Justin Trudeau ne perd pas le pouvoir, mais il ignore pour l’instant s’il a perdu son pari,celui de risquer son gouvernement dans l’espoir de gagner une majorité.

Peu avant 22h30, heure de l’Est,La Presse Canadienne a prédit que ce sont les libéraux qui gagneront le plus de sièges dans cette 44e élection, sans pouvoir annoncer si le nombre de sièges dépassera 170, le chiffre magique pour un gouvernement majoritaire.

Au Québec, les premiers résultats annoncés pour l’élection d’une vingtaine de députés étaient un copié-collé des résultats de 2019. Ainsi, sans surprise, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a été réélu.

Gaspésie-les-Îles-de-la-Madeleine, première circonscription québécoise où les votes ont commencé à être comptés, n’a pas fait durer le suspense aussi longtemps qu’on aurait cru.

La libérale sortante, la ministre Diane Lebouthillier, a été la première Québécoise à être déclarée élue, battant pour la deuxième fois le candidat bloquiste Guy Bernatchez.

« On a tout mis; on a tout donné », disait encore quelques minutes plus tôt, en entrevue téléphonique, le chef bloquiste Yves-François Blanchet, en parlant de toute sa campagne, pas seulement de ce comté où, cependant, il a investi beaucoup de temps et d’énergie pendant les cinq semaines de campagne.

Les conservateurs de la région de Québec, dont Gérard Deltell, ont été réélus. Les libéraux montréalais, dont Pablo Rodriguez et, bien sûr, Justin Trudeau, aussi. Le bloquiste Louis Plamondon, le doyen des Communes, a également été facilement réélu à Bécancour-Nicolet-Saurel.

Résultats en Atlantique

L’Atlantique est resté plutôt rouge, mais le bleu a grugé une partie de la carte des quatre provinces où, au déclenchement des élections, il y avait 27 libéraux, quatre conservateurs et un néo-démocrate.

Lundi soir, le Parti libéral a perdu quatre sièges aux mains des conservateurs, dont celui d’une ministre, celles des Pêches et Océans, Bernadette Jordan. Cependant, il pouvait se consoler en ayant ravi le seul comté néo-démocrate à Terre-Neuve-et-Labrador.

À 22h30, heure de l’Est, les libéraux avaient remporté 23 sièges en Atlantique et les conservateurs, huit. Les deux partis continuaient de se disputer le comté de Fredericton où la députée libérale sortante, Jenica Atwin, est une transfuge qui avait été élue sous les couleurs du Parti vert en 2019.

Résultats en Ontario et dans l’Ouest

Plus de 90 minutes après la fermeture des bureaux de scrutin en Ontario, les libéraux étaient en avance dans 53 comtés de la province, les conservateurs menaient dans 24, les néo-démocrates dans huit. Et on rapportait 19 élus libéraux, 14 élus conservateurs et deux élus néo-démocrates.

En Alberta, les conservateurs faisaient le plein de votes.

Dans l’ensemble du pays, on comptait 45 députés libéraux, 58 députés conservateurs, 13 députés bloquistes et deux députés néo-démocrates.

Cependant, le Parti libéral était en avance dans 105 des comtés restants. Les conservateurs menaient dans 64, les néo-démocrates dans 24 et les bloquistes dans 16 comtés québécois.

Attentes modestes

Dans la salle montréalaise où les militants de Justin Trudeau comptaient se réunir, le député sortant Pablo Rodriguez a, dans un point de presse de début de soirée, laissé entendre qu’il n’aurait pas de mal à se contenter d’un autre gouvernement libéral minoritaire.

« Je ne vois pas quelqu’un faire la fine bouche parce qu’il a reçu un mandat minoritaire ou majoritaire », a dit celui qui, comme leader parlementaire du gouvernement Trudeau, a eu à négocier avec les partis d’opposition, depuis 2019, son agenda législatif.

Dans le camp conservateur, on tenait aussi un discours d’humilité avant de voir les résultats de la soirée électorale.

« Le plus important pour nous, c’est qu’on devient une option viable au Québec », a offert en entrevue Marc-Olivier Fortin, directeur de la campagne des conservateurs au Québec.

Pour cette 44e élection, les Canadiens ont à élire 338 députés qui siégeront à la Chambre des communes, 78 d’entre eux pour y représenter le Québec.

Lundi soir, les libéraux avaient 155 députés à perdre, les conservateurs 119, les bloquistes 32, les néo-démocrates 24 et les verts, deux. Des six autres sièges, cinq étaient occupés par des indépendants et le sixième était vide.

Le chef libéral a déclenché ces élections, espérant en ressortir avec une majorité, comme en 2015, lui qui a dû composer avec un mandat minoritaire après l’élection d’octobre 2019. Pour gagner son pari, il lui faut faire élire 170 députés au moins.

Le chemin de cette majorité devait passer, en partie, par le Québec où en 2019, 35 libéraux ont été élus, contre 32 bloquistes, 10 conservateurs et un seul néo-démocrate. Cependant, le résultat de ce vote dépend surtout de l’humeur des électeurs en Ontario et, dans une moindre mesure, en Colombie-Britannique.

La courte campagne électorale devait servir aux libéraux à empêcher le nouveau chef conservateur Erin O’Toole de faire sa marque et de convaincre les électeurs canadiens.

Au bout de cinq semaines, M. Trudeau en était à prêcher pour le vote stratégique, tentant de convaincre les électeurs progressistes que s’ils choisissaient le Nouveau Parti démocratique de Jagmeet Singh ou le Bloc québécois d’Yves-François Blanchet ou encore le Parti vert d’Annamie Paul, ils faciliteraient l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement conservateur.

M. O’Toole, lui, tentait sensiblement le même discours pour les électeurs à droite. À ceux qui étaient tentés par le Parti populaire de Maxime Bernier, le chef conservateur a dit qu’en votant ainsi, ils ne feraient qu’assurer le maintien au pouvoir d’un gouvernement libéral.

Au Canada, 27 366 297 personnes étaient inscrites pour voter lundi. De ce nombre, 6 495 755 votent au Québec.

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