Peu de gens s’en souviennent, mais il eut une brève période au milieu des années 1970 où la livraison des soins de santé dans la région de Caraquet reposait essentiellement sur le dos d’une seule personne, le Dr Bruno Selosse. Cinquante ans plus tard, le médecin pratique toujours dans la Péninsule acadienne.

Le Dr Selosse pratique formellement la médecine à Caraquet depuis le 15 août 1971.

Né le 21 janvier 1944 à Wattrelos, dans la région de Lille, dans le nord de la France, il est arrivé dans la Péninsule acadienne au début des années 1970 dans le cadre d’un programme de coopération entre le Nouveau-Brunswick et son pays natal.

«Je me suis inscrit et on m’a choisi. C’est par pur hasard que je suis arrivé ici. C’est ici qu’on m’a envoyé.»

Sa première expérience professionnelle au Canada a été à l’Hôpital de Lamèque où il a fait un stage d’une durée de 14 mois.

«C’était très différent. Il n’y avait qu’une chaîne de télévision et de radio. C’était une autre époque, mais je trouvais que les gens étaient accueillants, très accueillants même. Professionnellement, c’était plus stimulant qu’en France parce qu’on pouvait faire de l’hospitalisation.»

Au terme de cette expérience, le jeune médecin avait l’intention de rentrer chez lui en France, mais l’adoption de l’assurance-maladie universelle au Nouveau-Brunswick en 1971 a poussé le gouvernement provincial à recruter plus de médecins, particulièrement des francophones.

«Le Dr Alphée Michaud de Caraquet m’a contacté pour le remplacer. Je me suis dit que j’allais essayer pour voir comment ça marche. Ç’a très bien marché. J’ai eu un permis temporaire et ensuite j’ai repassé mes examens canadiens.»

À ses débuts, la région de Caraquet comptait quatre médecins, mais à l’hiver de 1974-1975, le Dr Selosse s’est soudainement retrouvé seul sur le terrain.

«Un médecin est mort, les autres sont partis, donc à Caraquet, je me suis retrouvé à être le seul médecin. Si je n’avais pas été là, l’hôpital aurait pu fermer. Je ne sais pas comment j’ai fait. Le travail était constant, jour et nuit.»

Si de nos jours, les médecins sont davantage appelés à se spécialiser dans certaines disciplines, à l’époque, ils touchaient à un peu de tout.

«Les accidents, les accouchements, l’hospitalisation… On faisait n’importe quoi, n’importe quand et à n’importe quelle heure. De nos jours, du point de vue de l’équilibre travail-vie personnel, pour les jeunes médecins, c’est nécessairement mieux, car nous n’en avions pas du tout.»

Aujourd’hui âgé de 78 ans, le Dr Selosse continue de pratiquer à Caraquet. Il envisage de prendre sa retraite à moyen terme. Depuis peu, il s’est trouvé un associé, le Dr Pierre Beaucage, qui va prendre la relève de ses dossiers.

«Pour le moment, on partage le bureau. Je fais de la consultation en matinée et lui, en après-midi. Peu à peu, je lui laisse mes dossiers et ainsi de suite. Je suis content d’avoir trouvé ma succession.»

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