La GRC confirme qu’elle mènera un examen à l’interne en lien avec une arrestation d’un homme à Haut-Sheila, dans la Péninsule acadienne, le 26 juillet, en soirée.

La soirée du 26 juillet s’annonçait assez tranquille pour Nathalie LeBreton, de Haut-Sheila, jusqu’à ce qu’un bruit soudain interrompt le film qu’elle écoutait avec son fils et sa petite-fille.

«Mon fils était couché sur le sofa. Il a regardé par la fenêtre. La police était là», raconte Mme LeBreton.

Selon la GRC, les événements qui ont précédé ce réveil brusque sont les suivants: le 26 juillet en soirée, un membre du Détachement de Tracadie aperçoit une voiture roulant au-delà de la limite de vitesse dans le secteur de Haut-Sheila dans la Municipalité régionale de Tracadie. Le véhicule aurait refusé de s’arrêter et la police l’a suivi jusqu’à l’entrée d’une cour privée.

Instinctivement, Mme LeBreton sort son téléphone cellulaire pour filmer ce qui est en train d’arriver sous ses yeux. L’Acadie Nouvelle a pris connaissance de la vidéo de 23 minutes.

«J’ai leur ai dit, arrêtez! Je vous supplie. Sortez de mon terrain.»

Au départ, le policier informe le suspect qu’il est en état d’arrestation pour conduite avec des facultés affaiblies et pour avoir résisté à son arrestation, mais le ton monte à fur et à mesure de l’échange. L’homme refuse obstinémenet de sortir de son véhicule, malgré les demandes répétées du policier. À un moment donné, il se permet même de griller une cigarette…

De son côté, Mme LeBreton demande au policier de régler l’affaire à l’extérieur de sa propriété.

«Réglez vos affaires hors de mon terrain», peut-on l’entendre dire.

Préoccupée par ce qu’elle voit, Nathalie LeBreton compose le 911 pour de l’assistance. D’autres policiers arrivent sur les lieux quelques minutes plus tard, mais il n’est pas clair si leur arrivée est survenue en raison de l’appel au 911 ou si le policier de la GRC a demandé lui-même des renforts.

Plusieurs minutes s’écoulent avant que quatre policiers retirent l’homme de force de sa voiture. Ils demandent au suspect de marcher vers la voiture de police, mais sans succès.

En tentant de le maîtriser, ils finissent par le jeter par terre avant de le menotter aux poignets et aux chevilles. Pendant ce temps, le suspect affirme avoir des côtes cassées et qu’il a très mal à l’épaule droite. Les policiers lui disent à plusieurs reprises – plutôt calmement – d’arrêter de résister. Ils réussissent finalement à le transporter vers une voiture de police en tenant le haut de son corps et ses jambes.

La vidéo se termine avec la main du premier policier qui approche la caméra. Selon Mme LeBreton, il l’a arraché de sa main.

Mme LeBreton est toujours sous le choc.

«J’ai été obligée d’aller chercher mon cellulaire au poste de police. Il l’a pris, sans mandat. Elle est où ma vie privée? J’ai une vidéo de 23 minutes. Pour moi, ce n’est pas humain ce qui est arrivé à cet homme, je ne peux pas le croire.»

Selon la GRC, le suspect a été libéré à la suite de son arrestation. Il doit comparaître en cour en novembre.

Examen à l’interne

Le caporal Hans Ouellette, porte-parole à la GRC du Nouveau-Brunswick, affirme que la police a demandé à un enquêteur de l’Île-du-Prince-Édouard d’examiner cette affaire. Le policier impliqué a été assigné à des tâches administratives pour le moment.

«On s’engage à être transparents au sujet de nos actions et c’est pour cela qu’on a demandé un examen externe.»

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