Le détachement Codiac de la GRC a arrêté plus de 80% de ses enquêtes concernant les crimes contre la propriété faute de preuves d’avril à juin. Son surintendant par intérim, Ron DeSilva ne propose cependant aucune amélioration des méthodes de travail de ses équipes.

«C’est possible qu’on arrive sur les lieux, les fils de cuivre d’un poteau téléphonique ont été retirés, il n’y a pas de témoins ni de vidéo», explique l’officier pour justifier les faibles résultats de ses inspecteurs concernant les vols et les entrées par effraction.

L’inspecteur Benoit Jolette a aussi souligné que l’unité de réduction de la criminalité a des difficultés à retrouver les nombreux pots catalytiques dérobés, car ces pièces automobiles métalliques n’ont pas de numéro de série.

«On est en train d’essayer de prendre les gens sur le fait, parce que c’est très difficile ensuite de faire de quoi. Donc beaucoup de travail de nuit, beaucoup de surveillance», a-t-il raconté au conseil municipal de Dieppe.

Un membre de l’Autorité policière régionale de Codiac (APRC), John Coughlan, a qualifié de frustrant le taux d’abandon d’enquêtes concernant les crimes contre la propriété. Le conseiller municipal de Riverview a avancé que la statistique était due à la réticence des habitants à collaborer avec la GRC, selon le Times & Transcript.

Collaboration

«Il faut que les citoyens rapportent les crimes à la police, plaide M. DeSilva. Ce qui est important, c’est que nos analystes criminels aient des données pour que nous dirigions nos ressources en fonction des schémas que nous observons. On travaille dur pour identifier les suspects et se concentrer sur eux.»

L’officier demande aussi à la population de mieux protéger ses biens et de verrouiller ses portes.

«Souvent, les crimes sont des crimes d’opportunité, avance-t-il. Gardez les portes de vos garages fermées et stationnez-vous sous des lumières, par exemple.»

Le surintendant par intérim évite en revanche d’expliquer la différence de 11 points de pourcentage entre le taux de classement pondéré des affaires de son détachement (26%) et celui des forces policières du Canada (37%) en 2019.

La GRC avance que Statistique Canada utilise peut-être des données difficilement comparables à propos des affaires classées, lorsqu’elles proviennent de ses détachements et des polices municipales.

«Je ne pense pas que le détachement de Codiac ait plus de difficultés que les autres», affirme l’agent des relations avec les médias de la GRC au Nouveau-Brunswick, Hans Ouellette.

Interrogations

Or, les taux de classement de la criminalité contre la propriété dans la région métropolitaine de recensement de Moncton sont inférieurs à ceux de l’ensemble du Canada depuis 2012. Par ailleurs, ils diminuent depuis 2010, sans explication. Le même phénomène s’observe concernant les taux de classement de la criminalité violente.

«Les statistiques qu’on voit concernent un territoire beaucoup plus grand que Moncton [s’étendant notamment jusqu’à Shepody Bay], fait remarquer le président de l’APRC, Charles Léger. Je ne sais pas vraiment ce qu’elles veulent dire.»

Le conseiller municipal de Moncton soutient que le détachement de Codiac fait son travail et qu’il est ouvert à étudier son efficacité.

Inexpérience

Il aimerait en revanche que les gendarmes aient une plus longue expérience dans la cité du Sud-Est. Le dernier rapport de l’APRC montre qu’elle est en moyenne de deux ans dans ce territoire, alors qu’elle est de 11 ans au service de la GRC.

«Je suis un peu surpris, exprime M. Léger. Toutefois, il y a eu beaucoup de mouvements ces dernières années, dont des départs à la retraite après [la fusillade] de 2014. On voit aussi des difficultés pour maintenir les policiers en bonne santé.»

M. DeSilva estime probable que des départs à la retraite expliquent en partie l’expérience moyenne à Codiac de ses agents.

«C’est possible aussi qu’il y ait des collègues [du centre de formation] de Regina [en Saskatchewan] qui arrivent avec zéro année de service, ajoute M. DeSilva. Mais on a toujours des membres avec plus de deux années d’expérience qui travaillent avec eux.»

Le surintendant souligne aussi qu’une politique de la GRC oblige les gendarmes à travailler trois ans au même endroit avant de postuler à un poste dans une autre région du Canada.

«Il y a des cycles, assure-t-il. Peut-être qu’il y aura moins de transferts dans les prochaines années et que l’expérience moyenne doublera.»
L’officier prétend également qu’il a un plan de rétention, sans le préciser.

«Parmi les membres qui font de la patrouille ici, il y en a plusieurs qui font des demandes chaque jour pour des responsabilités supérieures, rapporte-t-il pourtant. Il y a des promotions possibles ici, mais il y a aussi des débouchés à travers le pays.»

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