La médecin-hygiéniste en chef, Jennifer Russell a cité l’exemple de l’Alberta pour justifier le retour du Nouveau-Brunswick en phase verte la semaine dernière. Or, la situation sanitaire de cette province de l’Ouest soulève des préoccupations depuis quelques jours.

En cause, le taux de reproduction du coronavirus. Si ce chiffre égale 1, une personne infectée en infecte une autre en moyenne.

Celui de l’Alberta était de 1,48 (avec une marge d’erreur de 0,1) du 19 au 25 juillet, alors qu’il était de 1,15 seulement au plus fort de la troisième vague. Ce taux a de surcroît doublé en quelques semaines, selon CBC.

Deux hypothèses expliquent ce phénomène. L’Alberta a levé toutes ses restrictions sanitaires le 1er juillet, à part quelques règles d’isolement ainsi que des mesures dans les systèmes de santé et les transports en commun. Le variant Delta circule aussi sur son territoire.

Le nombre de cas actifs albertain est encore relativement faible: 34 pour 100 000 personnes, comparé à plus de 600 au plus fort de la pandémie dans cette province. Il peut en revanche augmenter vite.

Les personnes infectées étaient 1520 le 29 juillet (dont seulement 89 à l’hôpital), 1334 le 28 juillet et 1173 le 27 juillet. Une augmentation de 30% en trois jours!

«On a décidé de suivre l’exemple de l’Alberta et de passer au déconfinement précoce… une erreur à mon avis, commente la professeure en gestion des services de la santé à l’Université de Moncton, Claire Johnson. Le Nouveau-Brunswick aurait dû attendre qu’au moins 75% de la population éligible soit pleinement vaccinée.»

Cette proportion est même insuffisante, selon la membre du groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19, Shelly Bolotin. Elle avance le seuil de 80%, qui pourrait être encore plus élevé avec le variant Delta.

«L’histoire de la santé publique montre que la vaccination, même massive, ne suffit pas à arrêter une pandémie. Il faut maintenir les gestes barrières, au moins pour un temps», a par ailleurs affirmé la professeure au Département d’histoire de l’Université de Montréal, Laurence Monnais.

La médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell, a déclaré que le déconfinement fera augmenter les cas de COVID-19 dans la province, mais qu’ils seront moins graves grâce à la vaccination.

«Ce n’est pas le nombre de cas qui va nous inquiéter, c’est plutôt le nombre d’hospitalisations qu’on va surveiller attentivement, a-t-elle poursuivi. En ce moment, la recherche et les informations dont nous disposons indiquent que c’est la vaccination qui va nous permettre d’éviter les hospitalisations.»

Les Néo-Brunswickois de 12 ans et plus sont 66,7% sont pleinement vaccinés contre la COVID-19 et 82% à avoir reçu une dose.

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