Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy a voulu améliorer rapidement la transmission de l’histoire des Noirs en octobre dernier. Aujourd’hui, son ministère provincial prévoit de former les enseignants à cette tâche dès 2022.

Le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick modifie les programmes de sciences humaines des élèves de 4e, 5e et 6e année. Il veut y inclure les perspectives des Premières Nations et des populations d’ascendance africaine.

«Pour ce faire, deux comités consultatifs ont été créés dans le but d’adapter le contenu des cours et développer les ressources», explique l’agent des communications, Flavio Nienow.

La participante au Mois de l’histoire des Noirs du Canada, Phylomène Zangio indique faire partie du comité consultatif francophone, avec lequel elle s’est réunie une fois en avril.

Enseignement inclusif

«Je suis contente que le ministère nous ait approchés pour que l’enseignement soit plus inclusif, exprime la mère. Je trouve que c’est un très grand avancement. C’est aussi une activité importante dans la décennie internationale 2015-2024 des personnes d’ascendance africaine.»

Mme Zangio regrette que le programme des écoliers francophones du Nouveau-Brunswick n’ait pas abordé la présence ancienne de Noirs dans la province jusqu’à présent.

Ils y ont travaillé comme esclaves ou affranchis. Leur nombre représentait 10% des Américains loyaux à la Couronne d’Angleterre qui ont fondé la province en 1784, selon le gouvernement provincial.

Leurs descendants ont ensuite subi la ségrégation officielle dans les villes, les écoles, les églises et les salles de bains. Ils ont par exemple pu entrer dans la mairie de Saint-Jean par la porte principale à partir des années 1950 seulement.

Le professeur d’Histoire à l’Université de Moncton, Gregory Kennedy fait aussi partie du comité consultatif francophone.

«J’ai été sollicité pour seulement une réunion jusqu’à maintenant, raconte le directeur de l’Institut d’études acadiennes (IEA). C’était une réunion pour organiser et orienter le travail. J’attends une invitation pour une deuxième réunion après la rentrée.»

Comité diversifié

Il indique que l’IEA a listé des ressources disponibles en anglais et en français provenant du milieu scientifique pour le comité.

«C’est trop tôt pour dire si cela fonctionne bien. Une chose est certaine, le comité est bien diversifié, avec plusieurs voix et expertises, observe M. Kennedy. Mon équipe est heureuse de pouvoir contribuer à bonifier le programme scolaire et mieux représenter la diversité de l’histoire de notre région.»

L’avocate de formation aux origines cherokee, afro-américaine et acadienne, Paryse Suddith participe également au comité consultatif francophone. Elle raconte avoir eu six ou huit réunions avec lui depuis novembre 2020.

«J’ai étudié l’histoire de la colonisation avant de devenir avocate, fait valoir la fondatrice des Productions et Services de Consulting de la Vieille Rivière. On m’a demandé de participer à plusieurs projets pour réécrire les bouts manquants d’histoire.»

Immense gratitude

Elle pense que l’ajout dans les programmes scolaires néo-brunswickois d’événements de l’histoire des Noirs des maritimes et des Autochtones rebâtira le bien-être communautaire. Elle insiste sur l’importance de la compassion.

«On a des fonctionnaires qui commencent à voir l’importance de tout ça dans la justice, la culture et l’Histoire, se réjouit-elle. Je suis contente et je déborde de gratitude qu’on en soit rendu là.»

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy a lancé la modification des curriculums pour y inclure les réalités des Noirs du Nouveau-Brunswick en octobre 2020.

«Ça prend jusqu’à sept ans entre le moment où une nouvelle idée pour le curriculum est développée et le moment où ça arrive en salle de classe. À mon avis, c’est un peu fou. C’est clair que nous devons agir beaucoup plus rapidement», a-t-il dit à l’époque.

M. Nienow rappelle aussi que la révision des perspectives culturelles dans les programmes de sciences humaines fait partie de l’engagement du gouvernement provincial dans sa plateforme électorale de 2020.

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