Les négociations syndicales qui ont finalement tourné en votes de grève cette semaine ne se sont pas déroulées selon les règles du jeu, d’après le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente plus de 20 000 travailleurs gouvernementaux.

Le Syndicat canadien de la fonction publique du N.-B. affirme que le gouvernement provincial a négocié à reculons.

Les négociations se déroulent habituellement entre deux équipes: l’une issue d’une section locale d’un syndicat, l’autre du gouvernement.

Toutefois, selon le SCFP, le premier ministre a proposé de centraliser les négociations de toutes les sections locales afin de régler uniquement la question des augmentations de salaire de ces employés.

D’après le syndicat, les autres aspects des négociations ne relevant pas des salaires devaient être négociés de façon individuelle à une date ultérieure.

Selon la plainte déposée par le SCFP à la Commission du travail et de l’emploi mercredi soir, le gouvernement provincial aurait toutefois enfreint la loi lorsqu’il a ajouté certaines conditions à son offre d’augmentations de salaire deux jours à peine avant la fin des négociations.

Ces propositions tardives ont «changé la portée du processus» et perturbé les négociations, selon ce qu’allègue le SCFP dans sa plainte.

Le gouvernement de Blaine Higgs proposait par exemple une augmentation salariale supplémentaire de 2,5% en échange de la fin de l’allocation de retraite de ces employés.

Il demandait aussi le retrait d’une centaine de gestionnaires syndiqués des unités de négociation.

Le gouvernement proposait également d’augmenter les salaires de secteurs d’emploi où il existe une différence importante entre les salaires offerts par le gouvernement et ceux des autres employeurs.

Selon Stephen Drost, président du SCFP du N.-B., le syndicat a répondu qu’il était ouvert à cette idée mais qu’il voulait en savoir davantage.

«On leur a demandé quels secteurs ils voulaient dire et quelles étaient les données à ce sujet, et on n’a pas reçu (ces informations).»

Stephen Drost affirme que les propositions du gouvernement s’éloignaient progressivement de celles du SCFP au lieu de s’en rapprocher.

Il espère que la Commission du travail et de l’emploi donnera raison au syndicat et obligera le gouvernement à retourner à la table de négociations, alors même que des votes de grève sont en cours cette semaine au sein de plusieurs sections du SCFP.

Cette commission est un tribunal quasi-judiciaire chargé de traiter des relations entre employés et employeurs.

L’Acadie Nouvelle a cherché à obtenir une réponse du gouvernement provincial à la plainte déposée par le SCFP.

«Les négociateurs du gouvernement provincial adhèrent en tout temps aux règlements et c’est le cas en ce qui concerne la ronde actuelle de négociations avec le SCFP. Nous répondrons à la plainte du SCFP lorsque la commission du travail et de l’emploi nous demandera de le faire», a dit Dave MacLean, un porte-parole du gouvernement du N.-B.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, le premier ministre Blaine Higgs a lui aussi accusé le SCFP de ne pas avoir négocié «de façon sérieuse»

«Pendant les négociations, le SCFP n’a pas abandonné ses demandes salariales de cinq pour cent par année, et il planifiait des votes de grève pour la semaine prochaine alors que nous étions à la table cette semaine.»

Les négociations avaient repris peu de temps avant la fin du mois d’août, quelques jours avant la fin de l’ultimatum de 100 jours imposé au gouvernement provincial par le syndicat pour résoudre l’impasse.

Stephen Drost affirme pour sa part que les employés syndiqués ont attendu «suffisamment longtemps», et que certains d’entre eux sont sans convention collective depuis plus de quatre ans.

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