Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick rapporte une augmentation du nombre d’autorisations accordées à des infirmiers étrangers pour qu’ils aient le droit d’exercer leur profession dans la province. Il en a émis 16 entre janvier 2020 et avril 2021.

À titre de comparaison, le nombre était de 11 en 2020, de un en 2019 et de sept de janvier 2017 à décembre 2018.

«Depuis 2019, la province a lancé une approche ciblée et intentionnelle de recrutement de personnel infirmier formé à l’étranger», explique le directeur des communications du ministère de la Santé, Bruce Macfarlane.

Il évoque des assouplissements réglementaires permettant de faciliter le processus d’immatriculation des candidats.

L’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB) a par exemple permis aux postulants de présenter leur certificat initial d’équivalence d’études sans avoir à attendre les résultats d’un examen linguistique.

«Depuis 2019, le service d’orientation du personnel infirmier formé à l’étranger offre à ce public des services personnalisés et axés sur le client, en l’aidant à surmonter les principaux obstacles qu’il pourrait rencontrer au cours du processus d’obtention du permis d’exercer au Nouveau-Brunswick», ajoute M. Macfarlane.

Il précise que le gouvernement a offert un soutien à plus de 1000 postulants. Ce nombre, comparé à celui des immatriculations, suggère cependant que des barrières administratives demeurent.

Toujours des obstacles

En septembre 2019, l’Acadie Nouvelle a raconté les démarches entreprises par un infirmier diplômé en France, Florian Euzen, qui a fini par les abandonner.

«Le processus peut durer de trois à cinq ans entre les premières étapes et le travail dans la province. Ça n’a pas de bon sens», s’est exclamée la vice-présidente aux services cliniques de Vitalité, Johanne Roy.

Le relationniste du réseau de santé francophone, Thomas Lizotte, affirme que la situation est restée la même.

«Le poids du corporatisme au Canada semble souvent sous-estimé [par les immigrants]. C’est, par exemple, le cas bien sûr dans le domaine de la santé», a écrit l’équipe de Christophe Traisnel de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques dans un rapport de 2019.

L’AIINB affirme plutôt manquer de ressources pour négocier des arrangements de reconnaissance mutuelle de compétences infirmières avec d’autres pays.

Le Québec et la France ont signé ce type d’entente en 2008 pour que leurs ressortissants puissent travailler plus facilement dans leur territoire réciproque. En 2019-2020, la Belle Province a par exemple délivré un permis d’exercice à 326 infirmiers de l’Hexagone.

«Le nombre de candidatures que nous avons reçues d’infirmiers diplômés à l’étranger ne justifie pas cet investissement», a déclaré la registraire et gestionnaire du programme d’assurance de la qualité de l’AIINB, Carolyn Lordon.

Actions timides

L’association professionnelle indique toutefois qu’elle a comparé le programme des diplômés internationaux en sciences infirmières offert au Québec avec les exigences actuelles du Nouveau-Brunswick. Elle déclare avoir communiqué les résultats de ce travail à la Division des ressources humaines en santé du gouvernement provincial.

L’AIINB ajoute que l’exécutif a donné la responsabilité de l’évaluation personnalisée des candidats au CCNB et au NBCC. Elle se déroulait en Nouvelle-Écosse jusqu’en 2019.

En juillet, près de 400 emplois d’infirmiers étaient inoccupés (congés inclus) dans le réseau de santé Vitalité uniquement. Le vieillissement risque d’accentuer ce problème. Il provoque déjà des coupures de services.

L’Hôpital régional de Campbellton, dont le tiers des postes d’infirmières étaient à pourvoir, a par exemple fermé ses unités de soins intensifs et d’obstétrique-gynécologie en août.

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