Quatre jours de classe. C’est tout le temps ce qu’il aura fallu au virus de la COVID-19 pour se frayer un chemin dans les écoles et perturber la rentrée.

L’année scolaire n’est jeune que d’une semaine et déjà, l’enseignement est chamboulé dans plusieurs établissements de la province. En date de lundi, le virus était présent dans 11 écoles, dont la majorité au Restigouche.

Une éclosion suffisamment sérieuse frappe en effet cette région. On y confirme des cas positifs au virus dans chacune des écoles de Campbellton, y compris le Collège communautaire.

On parle ainsi de l’école primaire Galion des Appalaches et de la polyvalente Roland-Pépin dans le secteur francophone, ainsi que des établissements anglophones Lord Beaverbrook (primaire), Campbellton Middle School (intermédiaire) et Sugarloaf (secondaire).

Tous ces établissements ont fermé leurs portes lundi afin de procéder à un nettoyage en profondeur des lieux et de poursuivre le traçage des contacts afin de connaître l’étendue du problème. Seul le Galion a pu ouvrir ses portes, à l’exception d’une classe.

Dans les écoles du Restigouche-Est, aucun cas n’a été déclaré pour le moment.

Ailleurs dans la province, on confirme également des cas dans des établissements scolaires de la zone sanitaire de Moncton (Riverview High School, West Riverview High School et Moncton High School) et de Fredericton (École Sainte-Anne et Donald Fraser Memorial).

On dénombre également des cas dans trois garderies restigouchoises, soit Wee Care Day Care, Wee Care 2 Early Learning Centre et Centre Jeunes Actions.

Cette hausse soudaine de cas n’est pas sans conséquence. Par mesures préventives, la Santé publique a jugé bon de resserrer les mesures sanitaires, dont le retour du port du masque obligatoire en tout temps – y compris en salle de classe – pour toutes les écoles de la province. Les seules exceptions sont la cour de récréation, la cafétéria et lors d’activités physiques. Le port du masque est également exigé pour le trajet d’autobus.

Pour les écoles du Restigouche, plus touchées, des mesures additionnelles ont été imposées. Les interactions entre les élèves de classes différentes seront ainsi limitées (classe bulle). Les écoles ne pourront non plus entamer des activités interscolaires, parascolaires ou internes qui n’ont pas déjà été initiées. Les membres du personnel de ces établissements qui ne sont pas totalement vaccinés devront quant à eux porter le masque en tout temps.

À noter que le port du masque revient par ailleurs également dans les garderies, mais seulement en ce moment pour la clientèle d’âge scolaire pour la zone 5.

Ces mesures seront d’une durée de deux semaines, plus précisément du 13 au 24 septembre, mais pourraient être prolongées au besoin.

Prévisible

En point de presse lundi, ni le ministre de l’Éducation, Dominic Cardy, ni la médecin-hygiéniste en chef de la province, Jennifer Russell, ne semblaient vraiment surpris d’être confrontés aussitôt dans la saison à une hausse des cas de COVID-19 dans les écoles.

«Ce n’est pas une surprise du tout, nous savions qu’il y aurait des cas dans les écoles tout au long de l’année. On sait que le virus peut être transmis très rapidement, que le nombre de cas peut exploser en quelques jours à peine. Et c’est exactement pour cela qu’on se doit d’agir rapidement dans les circonstances avec des mesures», a souligné le ministre Cardy.

Selon lui, la vaste majorité des cas récemment répertoriés dans les écoles sont le résultat d’interactions survenues dans des centres urbains tout juste avant le congé de la fête du Travail.

«C’est pour cela que l’on doit prendre les avis de la Santé publique très au sérieux. Et la meilleure protection actuellement, c’est de se faire vacciner», a martelé à plusieurs reprises le ministre durant le point de presse, suppliant la population adulte de choisir cette option afin d’éviter la contamination des plus jeunes.

Selon la Dre Russell, ce à quoi l’on assiste actuellement dans les écoles de la province est similaire à ce qui arrive dans d’autres provinces canadiennes.

«Toute la planification faite au cours des derniers mois en lien avec le retour à l’école, c’était dans l’optique qu’avec la pandémie, tout peut changer rapidement et que nous devions être prêt à nous adapter rapidement aussi», a-t-elle indiqué, notant que d’autres initiatives pourraient éventuellement être ajoutées suite à la rencontre avec le cabinet du premier ministre.

Sur le qui-vive

Lundi, la Santé publique rapportait 122 nouveaux cas en province, dont 48 pour la seule zone sanitaire 5 (Campbellton), ce qui porte le nombre de cas actifs à 61. De 48 nouveaux cas rapportés lundi, 28 sont des jeunes âgés de moins de 19 ans. Au niveau provincial, le nombre de nouveaux cas touchant dans cette tranche d’âge précise se chiffre à 54, donc près de la moitié des nouvelles infections annoncées.

Cette éclosion de la COVID-19 préoccupe par ailleurs au plus haut point le maire de la ville de Campbellton, Ian Comeau.

«C’est inquiétant, car on parle cette fois de plusieurs jeunes enfants touchés, et plusieurs du niveau primaire, donc une population plus vulnérable puisqu’elle n’a pu profiter du vaccin», souligne-t-il.

Le conseil municipal se penchera par ailleurs sur la possibilité d’imposer des mesures plus strictes pour ses employés, comme la vaccination obligatoire, le port du masque et les tests de dépistage.

«Certaines municipalités dans la province ont opté pour cette solution, d’autres se dirigent vers ça également, et nous, on est rendu là. On ne le fait pas de gaité de cœur, mais c’est quelque chose qu’on ne peut prendre à la légère, surtout avec la présence du variant Delta et, on le voit actuellement, le nombre de cas à la hausse dans notre communauté. Il faut pouvoir être en mesure de continuer de fonctionner normalement, d’offrir les services à la population», souligne-t-il.

Ce dernier ne croit toutefois pas que la province doive songer au retour des postes de contrôle à la frontière afin de minimiser les risques de propagations du virus.

«Ce n’est définitivement pas la solution, on l’a bien vu par le passé. Le port du masque, la distanciation sociale, le lavage des mains et surtout la vaccination sont de loin préférables – et plus efficaces – que la fermeture du pont», souligne le maire.

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