L’heure de la retraite de l’armée a sonné en 2018 pour Scott Harrigan, mais c’était encore beaucoup trop tôt à son goût pour LA véritable retraite. Aujourd’hui, il entame sa seconde carrière – celle d’entrepreneur – en revenant chez lui, au Restigouche, avec un concept pour le moins «lumineux».

À 47 ans seulement, le jeune vétéran compte 25 années de service dans la Marine canadienne. Officier naval, il aura passé 1440 jours à naviguer en mer, soit l’équivalent de quatre années.

«C’est beaucoup de temps passé sur l’eau», avoue le principal intéressé, rencontré dans son nouveau commerce situé à l’intérieur du parc industriel d’Eel River Dundee.

L’espace est énorme, et parfait pour ses besoins actuels et futurs. Jusqu’à tout récemment, on y fabriquait des fenêtres. L’entrepreneur entend bien le meubler rapidement et devenir, rien de moins, que la référence dans le domaine des cordes luminescentes, d’où l’origine du nom du commerce.

L’histoire de Glorope remonte à l’époque où, à temps perdu, Scott s’était monté un petit commerce de laisse tressée pour chien.

«Elles étaient populaires et se vendaient très bien sur le web. À un certain moment, j’ai pensé qu’il serait intéressant qu’elles puissent briller dans le noir, question d’être non seulement jolies, mais aussi plus sécuritaires pour les promenades en soirée», explique-t-il.

C’est à ce moment qu’il est tombé par hasard sur cette compagnie d’un confrère soldat américain qui fabriquait des cordes luminescentes. Emballé par ce produit unique en son genre, il a décidé d’en devenir l’unique fournisseur en sol canadien.

«C’était une petite compagnie et, avec le temps, l’entrepreneur commençait à perdre de l’intérêt envers celle-ci. Voyant son potentiel, j’ai fait une offre pour l’acheter et me voilà», explique Scott.

Des cordes qui brillent

Mais quel est le concept de l’entreprise au juste? Produire des cordages et autres items luminescents. Les possibilités d’utilisations sont infinies selon le propriétaire.

«Chaque fois qu’un client me contacte, j’en profite pour lui demander quel est l’usage qu’il compte en faire et chaque fois ou presque c’est différent. Cela dit, ça touche la plupart du temps l’aspect de la sécurité. Avoir des cordes qui brillent dans le noir, c’est très pratique», dit-il.

Selon lui, il y aurait un grand intérêt actuellement pour les produits nautiques, comme les cordages, les taquets d’amarrage, les bouées. Au soleil toute la journée, ceux-ci s’illuminent le soir venu pour plusieurs heures ce qui les rend visibles de loin et plus facile à manipuler.

«Une bouée qui illumine dans l’eau est beaucoup plus repérable, par exemple, qu’une bouée normale. Cela dit, c’est pratique également lorsqu’on veut promener son chien et être vu, pour délimiter des lieux dangereux le soir, dans le secteur de la construction, dans l’armée, etc. C’est une sécurité additionnelle qui peut être ajoutée partout, et le potentiel est illimité», dit-il.

Selon lui, les produits demeurent généralement luminescents entre six et huit heures suivant le coucher du soleil, et leur durée de vie serait aussi élevée que celle de la corde elle-même.

L’équipement nécessaire à la production est arrivé il y a quelques semaines à peine. L’équipe en a profité pour le tester et fabriquer ses premiers cordages. On n’en est toutefois pas encore à ce moment au stade de la production de masse, mais le propriétaire de l’endroit a bien l’intention d’être fin prêt sous peu.

Retour aux sources

Outre le produit, ce qui se démarque dans l’histoire de cette jeune compagnie, c’est son emplacement.

Originaire de Dalhousie, Scott a insisté pour implanter sa production dans la région. Pas question pour le jeune entrepreneur de conserver le tout aux États-Unis. Il a plutôt importé celle-ci au pays.

«Je suis parti de la région depuis il y a très longtemps. Toutefois, ç’a toujours été clair dans mon esprit que je reviendrais m’y installer un jour», raconte-t-il.

«Il y a eu tellement de mauvaises nouvelles au niveau économique ici au fil des ans, avec notamment la fermeture du moulin et le départ de la centrale. On a besoin de ramener quelque chose, des entreprises comme la mienne qui manufacture des produits. Au cours des prochaines années, je veux voir ce bâtiment rempli de machines et d’employés», indique-t-il.

Cet enthousiasme envers son projet est contagieux. Déjà, il a réussi à rapatrier dans la région son neveu, un ingénieur en mécanique. Lorsqu’ils ont entendu parler de l’entreprise, plusieurs autres anciens résidents de Dalhousie et amis de Scott ayant dû s’expatrier faute d’emploi lui ont également manifesté leur intérêt à revenir dans la région.

«Dans bien des cas, lorsqu’on part d’ici (Dalhousie) ce n’est pas par plaisir, mais par obligation, pour le travail. C’est fou le nombre de personnes à qui je parle qui ont quitté le coin, mais qui n’attendent qu’une opportunité pour revenir. Et moi, j’aimerais être l’une de ces opportunités», dit-il, notant avoir déjà une douzaine de curriculum vitae en banque provenant d’expatriés désireux de revenir au Restigouche et de se joindre à son aventure.

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