Le Nouveau-Brunswick pourrait offrir un refuge aux réfugiés qui tentent de fuir les talibans désormais maîtres de l’Afghanistan. Les agences d’aide à l’établissement s’organisent pour faire face à leur arrivée malgré un contexte des plus incertains.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada entend accélérer le processus d’évacuation et d’accueil des familles d’interprètes et des autres personnes qui ont contribué à la mission canadienne en Afghanistan, a annoncé dimanche le ministre Marco Mendicino.

Du 12 au 29 août, 12 vols opérés par le Canada ont quitté le pays, et «un peu plus» de 1100 individus, dont près de 1000 réfugiés ont été rapatriés au Canada.

Le gouvernement Trudeau a promis d’accueillir 20 000 réfugiés qui ont déjà fui l’Afghanistan – femmes leaders, défenseurs des droits de la personne, journalistes, membres des minorités religieuses persécutées – ainsi que ceux qui ont aidé le Canada dans son opération, comme les interprètes et leurs familles.

Pour mettre ce nombre en perspective, le Canada avait accordé le statut de réfugiés à 39 636 citoyens syriens du 4 novembre 2015 à la fin de l’année 2016.

Si le Nouveau-Brunswick aura sans doute un rôle à jouer dans l’établissement des réfugiés, les inconnus sont encore nombreux, indique Ginette Gautreau, la directrice générale du Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick.

«La province accueillera certainement des réfugiés, mais on ne connait ni le nombre de familles, ni leur composition, ni quand elles arriveront, explique-t-elle. La situation évolue rapidement et la chute de Kaboul complique leur sortie du pays. On ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Ça dépendra notamment de la vitesse à laquelle les gens pourront sortir du pays et combien de temps l’aéroport de la capitale restera sécurisé par l’armée américaine.»

Chose certaine, leur arrivée devrait se concentrer dans les trois grandes villes de la province. Seuls l’Association multiculturelle du Grand Moncton (MAGMA), l’Association multiculturelle de Fredericton et le YMCA de Saint-Jean sont certifiés par Ottawa pour l’accueil de réfugiés.

Une série de critères guideront leur répartition, note Mme Gautreau.

«Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada examine notamment la capacité des agences et regarde s’il existe déjà une communauté de leur pays d’origine ou qui parle la langue, quels sont les services d’appui, quelles sont les possibilités d’emploi», mentionne-t-elle.

Logements, dons et bénévoles

L’Association multiculturelle du Grand Moncton (MAGMA) a déjà fait plusieurs appels aux dons et aux bénévoles.

«Avec les nouvelles arrivées, nous repousserons la distribution de dons pour la rentrée scolaire. Nous acceptons désormais les dons de toutes sortes pour soutenir la réinstallation de familles afghanes», peut-on lire sur sa page Facebook.

On recherche plus particulièrement des vêtements d’hiver, de la literie, des produits d’hygiène ou encore des fournitures scolaires. Les dons peuvent être déposés chaque mardi et jeudi de 13h à 16h à l’entrepôt U-Haul situé au 1106 chemin Mountain.

MAGMA tente également de recruter des bénévoles, qu’ils s’agissent d’interprètes en langue dari, pachtoune et farsi, des familles prêtes à jouer de mentor auprès des réfugiés, ou des personnes capables de les aider à emménager ou à magasiner.

Ginette Gautreau croit que le Nouveau-Brunswick a tiré des leçons de l’installation de centaines de familles syriennes en 2015 et 2016.

«Nos agences ont appris à rendre le processus d’accueil plus efficaces, elles ont développé leurs capacités et elles ont appris à collaborer davantage avec les différents organismes et les niveaux de gouvernement», souligne-t-elle.

Le manque criant de logements abordables disponibles, en particulier dans la région du Grand Moncton, risque toutefois de poser problème.

«C’est quelque chose qui nous inquiète», reconnaît Mme Gautreau.

Une course contre la montre

Du côté de la Ville de Moncton, on précise que le moment est au dialogue et à la collecte d’information, mais on dit ignorer comment évoluera la situation au cours des prochains jours.

«Sans savoir combien de personnes sont attendues, il est difficile de déterminer le niveau de soutien qui sera nécessaire», estime Angélique Reddy-Kalala, la responsable de la stratégie d’immigration de la municipalité.

À Kaboul, la situation reste chaotique et tendue autour de l’aéroport, où des milliers de personnes effrayés par le retour des islamistes au pouvoir se massent en espérant pouvoir quitter leur pays à bord des avions affrétés par les Occidentaux.

Le Chef d’état-major de la Défense Wayne Eyre a annoncé la fin de l’opération de secours après le départ du dernier avion canadien mercredi. Ottawa indique qu’environ 3700 personnes ont pu être évacuées au cours des derniers jours.

«Nous sommes restés en Afghanistan aussi longtemps que nous le pouvions, a déclaré le général Wayne Eyre. Nous sommes parmi les derniers à avoir cessé nos opérations. Nous aurions souhaité rester plus longtemps et secourir tous ceux qui étaient si désespérés de quitter. Mais nous ne pouvions pas. C’est déchirant. Mais les conditions au sol se sont détériorées rapidement.»

La course contre la montre se poursuit alors que les États-Unis, qui ont déployé des milliers de soldats pour tenter de sécuriser l’aéroport, ont fixé au 31 août la date limite pour terminer les opérations d’évacuation, tandis que les Talibans mettent en garde contre le maintien de forces occidentales dans la capitale au-delà de cette date.

  • Avec des extraits de la Presse canadienne

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