À moins d’une semaine de la réouverture partielle des frontières canado-américaines, les sentiments sont partagés au Nord-Ouest. C’est entre soulagement et appréhension que les Néo-Brunswickois se préparent à réaccueillir leurs confrères américains.

Après une attente d’un an et demi, les citoyens américains et les résidents permanents qui sont entièrement vaccinés seront autorisés à entrer au Canada à compter de lundi, sans faire de quarantaine.

Une étape attendue par les familles séparées et les commerces des régions frontalières, comme le Madawaska, mais redoutée par certains sur le plan sanitaire.

Même si on y recense une augmentation des cas, le Maine – de l’autre côté du fleuve Saint-Jean – est l’un des États américains où le taux de vaccination complète est le plus élevé (70%).

Éric Marquis, le maire d’Edmundston, se dit d’ailleurs rassuré par l’exigence des deux doses aux frontières fédérales.

«C’est sûr qu’on va toujours avoir certaines craintes parce qu’on voit ce qui se passe aux États-Unis avec le variant Delta», a-t-il témoigné, mardi.

«Mais on espère que ça va bien aller et que les gens continuent à suivre les directives de la Santé publique, par exemple se laver les mains et porter le masque, même si nous ne sommes plus dans une phase contraignante.»

M. Marquis anticipe aussi de toute façon que la plupart des voyageurs qui traverseront à Edmundston la semaine prochaine le feront pour renouer avec leurs proches.

Il reste à voir, selon lui, si les consommateurs américains reprendront leurs habitudes, et quand.

«Au Madawaska, à Frenchville et à Fort Kent, il n’y a pas vraiment de magasins à grande surface, donc ils avaient l’habitude de venir ici. On voyait beaucoup de gens du Maine aussi dans les restaurants et même aux parties de hockey du Blizzard (…)», a-t-il souligné.

Cathy Pelletier, la directrice générale de la Chambre de commerce d’Edmundston, s’attend pour sa part à ressentir les effets économiques de l’ouverture partielle d’ici quelques semaines.

«Je ne pense pas que ce sera immédiat, surtout que le 9 août est un lundi, mais je dirais que d’ici la fin du mois d’août, les gens pourront noter un certain afflux.»

Les communautés frontalières du Nord-Ouest et du Maine entretiennent des relations fusionnelles depuis des décennies.

Mme Pelletier et M. Marquis se réjouissent pour les entreprises qui bénéficieront de cet assouplissement, mais surtout pour les familles séparées depuis 16 mois.

Jean-Pierre Ouellet, le maire du Haut-Madawaska, attend cette étape depuis longtemps.

En fait, il était l’un des premiers, à la fin mars, à réclamer la formation d’une bulle avec une partie du comté d’Aroostook, au Maine.

«Je pense que c’est un événement qui est grandement attendu par plusieurs familles dans le Haut-Madawaska parce que nous avons autant d’affinités avec le Maine qu’avec le Québec à cause de notre emplacement», a-t-il souligné la semaine dernière.

«Il y a beaucoup de Canadiens mariés à des Américaines et vice-versa. Il y a des beaux-parents et des grands-parents des deux côtés et je pense que ces gens-là vont en profiter pour se réunir dès le 9 août.»

Les États-Unis, citant des inquiétudes concernant le variant Delta, n’ont cependant pas offert la réciproque aux Canadiens. Les restrictions américaines aux points de passage terrestres sont donc prolongées au moins jusqu’au 21 août.

Bien qu’il n’ait pas spécifiquement mentionné le Canada, Jeff Zients, responsable à la Maison-Blanche de la lutte contre la COVID-19, a suggéré jeudi que les États-Unis n’étaient pas pressés d’assouplir leurs restrictions sur les voyageurs en provenance de l’étranger.

«Considérant la prévalence actuelle du variant Delta, les États-Unis maintiendront pour l’instant les restrictions de voyage existantes», a-t-il précisé en point de presse.

Une nouvelle peu encourageante pour les citoyens du Haut-Madawaska, qui «sont impatients de traverser la frontière», rappelle Jean-Pierre Ouellet.

 

  • Avec des extraits de la Presse canadienne

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