend les dépenses en personnels, équipements de protection individuelle, fournitures médicales, tests et cliniques de dépistage.

En plus des coûts additionnels, le réseau a aussi dû composer avec une baisse de certains revenus, notamment ceux reliés à la baisse marquée des patients hors province (11 millions $ en moins).

Le réseau a terminé ainsi son exercice financier avec un budget de 741 millions $. On se dirigeait ainsi avec un déficit d’un peu plus de 16 millions $. Cela dit, ce montant a été absorbé par une compensation financière en provenance du ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick. Ce dernier avait en effet convenu avec les deux réseaux de santé de la province de compenser l’écart puisque ceux-ci étaient attribuables à la pandémie de la COVID-19.

Ressources humaines

Le dossier des ressources humaines a été évoqué lors de la réunion régulière du réseau qui précédait la réunion annuelle. Il faut dire qu’au cours des derniers mois, le manque de personnel a fait la manchette, notamment en raison des bris de services provoqués dans pratiquement chacune des zones sanitaires desservies.

Selon le réseau, 40% des départs des employés au cours de la dernière année sont reliés à la retraite et 10% à des congédiements ou des non-renouvellements de contrats. Là où la statistique fait sourciller, c’est que la moitié restante consiste en des départs volontaires. On parle ici de changements d’emploi ou de métier, ou d’employés qui démissionnent pour travailler dans une autre province.

L’herbe est-elle vraiment plus verte chez les voisins? De meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires?

«La charge de travail et son intensité augmentent auprès de notre personnel au même rythme que celui-ci diminue en nombre. C’est souvent cette dégradation des conditions de travail qui nuisent à la rétention des employés, et ce n’est pas unique à notre réseau. C’est une réalité que vivent de nombreuses autres administrations de la santé à travers le Canada et même à travers le monde», souligne Mme Desrosiers.

Celle-ci indique que le réseau tente une stratégie renouvelée en ressources humaines afin de devenir un employeur de choix alors que la situation ne semble pas sur le point de se résorber ni au Nouveau-Brunswick ni au Canada. L’objectif, proposer un milieu de travail sain et attirant.

«Il sera requis de redoubler d’efforts pour que les employés et les médecins qui nous choisissent comme leur employeur décident de continuer de se développer et de s’épanouir avec nous», indique la PDG.

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