La preuve vaccinale convaincra-t-elle les indécis? Les premiers chiffres semblent le démontrer clairement.

L’arrivée de la preuve vaccinale au Nouveau-Brunswick, qui sera bientôt nécessaire pour avoir accès à certains commerces et événements, convaincra-t-elle tous ceux qui ne sont pas encore vaccinés?

Ève Dubé, anthropologue médicale à l’Institut national de santé publique du Québec, estime qu’une portion des gens qui ne sont pas encore vaccinés accepteront maintenant de prendre rendez-vous.

«Ça va surtout chercher les gens qui se traînaient un peu les pieds, qui disaient “je ne suis pas contre les vaccins, mais je n’ai pas pris le temps de le faire”, ou “je ne me considère pas à risque, donc je n’ai pas besoin de me faire vacciner”. Pour eux, ça peut faire pencher la balance des avantages et des inconvénients.»

En tout cas, les premières indications semblent démontrer que la décision a eu un effet immédiat.

Jeudi, 1929 rendez-vous de vaccination ont été pris dans les cliniques offertes par les régies de santé de la province. Et il y en a eu 1700, mercredi, le jour même de l’annonce de l’obligation vaccinale dans certains commerces et services non essentiels.

«Avant l’annonce, nous en étions en moyenne à 600 rendez-vous par jour. Nous constatons également une augmentation importante du nombre de vaccinations sans rendez-vous dans ces cliniques. Jeudi, 600 doses supplémentaires de vaccin ont dû être livrées dans une clinique de la région de Moncton», a fait savoir un porte-parole du ministère de la Santé.

La même situation a été observée dans les pharmacies de la province.

Par contre, la preuve vaccinale risque d’avoir moins d’impact pour ceux qui ont réellement des appréhensions face au vaccin.

«Ce qu’on sait, c’est que si c’est quelqu’un qui a vraiment beaucoup de craintes par rapport à la sécurité des vaccins et qui est très réticent à aller se faire vacciner, ça ne va probablement pas fonctionner comme mesure», dit-elle.

Ève Dubé affirme qu’il est souvent plus facile de convaincre ces gens lors d’une conversation individuelle avec un professionnel de la santé qui peut calmer leurs craintes.

L’arrivée du passeport vaccinal au Québec a été suivie d’une augmentation légère du nombre de rendez-vous de vaccination qui s’est poursuivie au fil des semaines, selon la chercheuse.

«Donc on sait que pour agir chez les personnes qui sont hésitantes, ça prend différentes mesures, et (le passeport vaccinal) fait partie des mesures qui peuvent motiver les gens à aller se faire vacciner.»

Elle estime toutefois qu’il est un peu difficile de distinguer l’efficacité du passeport vaccinal par rapport à d’autres mesures au Québec, puisque l’annonce est arrivée alors que d’autres incitatifs à la vaccination étaient déjà en place, tels qu’une loterie.

Ève Dubé est aussi chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec et professeure invitée au département d’anthropologie de l’Université Laval.

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