Les membres de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick ont donné leur aval, mercredi, en assemblée générale annuelle, à une augmentation de salaire de 67% pour leur président. La rémunération passe de 45 000$ à 75 000$.

«Depuis mon arrivée comme membre en 2008, je n’ai jamais travaillé aussi fort dans un conseil d’administration (CA) et c’est en grande partie grâce à Alexandre Cédric Doucet. J’ai rarement vu quelqu’un bûcher de même», a tenu à témoigner Simon Ouellette.

Le représentant provincial de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a soutenu que le travail de son président s’alourdit considérablement à cause de la nécessité de talonner les politiciens.

«C’est un travail à temps plein qui demande beaucoup de temps, de collaboration et d’imagination et qui donne beaucoup de responsabilités, a ajouté un autre membre du CA, Serge Brideau. Je crois aussi qu’il faut des gens de qualité dans le futur.»

En tant que membre, le député Kevin Arseneau a soutenu la proposition.

«La SANB doit se doter d’un président qui va se battre pour les droits des francophones en tout temps, a plaidé l’élu du Parti vert à l’Assemblée législative. Ce président devrait gagner un salaire similaire à celui d’un député provincial.»

En plus de ses honoraires de 75 000$ l’année prochaine, le président de la SANB touchera des compensations de déplacement et de restauration, qui s’élèvent à 14 000$.

À titre de comparaison, la présidente de la Société nationale de l’Acadie touche 15 000$ par an et des notes de frais.

«On va de 45 000$ à 75 000$ sans avoir de raisonnement éclairé, a regretté un membre de la SANB, Jean-Bernard Lafontaine. Qu’est-ce qu’on fera une autre année, si on n’a pas un bon président? On va baisser le salaire à 40 000$? Il faut faire attention en créant des précédents.»

Un autre membre, David Couturier a souhaité une évaluation du poste de la présidence de la SANB avec l’aide d’un consultant externe. Finalement, le CA de l’association devra plutôt adopter une politique encadrant les honoraires de la présidence avant la prochaine AGA.

Diversifier les revenus

L’augmentation du salaire de M. Doucet arrive en même temps qu’une élévation du budget de l’organisme, grâce à des subventions et à des diminutions de dépenses liées à la COVID-19.

«La réalité politique est que l’austérité ne sera plus seulement un thème politique de droite, mais plutôt une réalité transversale dans les années à venir, s’inquiète cependant le directeur, Ali Chaisson. Avec ceci en tête, l’heure de la diversification du financement est arrivée!»

Le gestionnaire révèle dans son rapport annuel que les projets de lutte contre la désinformation, concrétisés par la mise en ligne des sites ExactNB et LiaisonNB, avaient ce but. Il a réussi à recevoir ainsi 66 250$ et 69 000$ du gouvernement fédéral.

«Nous avons plusieurs autres idées de diversification financière, qui sont à différents stades de développement», annonce M. Chaisson.

Son association organisera par exemple un tournoi de golf le 18 août afin d’alimenter son Fonds de l’avenir. Cette série de placements financiers totalise près de 2 millions $.

«Le caractère politique de la SANB crée parfois un froid avec les gouvernements, constate M. Chaisson. La capacité militante de l’organisme est liée à son indépendance financière. Une de mes obsessions est donc l’augmentation de ce fonds de façon significative.»

Le directeur souhaite réduire la part représentée par la contribution de Patrimoine canadien dans les revenus de son groupe de pression, soit 30% de 2,2 millions $ en 2021. D’autres ministères et agences fédéraux ainsi que le gouvernement du Nouveau-Brunswick participent aussi au financement de l’organisme.

Recrutement en hausse

En même temps que le surplus réalisé lors de son dernier exercice financier, la SANB a pu se réjouir de l’arrivée de 1309 nouveaux membres, dont 600 la semaine suivant l’élection sur internet de juin 2020. Ils se sont ajoutés aux 20 000 autres personnes du regroupement.

«Ma principale mission pour ma dernière année de mandat est sans aucun doute la démocratisation et l’accessibilité de l’organisme avec ses membres, a noté M. Doucet dans son rapport annuel. Il faut se défaire de cette perception que nous sommes un organisme par et pour l’élite.»

La SANB a aussi décidé d’autres projets lors de son AGA, comme la préparation d’un mémoire pour la révision des circonscriptions électorales provinciales et un rapprochement avec des Premières Nations.

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